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ECONOMIE

Banques offshore de Tanger : les résultats 2013 s’annoncent exceptionnels

Après 6 années de hausses successives du volume d’activité entre 2005 et 2011 et une baisse de 3,2% en 2012, l’activité du «district des banques offshore» de Tanger  s’annonce exceptionnelle.

Banques offshore de Tanger : les résultats 2013 s’annoncent exceptionnels
Jamal Amiar
Le 17 octobre 2013 à 16h46 | Modifié 17 octobre 2013 à 16h46

En 2012, le volume d’activité qui regroupe les créances sur les établissements de crédit, les créances sur clientèle et les portefeuilles-titres principalement, s’est monté à 35,3 milliards de DH (MMDH) contre 36,5 en 2011 et 32,3 MMDH en 2010.

Sur ces chiffres, un rêve de banquier, un autre chiffre et rêve de banquier se superposent : selon un document de Bank al Maghrib, «s’agissant des créances en souffrance, leur encours demeure limité à 68 millions de DH, soit 0,4% du total des crédits» en 2012.

Cette année-là toujours d’après Bank al Maghrib, le volume d’activité des banques offshore d’un total de 35,3 MMDH s’est partagé en 2 grosses moitiés : 16,8 MMDH de créances sur les établissements de crédits et 16,6 autres milliards de DH de créances sur la clientèle.

Taux d’impayés de… 0,4% en 2012 et  croissance à 2 chiffres en 2013

Selon une source bancaire de la place, ce volume devrait connaître une croissance à 2 chiffres en 2013, peut-être même dépassant les 15% de croissance par rapport à 2012. Si ces résultats 2013 se confirmaient pour les banques offshore de la place, ils signifieraient leur montée en puissance dans le paysage économique régional et national.

Ces chiffres illustrent l’envolée des investissements étrangers sur la région du Nord et la demande de crédits auprès des 6 banques du district offshore actuel.  L’automobile et ses sous-traitants bien sûr, mais aussi l’aéronautique, la métallurgie,  le textile-confection et l’offshoring constituent les principaux secteurs investisseurs et demandeurs de crédits en devises.

Ils illustrent également la bonne santé régionale et  les points marqués par  la destination Maroc pour les investissements étrangers productifs.

Médias24 s’apprête à révéler à ses lecteurs dans son édition du week-end prochain, des informations  exclusives qui illustrent concrètement ces points marqués par la destination Maroc en matière d’investissements productifs.

Les principaux clients du district de la banque offshore actuel sont le bassin des 650 à 700 entreprises de la Tanger Free Zone (TFZ), de Tanger-Med et de la Tanger Automotive City,  mais aussi certaines entreprises installées à Atlantic Zone à Kénitra ou d’autres à Nouaceur.

En 2ème position, on trouve les holdings offshore qui sont en général des fonds étrangers et qui utilisent la plateforme de Tanger pour y déposer de l’argent ou l’y faire transiter avant de réaliser leurs éventuels investissements au Maroc ou ailleurs à l’étranger.

La fiscalité est particulièrement favorable aux holdings puisqu’elle se monte à un forfait de $500/an.

Financer l’industrie et l’investissement en Afrique

L’objectif des banques offshore de Tanger, outre le fait de financer les implantations d’investisseurs, consiste également en la collecte de fonds en devises et le financement des opérations des entreprises marocaines à l’international aussi appelé «opérations de financement de commerce extérieur de la maison-mère» dans le jargon comptable bancaire.

En outre, des banquiers du district offshore tangérois confirment que «la BCP, Attijariwafa et la BMCE Bank ont fortement recours à leurs bureaux offshore tangérois pour leurs opérations sur les marchés africains».

A ce jour, 6 banques -et le chiffre n’a pas changé depuis 2003, la BCP, la BMCE Bank, Attijariwafa, Crédit du Maroc, la BMCI et la Société Générale sont toutes installées sur une même allée à l’entrée principale de la Tanger Free Zone (TFZ).  

La BMCI, à l’époque dirigée par le banquier Omar Akalay, fervent défenseur du concept et instrument bancaire de l’offshore, avait été la première banque marocaine à ouvrir une agence offshore au centre-ville de Tanger après la promulgation de la loi 58/90.

 Le secteur est régi par la loi58/90 sur les banques offshore, la loi bancaire de Bank al Maghrib et enfin la loi 43/05 sur le blanchiment.

Le Crédit Agricole en 2014

Médias 24 a pu apprendre par des sources professionnelles que le Crédit Agricole s’apprête à son tour à franchir le pas pour ouvrir la 7ème banque offshore du district tangérois dans les tous premiers mois de l’année 2014.

Toutes ces banques offshore sont soit des succursales des maisons-mères pour la BMCE Bank, soit des filiales de banques étrangères pour le cas de la SG et de la BMCI BNP Parisbas. La Chaabi International Bank (CIB)  a un statut de filiale. La CIB détenu à 70% par la BCP et à 10% par les BP régionales de Tanger, de Nador et d’Agadir anticipe.

Selon des professionnels de la place, la CIB devrait exceptionnellement croitre de plus de 15% cette année avec un volume d’affaires frisant pour elle seule les 8 MMDH.

Une réelle marge de développement

Sereine, la place de Tanger ne se prive toutefois pas de s’interroger sur ses perspectives de développement à la lumière de la mise en du CFC, le Casablanca Financial Center. Certains sur le district tangérois estiment que «l’expérience de la place et la présence de nombreux investisseurs étrangers fera qu’il y aura toujours une activité importante».

«Le CFC s’occupera plus de l’Afrique peut-être» concède-t-on ici et «sera plus à la recherche d’investisseurs institutionnels de part la proximité du CFC aux sièges des banques et sa présence à Casablanca».

Néanmoins, à Tanger, des banquiers estiment qu’il reste de la marge pour développer le secteur notamment dans les secteurs del’assurance et de la réassurance, l’armement naval, du développement des holdings offshore qui gèrent participations et portefeuilles et de la gestion de patrimoine en devises.

Enfin, pour un banquier de la place, en matière d’attractivité de la destination Maroc et des places financières de Tanger et de Casablanca, «il faut franchir le pas et instaurer des règles fiscales sur la durée, ne pas changer de fiscalité selon les gouvernements et les besoins des budgets publics». Car le gouvernement précédent songeait à modifier les conditions d’éligibilité à la taxe forfaitaire sur les holdings offshore.

Les banquiers recommandent un préavis de 20 ans pour les changements de fiscalité bancaire offshore  comme ce que le gouvernement a récemment décidé pour les investisseurs industriels et du tertiaire à la TFZ.

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Jamal Amiar
Le 17 octobre 2013 à 16h46

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