Benkirane tente de rassurer les investisseurs du Golfe (verbatim)
Le Chef du gouvernement s’est prêté au jeu des questions réponses d’une chaine télévisée du Golfe, al Majd, «Nahnou Maakoum». Cet exercice lui a permis de s’adresser aux publics et décideurs des pays du Golfe, des investisseurs très importants pour le Maroc.
A la question préliminaire de savoir si le PJD est toujours un parti islamique, le chef du gouvernement prend le temps de réciter une prière tout en tenant à la main un chapelet d’ambre. Après quoi, il reprend de suite son interlocuteur en affirmant que son parti n’est pas islamiste mais un parti comme les autres, à savoir politique.
Il prétend que chaque parti marocain a ses sources d’inspiration idéologique mais que le respect de la constitution interdit le prosélytisme.
Cependant, il précise que le Maroc étant un pays musulman, le référentiel des acteurs politiques est islamique.
Benkirane donne l’impression de jouer sur les mots car si dans un premier temps, il se présente comme un simple politique sans idéologie religieuse, il n’omet pas de mentionner que l’Islam est une composante essentielle de toute action politique ce qui est quelque peu contradictoire. Mais le double langage, l’ambiguité sont une marque de fabrique chez les mouvements à référentiel islamiste.
Il faut rappeler à cet égard que lors de la première visite du PM turc fraichement élu, il avait accouru à sa rencontre à Rabat en compagnie du Dr. Khatib pour le féliciter chaudement. Il lui avait déclaré que le mouvement vert était en marche et que les partis politiques issus de la mouvance des frères musulmans allaient enfin accéder au pouvoir.
Tout en égrenant les grains de son chapelet, il répond au journaliste que face à la laïcité, son parti est pour la liberté de tout un chacun. Il précise quand même que selon notre constitution, le Maroc est un pays islamique et qu’à cet égard le PJD a des relations amicales avec les islamistes du monde.
On a donc l’impression qu’il se déjuge en restant tout à la fois secrétaire général d’un parti issu de la famille des frères musulmans et chef d’un gouvernement politique qui se veut areligieux. L’explication en est peut-être le fait qu’il cherche à plaire aux puissances de la région que sont l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis qui ont salué le coup d’Etat égyptien contre ces mêmes frères musulmans de Morsi.
Si on ne peut pas plaire à tout le monde, autant tâcher de plaire aux gros investisseurs du Maroc.
Le Chef du gouvernement s’est d’ailleurs envolé pour Londres afin de participer au sommet mondial de la finance islamique. Ce sera l’occasion pour lui de rencontrer et tâcher de rameuter ces nouveaux croisés de la finance au Maroc.
Au journaliste qui l’interpelle sur sa longue traversée du désert pour arriver au pouvoir, il répond que diriger le gouvernement n’est pas une fin en soi mais simplement un moyen d’engager des réformes.
Justement, sur les résultats de son action après deux années d’exercice gouvernemental, il s’honore d’avoir engagé des réformes profondes et assure avoir mis fin aux grèves qui gangrénaient l’éducation nationale, les tribunaux et les communes municipales. Il affirme avoir écrasé les grèves en privant les manifestants d’une partie de leur salaire qui comptabilise leurs jours d’inactivité. Il parle aussi de la réforme de la justice en cours qui devrait rassurer les futurs investisseurs du conseil du Golfe.
A la question de savoir à combien s’élève le nombre de recrutements en 2012, il gonfle les chiffres officiels en avançant un chiffre de 30.000 nouveaux emplois créés et à son interlocuteur qui lui demande à combien s’élève le nombre de partisans PJD recrutés, il s’esclaffe hilare, «2 ou 3 au maximum».
Le journaliste trouve étrange le fait que le Chef du gouvernement habite la maison de sa femme et pas un logement officiel. Pas peu fier à l’égard de cette marque de modestie qui le caractériserait, Benkirane remercie Dieu pour son infinie mansuétude.
Au journaliste qui s’alarme des hausses de prix généralisées qui touchent les Marocains, il répond péremptoire que le petit peuple majoritaire n’est pas lésé du tout. Il enchaîne sur les réformes en cours de la Caisse de compensation et de celle des retraites qui vont sauvegarder les grands équilibres macro-économiques ce qui devrait à l’écouter augurer un avenir rose pour tous nos concitoyens.
Au lieu de répondre aux critiques acerbes de son opposition, il déclare que désormais il se bouche les oreilles pour travailler sereinement.
Si l’interviewer était étonné par sa faconde et par sa façon d’illustrer des sujets très sérieux avec des anecdotes, les téléspectateurs qui connaissent cette bête politique bien marocaine n’ont pas été dépaysés outre mesure. Son style très particulier de communication politique commence à être rodé mais si la parole est d’argent, ne dit-on pas que le silence est d’or ?
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