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Union européenne: Trichet s’inquiète du «malaise» des citoyens

Jean-Claude Trichet, qui fut le patron de la BCE après avoir été l’un des rédacteurs du traité de Maastricht, évoque, 20 ans après son entrée en vigueur, une Europe «au milieu du gué», inquiet du «malaise» des citoyens.  

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Le 29 octobre 2013 à 11h02 | Modifié 29 octobre 2013 à 11h02

Le 1er novembre 1993 entrait en vigueur le traité devant son nom à la petite ville néerlandaise où il fut signé. Celui-ci jetait les bases de la future union monétaire, lancée en 1999 avec 12 pays et qui doit passer à 18 au 1er janvier 2014 avec l’adhésion de la Lettonie.

Alors directeur du Trésor, M. Trichet a négocié au nom de Paris chaque virgule de tous les articles concernant les aspects monétaires, pour ensuite diriger, de 2003 à 2011, l’institution née du texte: la Banque centrale européenne (BCE).

Ce traité, ratifié d’extrême justesse par référendum en France et régulièrement accusé d’avoir enfermé l’économie européenne dans un carcan budgétaire, il n’en renie pas une ligne. Surtout, il refuse de faire de l’euro le «bouc émissaire» du marasme économique.

«Il est très dommage que les Européens aient tendance à être constamment négatifs sur eux-mêmes. Nombreux sont ceux qui ont la tentation de se servir de l’Europe et de l’euro comme d’un bouc émissaire. (...) L’histoire nous enseigne combien de telles tendances sont dangereuses», affirme-t-il lors d’un entretien avec l’AFP dans un salon imposant de la Banque de France, dont il fut gouverneur.

Pour M. Trichet, désormais conférencier très demandé, si la zone euro a sombré dans les turbulences financières de 2008 puis dans la crise de la dette, ce n’est pas le texte qui est en cause, mais ceux qui ne l’ont pas respecté.

Les fameux «critères de Maastricht», qui interdisent par exemple un déficit supérieur à 3% du produit intérieur brut, «les grands pays ont refusé qu’ils s’appliquent à eux». «La France, l’Allemagne et l’Italie, en particulier, les ont refusés en 2003 et 2004», rappelle-t-il. Cette indiscipline «est la première raison des difficultés que nous avons eues», affirme-t-il, sur ce ton très courtois qui fut l’une de ses marques de fabrique, à la tête de la BCE.

«Le problème de la légitimité démocratique»

«Il y a une deuxième raison que je considère comme très importante», à savoir que les pays membres de l’euro ont laissé se creuser les écarts de compétitivité. «Il y avait là nécessairement des évolutions qui n’étaient pas soutenables à moyen terme», assure M. Trichet.

«Au moment de la création de l’euro, l’Allemagne avait un chômage supérieur au nôtre (ndlr, en France), l’Allemagne était en déficit de la balance des paiements courants et nous étions nous-mêmes en excédent. Avec la même monnaie, sur la même période, selon la qualité de la gestion et selon les efforts qui sont faits (...) les résultats sont différents» et la situation s’est inversée, fait-il valoir.

L’ancien patron de la BCE assure également que depuis l’introduction bancaire de l’euro, le 1er janvier 1999, la zone euro a créé «600.000 emplois de plus que les Etats-Unis». Pour lui, l’euro a prouvé sa «remarquable résilience», jusqu’à être considéré aujourd’hui comme «trop crédible» par certains pays.

S’il reconnaît volontiers l’existence d’un «malaise», d’une «crise de confiance», M. Trichet estime que le phénomène touche «toutes les économies avancées», pas seulement les Etats européens, et «toutes les institutions», nationales ou internationales.

Qualifiant la construction européenne d'«ambition extraordinaire sur le plan historique», il estime que les Européens sont «au milieu du gué» et qu'«aucune complaisance n’est acceptable», face notamment au chômage de masse.

M. Trichet juge aussi que «le problème de la légitimité démocratique» se pose en Europe. Il faut «renforcer les pouvoirs du Parlement européen qui est élu au suffrage universel», assure celui qui fut aux avant-postes de la construction européenne, mais qui n’a lui-même jamais affronté les urnes.

(Par AFP)

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Le 29 octobre 2013 à 11h02

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