Programme du FMI : un rendez-vous qui s’annonce délicat
Un déficit budgétaire supérieur de plus de 30% aux objectifs ciblés du programme, des dépenses de compensation qui ne baissent pas malgré le réajustement des prix du carburant… La mission du FMI qui démarre dans les prochains jours au Maroc s’annonce plus tendue que la précédente.
Le Maroc a actuellement un accord de deux ans avec le FMI, au titre d’une ligne de précaution et de liquidité (LPL), pour un montant de 4,117 milliards de DTS (6,2 milliards de dollars). Ce programme approuvé par le FMI en août 2012 a pour objectif de protéger le pays des risques extérieurs, notamment le repli de la croissance en Europe et la hausse des prix du pétrole. La première revue de ce programme s’est achevée le 1er février 2013 et la seconde démarre dans les prochains jours.
Le programme
La ligne de précaution accordée par le FMI constitue une réserve de financement de secours mobilisable rapidement en cas de choc exogène tel qu’une nouvelle augmentation des prix du pétrole. Le programme de LPL prend en considération les performances de l’économie marocaine dans 5 domaines :
- Politique budgétaire : ce domaine est considéré comme légèrement sous-performant par le FMI en raison de la forte augmentation du déficit budgétaire au cours de ces dernières années. Mais les autorités se sont engagées à ramener le déficit budgétaire à 3% d’ici 2017, notamment en abaissant la part des subventions, dont font partie les dépenses de compensation, à 3% d’ici 2016.
- Situation extérieure et accès au marché : ce domaine est également sous-performant en raison du creusement du déficit courant – suite à l’augmentation des prix des produits pétroliers et alimentaires – et de la diminution des réserves de change ;
- Politique monétaire : jugée crédible et transparente, elle a eu le mérite selon le FMI de maintenir l’inflation à un faible niveau (1,8% en moyenne) ;
- Secteur financier : jugé solide, il a été capable de résister face aux chocs de la crise financière européenne. Quant au secteur bancaire, le plus important de la région, il a été capable de soutenir la croissance ;
- Qualité des données : le pays souscrit à la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD).
Les objectifs quantitatifs du programme de LPL pour le Maroc concernent les deux domaines dont les performances sont insuffisantes, à savoir le déficit budgétaire et les réserves internationales nettes.
La LPL répond à une situation de risques à court terme. Mais pour réduire à moyen terme la vulnérabilité de l’économie face à ces chocs, les autorités marocaines se sont engagées à accroître les perspectives de croissance, à développer les sources d’énergie alternatives, à adopter une stratégie de couverture face à la volatilité des cours du brut, à réduire le déficit budgétaire et à étoffer les réserves par l’émission internationale d’obligations.
Les conclusions de la première revue
A l’issue de la première revue en décembre 2012, le programme était, selon la formule consacrée, «on track», les indicateurs quantitatifs de déficit budgétaire et de réserves internationales nettes d’octobre 2012 étant conformes aux cibles fixées par le programme. Si bien que les cibles à atteindre pour la seconde revue ont été révisées à la hausse, notamment en ce qui concerne la résorption du déficit budgétaire dont la cible passe de 18,556 à 15,915 milliards de dirhams. Toutefois, l’évaluation du FMI attirait l’attention sur le caractère urgent de la mise en œuvre des réformes, dont l’ajournement ne fait que renforcer la vulnérabilité du pays. Dans le collimateur du FMI en particulier, la réforme du système de compensation et la mise en place de filets sociaux ciblés.
Les déficits budgétaire et commercial au cœur de la seconde revue?
Alors que les objectifs ciblés en matière de réserves internationales semblent atteints, le scénario est bien différent pour le déficit budgétaire. En effet, selon les derniers chiffres publiés par la trésorerie générale du royaume, le déficit budgétaire a atteint 21,3 milliards fin avril, alors que le programme du FMI fixait un objectif révisé de 15,915 milliards. Les dépenses de compensation notamment, étaient à fin avril 2013 au même niveau qu’à fin avril 2012, avant le réajustement du prix de l’essence, intervenu en juin 2012. Il semblerait donc que cette mesure ait tout juste permis de contenir les dépenses de compensation sans parvenir à les infléchir. Il y a donc fort à parier que cette question fera l’objet de discussions serrées au cours de la mission.
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