Birmanie: libération d'une cinquantaine de prisonniers politiques
Une cinquantaine de prisonniers politiques devaient être libérés mardi en Birmanie, ont annoncé des responsables, alors que le gouvernement a promis de libérer tous les détenus de conscience d’ici à la fin de l’année.
«Aujourd’hui, notre gouvernement va libérer 56 prisonniers politiques», a précisé à l’AFP Hla Maung Shwe, conseiller du président Thein Sein. Une information confirmée par un responsable des services pénitentiaires et une association d’anciens détenus.
«Selon notre liste, 56 prisonniers politiques vont être libérés aujourd’hui (mardi). Nous pouvons confirmer trois libérations jusqu’ici», a déclaré à la mi-journée Thet Oo, de l’association Anciens Prisonniers Politiques.
Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le régime a libéré en plusieurs vagues des centaines d’opposants, moines, journalistes et avocats.
Mais il a également été accusé par les défenseurs des droits de l’Homme d’utiliser ces amnisties au compte-gouttes pour gagner les faveurs des capitales étrangères au moment d’échéances diplomatiques importantes.
L’annonce de ces nouvelles libérations intervient au moment où Thein Sein a quitté mardi la Birmanie pour assister à Brunei à un sommet de l’Association des nations d’Asie du sud-est (Asean).
C’est à l’occasion de sa première visite à Londres en juillet que le président avait promis la libération de tous les prisonniers de conscience d’ici à la fin de l’année.
Les estimations du nombre de prisonniers de conscience restant encore derrière les barreaux avant cette nouvelle vague différaient selon les sources, de 140 selon la Ligue nationale pour la démocratie de l’opposante Aung San Suu Kyi, à environ 200 selon d’autres militants.
«Si 56 prisonniers sont libérés, il restera environ 150 prisonniers politiques en prison», a noté Thet Oo, soulignant que de nouvelles arrestations sous le nouveau gouvernement de militants ayant notamment manifesté sans autorisation, avaient allongé la liste.
La plupart des détenus concernés par l’amnistie de mardi sont des membres de groupes rebelles de la minorité kachin et de la minorité shan, a précisé le militant, alors que des responsables du gouvernement et des rebelles kachins sont actuellement réunis pour de nouvelles discussions de paix.
Depuis la dissolution de la junte, Naypyidaw est parvenue à des accords avec tous les groupes armés des minorités ethniques, qui n’avaient pas pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948.
Mais aucun cessez-le-feu proprement dit n’a pour l’instant été signé avec les rebelles kachins, dans l’extrême nord, une situation qui fait obstacle à la signature d’un cessez-le-feu au plan national que le gouvernement appelle de ses voeux.
La junte au pouvoir pendant près d’un demi-siècle avait toujours nié l’existence des prisonniers politiques. Mais en novembre dernier, Thein Sein avait annoncé la création d’un comité pour les «définir» au sein de la population carcérale.
L’ancien général est crédité de réformes spectaculaires depuis deux ans, notamment le retour au coeur du jeu politique légal de Suu Kyi, aujourd’hui députée. Des changements qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions occidentales.
(Par AFP)
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