Textile : la situation en Europe redonne le sourire aux industriels
Le secteur du textile-habillement a de quoi se réjouir. La recomposition de la cartographie des approvisionnements de l’UE joue en sa faveur. L’amélioration de la consommation des ménages constitue aussi un signe positif.
C’est un secret de polichinelle. Quand ça va mal en Europe, ça va très mal au Maroc. Dans certains secteurs comme le textile-habillement, ce principe est systématique.
Mais bonne nouvelle : les dernières tendances relatives à la consommation dans les marchés européens permettent de déceler quelques signaux d’embellie, du fait de l’amélioration de certains indicateurs macro-économiques tel le PIB en croissance de 0,5% et la consommation des ménages en progression de 0,4% durant le deuxième trimestre 2013. Cette tendance devrait se poursuivre en 2014 avec une amélioration de 0,5% pour toute la zone euro.
Autre bonne nouvelle : « L’effort d’impôt demandé aux Français sera modéré courant l’année prochaine. Cela permettra indéniablement d’améliorer davantage le pouvoir d’achat des ménages », précise Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’IFM (Institut français de la mode).
Encore trop tôt pour crier victoire
Une telle donnée devrait profiter à la consommation des produits d’habillement en baisse régulière depuis 2008, notamment en France. Durant la période allant de 2007 à 2012, ce ratio a perdu 10 points de sa valeur, estimée à 30 milliards d’euros. La correction qui se projette sera à même de redonner le moral aux industriels marocains du textile.
Mais attention. Il est encore trop tôt pour crier victoire. « Penser à revenir à des niveaux de croissance de 3 ou 4%, enregistrés par le passé, est utopique. Les consommateurs ont changé radicalement leurs habitudes de consommation suite à la montée des dépenses dites contraintes. Je parle du loyer par exemple. Les arbitrages entre les différentes dépenses sont de plus en plus rigoureux », ajoute Gildas Minvielle.
L’habillement, un poste budgétaire sensible !
Mais les dépenses de ce genre ne sont pas les seules en cause. Au moment où les frais consacrés aux smartphones augmentent de 66% en France, ceux dédiés à l’habillement baissent de 2%. La mode demeure en effet l’un des principaux postes sacrifiés durant les périodes de crise au même titre que l’automobile.
Chez les autres pays européens, cette donne est nuancée. Alors que l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne voient leur consommation en habillement baisser, le Royaume-Uni affiche une hausse de 3%, selon les statistiques relatives aux 8 premiers mois de l’année. « Il résiste grâce au keynésianisme fiscal. Il n’a pas subi le matraquage qu’ont connu les autres pays », conclut notre expert.
Quid du sourcing ?
La configuration des importations européennes en habillement a changé courant les six premiers mois de l’année. Au moment où la Chine et Hong Kong sont en perte de vitesse (-8%), le Maroc progresse de 8%. En termes de parts de marché, la composition de la cartographie privilégie davantage les pays méditerranéens au détriment de l’Asie : l’évolution est de 13,8% pour la Turquie, 3,6% pour le Maroc.
Dans ce tableau plutôt positif, une actualité vient toutefois secouer le textile marocain. D’après les derniers résultats préliminaires de l'Office des changes relatifs aux neuf premiers mois de 2013, les exportations du secteur du textile ont chuté de 6% sur une année glissante. Espérons que la petite amélioration enregistrée depuis le début de l’année ne soit pas éphémère.
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