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Marouane El Moutaouakil met l'idée au service du social

En réponse au printemps arabe, Marouane El Moutaouakil fonde, dès 2010, la plateforme citoyenne Fikra.ma.

Marouane El Moutaouakil met l'idée au service du social
Dalal Saddiqi
Le 4 avril 2013 à 20h13 | Modifié 27 avril 2021 à 22h16

Après 18 mois de travail dans l’ombre et de séminaires dans les villes, fikra.ma fait le buzz en décrochant le prix de l’innovation aux Morocco awards 2012. Depuis, cette plateforme de collecte de propositions citoyennes ne cesse de se développer. Elle recense déjà plus de 3.000 idées. Des idées sur lesquelles Marouane El Moutaouakil, le fondateur du site, compte pour changer le monde, mais également pousser les jeunes à entreprendre. 

«Tout engagement commence par une idée. Croyez en vos attentes et surtout agissez ». « Le citoyen peut participer au travail politique même s’il n’adhère à aucun parti». C’est ce type de citations qui font la réputation de Marouane. Le jeune Zagouri a de la motivation à revendre, déborde d’idées autour de l’idée et compte sur les Marocains pour apporter eux-mêmes des solutions à leurs problèmes. Ce doctorant en entrepreneuriat social à l’Ecole Mohammedia des ingénieurs croit intimement au pouvoir des idées en tant que vecteur de changement.

Marouane El Moutaouakil met l'idée au service du social

« Il faut oser entreprendre et tout plaquer, même un travail stable »

« J’ai cumulé de l’expertise sur la demande du marché et la manière dont on peut traiter des affaires. C’était une préparation à l’entreprenariat », explique Marouane. Après une formation financière en contrôle interne et contrôle de gestion au Maroc, il poursuit ses études en école de commerce en France et travaille chez Matuser Et Forest puis pour Carrefour. De retour au Maroc, il intègre Label’vie, puis Al Omrane. Tout en travaillant, pendant 18 mois,il prépare son projet entrepreneurial avant de démissionner. Pour lui : « un jour, il faut oser entreprendre et tout plaquer, même un travail stable ». C’est d’ailleurs ce qu’il fait, en 2008, pour se consacrer à son entreprise de consulting en audit, puis à l’entreprise sociale à travers fikra.ma.

« fikra.ma veut faire communiquer les jeunes et les institutions »

Dès le début du printemps arabe, avec les événements de fin 2010 en Tunisie, Marouane s’inscrit dans la logique de la communication entre les jeunes et leurs gouvernements. « J’ai pensé que les jeunes devaient trouver un endroit où s’exprimer, un site citoyen qui pourrait récolter leurs idées d’amélioration pour leur pays ». D’ailleurs positiver le citoyen est la première motivation de Marouane lorsqu’il crée Fikra.ma.

Pour lui, le Marocain va souvent vers la banque ou vers l’Etat, or si une synergie est assurée entre Etat, banques, financeurs privés, sociétés privées et surtout citoyens, il est possible de faciliter l’accès au financement et à l’exécution du projet social.

« Tout le monde a des idées. Mais celui qui va exécuter l’idée est celui qui va la partager avec un réseau », explique Marouane. Pour cela, il met à la disposition des citoyens une plateforme d’échange d’idées sociales et institutionnelles et s’entoure de toute une équipe de volontaires pour étudier ces différentes idées.

L’idée est que les institutionnels, les entreprises privées et les universités s’intéressent aux idées de ces jeunes et les captent pour les exécuter. « D’ailleurs nous sommes en train de construire des partenariats avec ces différents acteurs. C’est cela l’objectif de Fikra », nous confie Marouane.

Le concept IDEA : Idée, Développement, Etude et Action

Pour sélectionner les idées, Fikra évalue tout d’abord leur popularité (les votes et commentaires sur le site constituent 10% de l’évaluation), puis des consultants bénévoles mènent une étude de faisabilité.

Le projet est ensuite travaillé à travers un cycle, qui est le concept IDEA, et qui peut durer de quelques jours à plusieurs années dans le cas des étudiants. « A partir de ces cycles, nous réalisons un brainstorming autour de l’idée (I) pour la développer (D), puis la faisabilité et la rentabilité sont étudiées (E). Nous arrivons alors ensuite à l’action (A) qui englobe tout ce qui est business plan, recherche de financement et marketing », explique Marouane. Pour cela, Fikra fait appel à une équipe d’entrepreneurs, consultants et coachs bénévoles qui font le mentoring de ces porteurs de projets en les accompagnant avant, pendant et après l’action d’entreprendre. 

Les nouvelles idées de Marouane

Sur les 3.000 idées de Fikra, 20 sont aujourd’hui en cours d’exécution, sans parler des idées qui ont été exécutées par de simples visiteurs du site et qui ne sont pas mesurables. D’ailleurs, Fikra prépare un grand événement (avril-mai 2013) pour présenter les idées qui ont été réalisées depuis sa création.

Mais Marouane ne compte pas en rester là et compte développer dès cette année un nouveau concept d’échange : «  il s’agit d’une plateforme de troc entrepreneurial où nous pourrions échanger des services entre nous sans dépenser d’argent. Ce n’est pas du noir, c’est légal. Les entreprises pourraient alors se faire des factures de compensation et paieraient les droits d’Etat, mais sans sortie de trésorerie ».

https://www.facebook.com/fikra.ma

 


 

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Tags : Casablanca
Dalal Saddiqi
Le 4 avril 2013 à 20h13

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