Larabi Jaidi: «La colocalisation devrait réduire les écarts de développement»
A l'occasion de la conférence sur la colocalisation organisée par le CDS en avril 2013, Larabi Jaidi, économiste et professeur universitaire, souligne l’importance de la coordination des politiques industrielles de la méditerranée pour donner un sens au contenu de la colocalisation.
Le concept de colocalisation, tel que défini actuellement, pousse le professeur Larabi Jaidi à se demander si la colocalisation n’est pas plutôt un concept ancien mais qui n’avait jamais été déployé dans la région méditerranéenne dans le cadre de politiques publiques ou des stratégies d’entreprise.
Il relève d’ailleurs les liens très voisins entre le concept de colocalisation et celui de d’externalisation de la production et note que la colocalisation renvoie aussi à cette notion de co-traitance ou de sous-traitance.
Cependant, l’économiste considère le projet de colocalisation euro-méditerranéen comme le plus pertinent et le plus cohérent dans le sens de la création d’un espace de relations équilibré et organisé, surtout qu’il est basé sur des réseaux articulés de coopération au niveau sectoriel. « Cela va permettre à l’Europe d’être plus ouverte sur ses partenaires parce qu’elle va s’appuyer sur ce réseau Euro-méditerranéen pour reconquérir de la puissance industrielle dans le monde mais aussi accompagner cette volonté des pays du sud pour construire un tissu industriel dans la complémentarité », déclare Larabi Jaidi. Il estime que pris sous cet angle, le projet de colocalisation permettra un rééquilibrage des conditions entre les partenaires nord-sud et surtout la perspective de la réduction de l’écart de développement.
Une zone de libre échange basique et un bilatéralisme inachevé
Cependant, le professeur tient à souligner que la zone de libre échange telle qu’elle se déploie aujourd’hui dans la méditerranée est plutôt une zone de libre échange basique au sens où elle a créé un environnement favorable au développement des entreprises, mais qu’elle elle est très différente de ce qu’on voit en Amérique latine et encore en Asie du sud-est. Pourtant, dans ces régions, aucun accord de libre échange généralisé n’a mis en place de politique de délocalisation. Sans compter que si dans la méditerranée le libre échange s’est accompagné d’un certain nombre d’institutions et de politiques de voisinage, en Asie ils n’ont pas eu besoin d’institutions de cette nature pour construire des stratégies dans le sens du maillage du tissu productif.
En prenant l’exemple du Maroc, Larabi Jaidi a relevé que nous sommes dans une logique de libre échange mais dans le cadre d’un bilatéralisme inachevé et d’absence de multilatéralisme généralisé. Il conseille donc d’agir sur cette réalité si l’on veut une colocalisation en profondeur dans nos relations bilatérales et pose la question de lamise en coordination des politiques industrielles dans cette zone de la méditerranée afin de donner un sens et un contenu à la colocalisation.
Larabi Jaidi propose 3 pré-requis fondamentaux :
1 Améliorer l’environnement de l’entreprise, pas seulement son environnement macro économique, mais l’environnement institutionnel. Sans confiance, ce processus ne pourra pas aller très loin dans sa mise en œuvre.
2 Développer une stratégie offensive entrepreneuriale des entreprises au niveau de leur secteur d’implantation dans le cadre d’une coordination.
3 Créer et développer le lien entre l’industrie des services et l’innovation. Le facteur de l’innovation doit venir d’un effort de priorité nationale.
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