Commerces d'alcool: une affaire de Walis
L’aïd passé, les Marocains amateurs de boissons fortes ou de sorties arrosées sont tenus en haleine, ils comptent le nombre de jours qui les séparent de la première gorgée.
La décision d’ouvrir ou pas les commerces d’alcool revient à la Wilaya. C’est cette même entité qui délivre les autorisations de vendre ou d'acheter les boissons alcooliques ou alcoolisées dans les restaurants, hôtels et commerces du royaume.
Depuis la fin du mois de ramadan, une question est sur toutes les langues : «quand pourra-t-on s’offrir une fraîche ?! » Si à Agadir ou à Marrakech, tourism eoblige, les débits de boissons alcooliques ont ouvert durant la nuit de dimanche à lundi, à Casablanca en revanche, les commerces n’ouvriront leurs portes que durant la nuit de mardi à mercredi.
Mais à qui revient la décision d’ouvrir ou de fermer ces commerces ?
S’il est possible de constater de prime abord que les villes touristiques sont les premières à reprendre l’activité après le mois de ramadan, d’autres par contre dépendent du bon vouloir du Wali. Ainsi, le Wali de la ville de Casablanca n’a pas jugé utile (ou nécessaire !) d’ouvrir les commerces d’alcool avant mercredi. Et, comme le manque de communication n’est pas qu’une illusion dans l’administration marocaine, plusieurs grandes surfaces ont ouvert leurs rayons mardi avant d’être rappelées à l’ordre par la Wilaya de Casablanca.
Cette question en appelle une autre, celle de l’octroi des licences permettant la commercialisation des boissons alcooliques ou alcoolisées. Une fois de plus, c’est la Wilaya qui tire les ficelles.
Médias 24 s’y est rendue pour s’informer sur les démarches administratives qui, curieusement, ne sont pas aussi contraignantes que ce que l’on pourrait croire. Après présentation de documents administratifs classiques, l’établissement (qu’il soit hôtel ou restaurant) est soumis au contrôle d’une commission composée d’une équipe du service d’hygiène, d’inspecteurs de la sécurité civile, d’un délégué du ministère du tourisme, d’inspecteurs de la DGSN et de fonctionnaires de la préfecture. Au préalable, il faudra que le lieu destiné à la vente ou la consommation d’alcool ne soit pas situé à proximité d’un lieu de culte, d’une administration publique ou d’une caserne militaire.
Question timing, "il faudra compter 2 à 3 mois entre le dépôt du dossier et le début de l’exploitation» confie un fonctionnaire chargé du traitement de ces dossiers à la Wilaya de Casablanca.
Combien faut-il payer? « Rien à notre niveau ! » répond notre source. « Il faudra uniquement payer les droits d’enregistrement et les timbres, à hauteur de 2.000 DH. Le prix à payer pour deux bouteilles de champagne ! » poursuit notre interlocteur, non sans ironie.
Il est cependant à rappeler que l’article 28 de l’arrêté de juillet 1967 interdit «d’offrir gratuitement des boissons alcooliques ou alcoolisées à des marocains musulmans» sous peine d’une sanction de 1 à 6 mois de prison et/ou d’une amende de 300 à 1500 DH.
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