«Il faudrait plus de courses de jet ski et de pilotes»
Né à Casa, Brice Aracil concourt pour le Maroc depuis son adolescence. Après une course exceptionnelle et un spectacle freestyle en bonus au Mazagan le 7 juillet, le triple champion du monde a naturellement raflé le championnat Jet ski de Dada’s Bike.
Vous êtes champion du monde en course nautique sur jet, mais vous avez montré, le 7 juillet dernier au Mazagan, que vous vous en sortez pas mal non plus en freestyle…
Je suis venu à cette compétition avec les copains de jet ski faire des chronos autour des bouées et j’en ai profité pour faire un petit show de sauts de vagues avec des petites figures et des « superman » pour mettre un peu d’ambiance sur la plage. Mais je suis plutôt un spécialiste des bouées et non du freestyle, contrairement à mon ami Romain Stampers.
Combien de temps faut-il s’entrainer et quelles sont les règles à respecter pour pouvoir réaliser de telles figures ?
Il faut un minimum de force pour tenir sur la machine, c'est-à-dire qu’il faut beaucoup de sport et d’entrainement pour être en forme des jambes mais aussi du dos car les lombaires sont souvent sollicitées et les avant bras bien sûr. Parallèlement, il ne faut pas avoir peur des vagues et il faut une certaine confiance en soi et surtout beaucoup de sang froid.
Vous êtes né à Casablanca et vous portez les couleurs du Maroc lors des compétitions mondiales. Vous semblez donc être le mieux placé pour nous dire ce qu’il faudrait faire pour que plus de jeunes arrivent à votre niveau…
Ce qu’il faudrait c’est déjà une véritable école de jet ski pour que les jeunes qui ont des jets puissent faire des formations car sans les conseils on a du mal à avancer. Il faudrait également plus de courses avec plus de pilotes car il y en a très peu. C’est ce qui manque le plus actuellement.
La plupart des jet skieurs marocains ont appris sur le tas, donc ils manquent peut-être un peu de technicité ?
C’est comme si vous apprenez à jouer au foot tout seul, sauf qu’en plus sur le jet ski on a un élément qui bouge et il faut apprendre à se comporter dans l’eau.
Le jet ski est un sport coûteux, combien faut-il investir pour le pratiquer en compétition ?
Les jets ski coûtent très cher et la moindre machine revient à plus ou moins 200.000 DH et si vous voulez entrer en compétition il faut compter le double. Pour faire les courses, ne serait-ce qu’au Maroc, il y a des frais de déplacement, il faut prendre un camion si vous n’avez pas de remorque et il y a toute la structure qui va autour. Sans compter que cela consomme beaucoup d’essence : 20 litres vous font 40 minutes alors imaginez ce que coutent les heures à s’entrainer. Il y a bien sur aussi les réparations en cas de casse… C’est donc un sport élitiste, il faut beaucoup de moyens et très peu de sponsors sont présents sur les événements de jet ski car il n’y a pas beaucoup de visibilité. Or le Maroc est un pays côtier et on a bien 3500 km de côtes à utiliser donc on pourrait en faire des choses !
Justement, quels sont les super spots au Maroc pour pratiquer le jet ski ?
Cela dépend de ce que vous voulez faire, il y a de tout. Si vous voulez de la vitesse sur du plat, il y a quelques lacs et aussi la méditerranée bien sûr avec Cabo ou Saidia… Mais en général les gens aiment bien faire du jet en mer avec les vagues, pour que cela bouge, donc ils vont plus sur Bouznika et Kénitra.
Vous avez fait des championnats internationaux, et vous êtes triple champion du monde est-ce que cela peut aider à se faire sponsoriser ?
J’ai commencé au Maroc et j’ai été trois fois champion du monde à l’international en pro pour le Maroc. Mais les sponsors locaux ne vont pas vous sponsoriser pour faire des événements à l’étranger. Ceci dit, si vous faites les championnats américains et que vous êtes aux Etats Unis, vous pouvez avoir des sponsors parce que le marché américain n’est pas le marché marocain, il y a de vrais enjeux. Au Maroc, le nombre de jets vendus et le nombre de personnes qui en font est beaucoup trop faible.
Les jet skieurs ont tendance à booster un peu leurs machines pour faire les courses, ce qui a tendance à les casser. Pensez-vous que cela soit une bonne pratique?
Cela dépend, j’ai une machine que je pilote pour le plaisir et donc je l’essaie de la booster le moins possible car plus vous la poussez la mécanique plus elle est fragile. Maintenant si vous voulez faire des compétitions, vous êtes obligés de booster parce que le moteur est important tout de même pour pouvoir doubler les autres.
Et c’est là que les machines cassent et que souvent les participants ne peuvent pas terminer leur course... A ce propos, y a-t-il aujourd’hui de bons réparateurs spécialisés au Maroc ?
Il est clair que plus vous préparez votre machine pour la compétition, plus vous avez de risques de la casser car elle devient fragile. Maintenant, pour bien réparer, au niveau du Maroc je vous avoue que ce n’est pas évident et que cela reste difficile.
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