Jamal Benhamou : un centre spécialisé dans les logiciels innovants, pourquoi ?
Soft Centre est un centre marocain de R&D. Son directeur, Jamal Benhamou, revient sur les raisons de sa création et ses missions.
D’où est née l’idée d’un centre marocain de R&D spécialisé en IT ?
Le chiffre d’affaires du secteur IT marocain est issu à 80% du domaine des télécoms. Sur les 20% restants, 15% sont réalisés grâce à l’infrastructure et 4% sont assurés par la distribution de logiciels et l’intégration de logiciels étrangers. Il reste un petit 1%, qui concerne les services : il s’agit principalement de la monétique (HPS, S2M, M2M...). Or, c’est avec cela que nous créons réellement de la valeur. D’ailleurs la monétique marocaine est classée dans le top 5 mondial.
Mais paradoxalement, nous avons très peu de services et de production logicielle. Cela est dû au fait que les entreprises marocaines sont orientées vers l’opérationnel et la prestation, et non vers la R&D logicielle. Parallèlement, alors que l’opérateur IT a une orientation résultat et brevet, la recherche universitaire est principalement orientée vers la recherche fondamentale et de publication.
Aussi, afin d’augmenter la quote-part des services, nous avons eu l’idée de mettre en place le Soft Centre, qui est une courroie de transmission pour permettre de faire cohabiter l’entreprise IT et la recherche universitaire. Le but étant de les faire travailler ensemble, au sein de laboratoires, afin de créer des solutions innovantes.
A quelle date ce projet est-il devenu effectif ?
Le Soft Centre a été créé fin 2010. Son démarrage s’est fait le 1er janvier 2011 et on m’a confié la direction du centre le 1er avril. Depuis, nous avons pour mission de nous adresser à l’opérateur IT. Celui-ci nous adresse alors une demande finale pour laquelle nous syndiquons les ressources universitaires afin de produire la solution innovante qui satisfera son besoin. Pour cela, nous faisons appel à des chercheurs, thésards et ingénieurs issus des ENSA, des écoles d’ingénieurs, des universités et des facultés des sciences.
Quels sont vos principaux donneurs d’ordres ?
La provenance des projets d’origine nationale (80% du portefeuille des projets) confirme l’engagement du secteur privé national des IT à faire appel aux compétences universitaires. A date d’aujourd’hui, les secteurs d’activités au sein desquels exercent nos clients sont le Software, la défense et l’aéronautique, les applications mobiles, la géophysique, les télécoms, la monétique, l’intégration telecom et le multimédia.
Pourriez-vous nous citer quelques exemples de projet réalisés ?
A fin 2012, plusieurs projets ont été réalisés en termes d’innovation sur le plan logiciel. 15 projets de R&D sont déjà sur le marché. Il s’agit notamment d’une solution en mode SAS pour Thalès, d’un travail d’industrialisation de contenu web…
Nous avons également travaillé sur la solution de E-parlement www.conseillers.ma. Un projet qui a été reconnu à Damas lors du Mena ICT Week 2011 par la distinction du « Arab Golden Chip Award » dans la catégorie « meilleur projet de contenu arabophone » d’IJMA3 (Fédération Arabe des Associations IT).
Pour quelle raison le Soft Centre est-il établi à l’Institut National des Postes et Télécommunications ?
Le soft centre est en effet un organe rattaché à l’ANRT, qui est notre sponsor. Il faut savoir que le financement de l’ANRT provient du Fonds de service universel, qui est alimenté par une quote-part du chiffre d’affaires des opérateurs télécom, et qui a pour objectif de financer les projets innovants tels que le programme Genie, le programme Pacte...
Aussi, via ce fonds, l’agence gère également notre programme pour le compte du gouvernement, qui nous accorde une subvention pour nous permettre de fonctionner. Cela s’explique par le fait qu’un centre de R&D est structurellement déficitaire, notre objectif étant d’accompagner l’émergence de l’innovation et développer l’économie numérique au Maroc, et non de faire du chiffre d’affaires.
À découvrir
à lire aussi
Article : IA, gouvernance, finance : les thèmes qui ont dominé le Prix de la recherche des experts-comptables
La ville de Bouznika a accueilli, le 15 avril 2026, la sixième édition du Prix de la recherche scientifique de l’Ordre des experts-comptables, un rendez-vous désormais incontournable dédié à la promotion de l’excellence académique et scientifique au service de la profession.
Article : Les prévisions météo pour le mardi 21 avril
Voici les prévisions pour le mardi 21 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM) : - Nuages bas et bruine locale […]
Article : Le rachat de Forafric par Cap Holding obtient le feu vert du Conseil de la concurrence
Le groupe Cap Holding de Chakib Alj a obtenu l'autorisation du Conseil de la concurrence pour la prise de contrôle de Forafric Maroc, apprend Médias24 de sources sûres.
Article : Confiance des ménages : amélioration de l'indice au 1er trimestre 2026 malgré un pessimisme persistant sur les prix (HCP)
Au premier trimestre de 2026, l’Indice de confiance des ménages (ICM) a enregistré une progression, atteignant 64,4 points contre 57,6 points au trimestre précédent. L'enquête du Haut-Commissariat au plan (HCP) révèle une amélioration des perceptions, bien que les soldes d'opinion demeurent majoritairement en territoire négatif. Lecture.
Article : Gaz butane : la grève des 21 et 22 avril suspendue après une réunion avec le ministère des Finances
Les distributeurs de gaz butane ont décidé de suspendre leur grève, prévue les 21 et 22 avril 2026. Cette décision fait suite à une rencontre avec les représentants du ministère des Finances, où la question de la révision de leur marge bénéficiaire a été discutée. Les promesses de solutions avancées par les responsables ont convaincu les professionnels de mettre un terme, pour l'instant, à leur mouvement de protestation.
Article : Tigouliane change de visage après une pluviométrie exceptionnelle
REPORTAGE. Après des années de sécheresse et de paysages à l’agonie, Tigouliane offre un visage méconnaissable. Porté par des pluies hivernales exceptionnelles, ce territoire du Haut-Atlas renaît, entre verdure foisonnante et espoirs agricoles ravivés, tout en laissant apparaître les fragilités accumulées au fil des crises climatiques.