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Au G20, les Brics portent la voix de pays émergents en crise

Les pays des Brics se sont présentés jeudi comme les porte-parole des économies émergentes au G20 pour demander aux pays riches, d’assumer leur responsabilité dans la tempête financière qu’elles traversent.  

Au G20, les Brics portent la voix de pays émergents en crise
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Le 5 septembre 2013 à 17h32 | Modifié 5 septembre 2013 à 17h32

La réunion des chefs d’Etat du Brésil, de Russie, d’Inde, de Chine et d’Afrique du Sud avait pour but de mettre au point «une approche commune concernant les principaux sujets du sommet du G20», qui s’est ouverte juste après, a expliqué Vladimir Poutine.

Dans un communiqué, ces pays, qui représentent plus du quart des richesses et 40% de la population de la planète, ont fait part de leurs «inquiétudes» concernant les «répercussions négatives involontaires des politiques monétaires (...) de certains pays développés».

Les grands pays émergents font référence, sans la nommer, à la banque centrale des Etats-Unis, lui demandant de prendre des mesures «calibrées avec précaution et clairement communiquées».

La Réserve fédérale (Fed) inonde depuis plusieurs années le système financier de liquidités, investies en partie sur les marchés émergents. Mais elle a prévenu qu’elle réduirait prochainement son soutien à l’économie, entraînant des fuites massives de capitaux de ces marchés, car les investisseurs reviennent vers les Etats-Unis, alléchés par la promesse d’une hausse des taux.

Conséquence du mouvement: l’Inde a vu sa roupie chuter d’environ 25% depuis le début de l’année, le Brésil son réal de 15%, la Russie son rouble de 10%. Hors des Brics, la Turquie est fortement touchée.

Comme l’a répété mercredi la sous-secrétaire au Trésor Lael Brainard, les Etats-Unis soulignent que leur changement de politique monétaire s’explique par une reprise de l’activité, ce qui est en soi une bonne nouvelle pour l’économie mondiale.

Mais les pays émergents ne se contentent de l’explication, et la violence du phénomène suscite une inquiétude grandissante quant aux conséquences pour l’économie mondiale, potentiellement au bord d’une nouvelle crise alors que la zone euro vient de sortir de récession.

Les Etats-Unis «devraient être conscients des répercussions de leur politique et prendre leurs responsabilités en ce qui concerne la stabilité de l’économie mondiale», a estimé le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao.

Pour autant, a-t-il ajouté, les Brics «n’ont pas besoin de plan d’aide» mais de «réformes structurelles» pour affronter le phénomène.

L’Afrique du Sud avait mis en garde lundi contre des décisions «basées sur les seuls intérêt nationaux (qui) peuvent avoir des conséquences graves sur les autres nations».

Selon les experts de la société de recherche IHS Global Insight, 44 milliards de dollars ont quitté les marchés émergents depuis trois mois, et le mouvement ne fait que commencer.

Pour Jan Randolf, économiste chez IHS, le message des Brics est de «rappeler à l’occident et au FMI leurs responsabilités envers les pays en voie de développement».

«Non seulement les marchés émergents constituent le moteur de la croissance mondiale depuis la crise financière de 2007, mais les afflux de liquidités de l’ordre du millier de milliards de dollars par an qu’ils ont reçus ces dernières années étaient clairement liés à la réaction monétaire des pays occidentaux à leurs propres crises», ajoute-t-il.

Les Brics ont d’ailleurs jeté leur pierre dans le jardin des pays riches, estimant qu’ils «pourraient faire plus» pour soutenir l’économie mondiale, notamment en terme de chômage.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a reconnu qu’il était «nécessaire de modifier progressivement les politiques monétaires» pour éviter «de créer des fractures dans le développement économique».

Les Brics ont par ailleurs souligné les progrès rencontrés dans la création d’institutions indépendantes, actée lors de leur réunion des de mars à Durban: banque de développement dotée au départ de 50 milliards de dollars pour financer les investissements et réserves communes de devises de 100 milliards de dollars.

Le financement de ces réserves, qui constitueraient un outil considérable pour soutenir les monnaies attaquées sur les marchés, a été enfin déterminé: la Chine a mis sur la table 41 milliards de dollars, le Brésil, l’Inde et la Russie 18 milliards chacun et l’Afrique du Sud 5 milliards.

Elles doteraient les pays d’émergents de leur propre FMI, alors que la réforme des quotas de l’organisation basée à Washington, censée leur donner plus de poids, semble au point mort.

(Par AFP)

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Le 5 septembre 2013 à 17h32

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