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Redaction

Omar Azziman chargé de l’évaluation critique de l’Enseignement

C'est le Pr Omar Azziman qui sera chargé de relancer le Conseil supérieur de l'Enseignement. Il aura à évaluer une décennie d'application de la Charte. Il s'agit d'un désaveu public de la politique menée par le cabinet actuel.

Omar Azziman chargé de l’évaluation critique de l’Enseignement
B. B.
Le 22 août 2013 à 17h53 | Modifié 22 août 2013 à 17h53

Le Roi Mohammed VI a reçu mardi au Palais Royal à Rabat, le Professeur Omar Azziman, que le Souverain a nommé président délégué du Conseil supérieur de l'Enseignement, indique un communiqué du Cabinet Royal.

Cette nomination, précise le communiqué, intervient en concrétisation de la décision royale contenue dans le discours adressé par le Souverain à la Nation à l’occasion du 60ème anniversaire de la glorieuse Révolution du Roi et du Peuple et qui consiste à opérationnaliser le Conseil supérieur de l'Enseignement dans sa version actuelle.

Lors de cette audience, le Pr Azziman a été chargé de se pencher sur le chantier déterminant du secteur de l’enseignement dans notre pays, en procédant notamment à l’évaluation de la décennie de la Charte nationale de l’Education et de la Formation et en formulant des avis au sujet des différentes questions relatives à ce domaine et ce, dans le cadre d’une large concertation avec les différents acteurs concernés.

Le Roi a également loué les qualités scientifiques et académiques du Pr Omar Azziman, ainsi que sa grande expérience, sa compétence, son altruisme et son abnégation dans l’accomplissement des différentes hautes responsabilités dont il avait la charge aussi bien au sein du gouvernement, dans le domaine des droits de l’Homme, en tant que diplomate ou dans sa mission de Conseiller du Roi, outre ses hautes qualités humaines, sa capacité d’écoute et son esprit d’ouverture, ajoute le communiqué.

Le discours de mardi soir a frappé par son contenu critique à l’égard de la situation et de la politique du gouvernement. Mais ce n’est pas la première fois que le Roi évoque cette problématique. Il suffit de remonter à l’année 2012, lors du discours du 20 août, où l’Education figurait en tant que thème central.

Le Roi avait expliqué que l’adhésion des jeunes aux choix stratégiques du Maroc, c’est-à-dire à la modernité et à la démocratie, «reste tributaire de leur niveau de qualification et de la manière avec laquelle ils sont préparés pour l’avenir». Le Souverain avait appelé tous les intervenants à relever «le défi majeur du moment» et «se pencher avec sérieux et résolution sur le système de l’éducation».   
Des orientations ont été données : «un système qui garantit le droit à un enseignement de qualité, doté d’une forte attractivité et adapté à la vie qui attend les jeunes». «Un  système qui permet aux jeunes d’affûter leurs talents, de valoriser leur créativité et de s’épanouir pleinement». 

«Dans l’esprit de la réforme escomptée, il ne s’agit pas d’un changement de programme ou de cursus, pas plus qu’il n’est question d’une discipline à ajouter ou à retrancher. Le but recherché consiste à opérer un changement au niveau du dispositif de formation et des objectifs qui lui sont assignés, en conférant un nouveau sens au travail de l’enseignant, lui permettant ainsi de s’acquitter de la noble mission qui est la sienne». Le Souverain avait rappelé l’échec des différentes initiatives puisque «des budgets considérables ont été investis et un nombre impressionnant d’initiatives et de programmes ont été lancés», mais qui malgré des résultats significatifs «ne sont pas à la hauteur des ambitions et des attentes des jeunes».

L’enseignement est demeuré central dans la politique du Roi depuis 1999. Il y a eu les travaux de la Cosef puis la création du Conseil supérieur de l’Enseignement en 2006. La dernière session de ce conseil date de février 2010. Mais les efforts déployés n'ont pas eu de répercussions visibles ou significatives.

Le Roi revient donc sur le sujet mais cette fois-ci sur un ton ferme de critique à l’égard de ce gouvernement.

La nouvelle Constitution stipule la création, parmi les organes de bonne gouvernance (Titre XII, article 168) d’un Conseil Supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. «Ce Conseil constitue une instance consultative chargée d’émettre son avis sur toutes les politiques publiques et sur toutes les questions d’intérêt national concernant l’éducation, la formation et la recherche scientifique, ainsi que sur les objectifs et le fonctionnement des services publics chargés de ces domaines. Il contribue également à l’évaluation des politiques et programmes publics menés dans ces domaines».

Mais ce conseil n’a pas encore été créé. C’est pourquoi le Souverain se base sur les dispositions transitoires de la Constitution :

Article 179. Les textes en vigueur relatifs aux institutions et instances citées au Titre XII, ainsi que ceux portant sur le Conseil économique et social et le Conseil supérieur de l’Enseignement, demeurent en vigueur jusqu’à leur remplacement, conformément aux dispositions de la présente Constitution.

Sur le plan politique, outre le fait que le Roi exerce son rôle d’arbitre des institutions et à ce titre, appelle à placer les domaines fondamentaux comme l’enseignement au-dessus des manœuvres politiciennes, la décision royale est un constat d’échec pour le gouvernement sortant et un rappel à l’ordre destiné à un cabinet qui a été trop préoccupé par la petite politique que par les grandes réformes dont le pays a besoin. Le PJD notamment devrait en tirer les leçons.

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B. B.
Le 22 août 2013 à 17h53

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