Interdiction de la circoncision : le Conseil d’Europe sera-t-il suivi par les Etats ?
Pour la première fois, les voix musulmanes et juives ne font qu’une. Et pour cause : la résolution du Conseil d’Europe définit la circoncision des garçons, pour motifs religieux, comme une «violation del'intégrité physique» de l’enfant.
Selon la presse française, l’adoption de cette résolution, dite pour «le droit des enfants à l’intégrité physique», a été vivement condamnée par les deux communautés musulmane et juive en Europe.
En France, Abdellah Zekri, un des dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé le vote et le silence des dirigeants musulmans. Dans une déclaration à l’AFP, il a rappelé que la circoncision est «un rite religieux millénaire dont les bienfaits sont scientifiquement démontrés et non atteinte à l’intégrité physique des garçons, à distinguer de l’excision des jeunes filles qui constitue effectivement une mutilation».
De même, le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré, dans un communiqué, que «toute comparaison de cette tradition avec la pratique barbare et condamnable de la mutilation génitale féminine relève au mieux d’une ignorance profonde et au pire de la diffamation et de la haine anti-religieuse». Et d’ajouter qu’«Israëlappelle le Conseil à revenir immédiatement sur cette résolution».
Retour sur les faits
Le 1er octobre 2013, l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe a adoptée une résolution pour «le droit des enfants à l’intégrité physique». Votée par 78 voix pour, 13 contre et 15 abstentions, la résolution de Strasbourg, appelle à «condamner publiquement les pratiques les plus préjudiciables, comme les mutilations génitales féminines et adapter la législation les interdisant», ainsi qu'à «définir clairement les conditions médicales, sanitaires et autres à respecter s’agissant des pratiques qui sont aujourd'hui largement répandues dans certaines communautés religieuses, telle que la circoncision, non médicalement justifiée, des jeunes garçons», a déclaré dans un communiqué Marlene Rupprecht, présentatrice du texte à l’APCE.
L’APCE recommande également d'adopter des dispositions juridiques spécifiques pour que certaines interventions et pratiques ne soient pas réalisées avant qu'un enfant soit en âge d'être consulté.
Le texte appelle également à l’interdiction des interventions chirurgicales sur les enfants intersexués, les chirurgies esthétiques chez les mineurs ainsi que des tatouages et pose de piercings aux enfants.
Circoncision et excision, deux pratiques totalement différentes
Toujours en réaction à cette résolution, le ministre israélien des affaires étrangères a estimé qu’elle ne fait qu’alimenter «les tendances racistes et haineuses en Europe». Et d’ajouter que «toute comparaison de cette tradition avec la pratique barbare et condamnable de la mutilation génitale féminine relève au mieux d'une ignorance profonde et au pire de la diffamation et de la haine anti-religieuse».
En réponse à cette déclaration, Mme Rupprecht a affirmé que les députés européens ont effectivement évoqué différentes catégories de violations de l'intégrité physique des enfants et aucun amalgame n'a été fait !
Des exemples de législation en Europe
Par ailleurs, en attendant la suite de ce feuilleton, il est à signaler que les résolutions adoptées par le Conseil d’Europe ne sont pas contraignantes pour les pays membres. Elles sont néanmoins considérées comme des recommandations. Seuls les parlements nationaux pourraient interdire la circoncision.
Par exemple, en France, la pratique de la circoncision est admise pour des motifs religieux ou culturels. Elle a déjà donné lieu à une jurisprudence importante dont le fondement reste d’ordre rituel. L’article du code civil français qui prévoit qu’«il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité médicale pour la personne ou à titre exceptionnel dans l’intérêt thérapeutique d’autrui» n’a été utilisé que pour condamner les auteurs d’excisions sur des petites filles et jamais dans le cas de la circoncision rituelle.
En Allemagne, le 12 décembre 2012, le parlement a adopté une loi donnant un cadre légal à la circoncision rituelle outre-Rhin. Ce texte impose de «respecter les règles de la médecine», de «traiter efficacement la douleur» et d’informer les parents des risques associés à l’opération, et l’interdit si elle met la vie de l’enfant en danger.
Les bienfaits de la circoncision scientifiquement prouvés
Plusieurs études ont montré que la circoncision offrait une meilleure protection contre les MST, le sida notamment. Les résultats de recherches, menées par une équipe de l’Université de Washington en avril 2013, qui ont comparé le microbiome d’hommes circoncis et celui d’hommes qui n’étaient pas circoncis un an après les prélèvements, ont montré que la charge bactérienne chez tous les hommes circoncis a fortement diminué. Chez les hommes non circoncis, les bactéries accumulées activent des cellules dans le prépuce les empêchant de mener à bien leur rôle antiviral normal.
Bien sûr, l’objectif de cette étude n’était surtout pas d’encourager la pratique mais plutôt d’identifier un groupe de bactéries qui augmentent le risque d’infection au VIH afin de le reproduire et ainsi réduire le risque d'infection.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, 30% de la population masculine dans le monde est concernée par la circoncision, que ce soit pour des motifs religieux ou hygiénistes. Dans la culture juive, la circoncision est réalisée le 8e jour après la naissance, en dehors des établissements de santé. Tandis que le rite musulman prévoit la circoncision des petits garçons après l’âge de 3 mois. Elle est pratiquée de plus en plus en milieu hospitalier avec anesthésie, quoique la circoncision hors établissement de santé est encore répandue, surtout dans les milieux défavorisés.
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