Situation économique: Abdellatif Jouahri confiant
Réunion trimestrielle ce mercredi du Conseil de Bank Al-Maghrib. Le gouverneur de la banque centrale Abdellatif Jouahri a paru confiant en l'avenir. Il a seulement déploré que la politique (ou une certaine politique) puisse prendre le pas sur l'intérêt de l'Etat.
Pour les journalistes, c’est un plaisir renouvelé de se retrouver autour de la table avec Abdellatif Jouahri, chaque trimestre à l’occasion de la tenue du Conseil de Bank Al-Maghrib. C’était le cas ce mercredi 18 juin, à l’issue d’un conseil très attendu, vu la conjoncture et les échéances économiques qui attendent le pays.
Globalement, le gouverneur de la Banque centrale a semblé confiant. « C’est jouable », nous a-t-il confié à l’issue du point de presse. « A condition que la politique, ou une certaine politique, ne continue pas à prendre le pas sur l’intérêt du pays.
Car la politique s’est invitée au conseil de a Banque centrale, grâce aux questions des journalistes.
« Je ne juge pas la politique », dit M. Jouahri.
Oui, mais encore ?
« Lorsqu’il y a une majorité qui travaille dans l’entente et la sérénité, cela ne peut que donner de la visibilité aux opérateurs économiques. Même les agences de notation en tiennent compte».
Le Maroc est le seul pays arabe à avoir signé une ligne de précaution avec le FMI et non pas un accord de stand-by. Après avoir résisté aux années les plus difficiles depuis 2007, les crises économique et financière internationale, puis le printemps arabe, il ne faut pas gâcher ses acquis, s’alarme-t-il. « La politique ne doit pas surenchérir lorsque l’intérêt de l’Etat est en jeu ». Tout le monde l’a compris, il parlait des querelles partisanes au sein de la coalition gouvernementale.
Car tout le monde avait présentes à l’esprit les prochaines échéances. Les agences de notation arrivent dans quelques semaines. Et le FMI doit décider, début août prochain, s’il maintient ou non la ligne de précaution précédemment accordée au Maroc. S’il la suspend, il ne faut pas s’attendre à une quelconque indulgence des agences de notation, qui lui emboîteront le pas.
Les engagements du Maroc comportent deux grandes réformes : les caisses de retraite et la caisse de compensation. Il faut s’attendre à des décisions rapides pour influer positivement sur la décision d’août.
Conjoncturellement, M. Jouahri l’a bien rappelé, la baisse des cours du pétrole et de la consommation de produits pétroliers sont des éléments favorables qui viennent au secours de la volonté de maintenir les subventions au niveau promis dans le budget soit 41 milliards de DH.
Dons du Golfe: le premier versement est arrivé
Sinon, le gouverneur de la Banque centrale a rappelé les décisions prises par le conseil de Bank Al-Maghrib et a fait un tour d’horizon qui a largement débordé les activités du conseil :
-Flexibilité du régime de change : pour la Banque centrale, les pré-requis d’une libéralisation du régime de change ne sont pas réunis. Le régime fixe nous a préservés au moment de la crise internationale.
-Pour une banque comme pour un Etat, la bonne gouvernance et la gestion du risque sont essentiels.
- 2012, une année particulière : dès que j’aurais eu l’honneur de présenter le rapport de Bank Al-Maghrib à Sa Majesté, vous verrez les messages que contient ce rapport.
-Dons des pays du Golfe : le Maroc a reçu le premier versement, portant sur 250 millions de dollars, en provenance du Koweit.
-Croissance des crédits : +6% sont prévus cette année et peut-être 7%.
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