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La Tunisie espère connaître le nom de son futur Premier ministre

Islamistes tunisiens au pouvoir et opposants doivent se retrouver lundi midi afin de s'accorder dans la journée sur le nom du prochain Premier ministre et sortir le pays d'une profonde crise politique après l'échec des négociations samedi.  

La Tunisie espère connaître le nom de son futur Premier ministre
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Le 4 novembre 2013 à 12h01 | Modifié 4 novembre 2013 à 12h01

Annoncées pour 09H00 (08H00 GMT) et censées s'achever à midi au plus tard (11H00 GMT), les négociations ont été finalement repoussées à la mi-journée, a indiqué le syndicat UGTT, principal médiateur de la crise, sans fixer de nouvelle heure limite. La classe politique aurait dû, selon le calendrier des négociations, s'accorder samedi sur l'identité d'un Premier ministre indépendant appelé à succéder à l'islamiste Ali Larayedh à la tête d'un cabinet apolitique. Mais les négociateurs ne sont pas parvenus à départager deux candidats: Mohamed Ennaceur, 79 ans, soutenu par l'opposition, et Ahmed Mestiri, 88 ans, soutenu par le parti islamiste Ennahda et ses alliés.

Deux candidats en lice

Les islamistes jugent que M. Mestiri est le plus indépendant des prétendants, tandis que l'opposition le juge trop vieux et trop faible pour assumer la charge. Les négociations en cours visent à sortir la Tunisie de la profonde impasse dans laquelle elle est plongée depuis l'assassinat le 25 juillet du député d'opposition Mohamed Brahmi, attribué à la mouvance jihadiste.

M. Larayedh a accepté de laisser la place à un gouvernement apolitique à condition que l'ensemble du calendrier de ce dialogue national soit respecté. Celui-ci prévoit la mise en place d'une législation et d'un calendrier électoraux ainsi que le lancement de la procédure d'adoption de la Constitution, en cours d'élaboration depuis deux ans. Mais différents dossiers ont d'ores et déjà pris du retard : les membres de la future commission électorale n'ont pas pu être élus samedi comme prévu en raison d'un problème de procédure et le travail sur la législation régissant les élections, censée être adoptée le 9 novembre, n'a pas commencé. La démission formelle d'Ali Larayedh ne doit d'ailleurs pas intervenir avant la mi-novembre.

Dès lors, des journaux tunisiens s'interrogeaient sur les chances de réussite de ces pourparlers qui interviennent dans un contexte sécuritaire tendu en raison de la multiplication de violences jihadistes. « Et si la solution tant attendue n'est pas trouvée aujourd'hui, devra-t-on s'attendre à ce que le dialogue national soit rompu? », s'interroge le quotidien La Presse qui conspue « un dialogue de sourds dans lequel chacun tire la couverture à lui ».

Après trois mois de disputes et moult reports, ces pourparlers ont débuté le 25 octobre mais depuis aucune décision consensuelle concrète n'a été mise en œuvre. Sur le front sécuritaire, la présidence tunisienne a annoncé dimanche le prolongement de huit mois, jusqu'à fin juin 2014, l'état d'urgence en vigueur depuis la révolution de janvier 2011.

Signe de la menace accrue, le chef de l'Etat Moncef Marzouki ne le prorogeait depuis 18 mois que par tranches de un à trois mois. Pour la première fois depuis la révolution qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali, des attaques attribuées aux jihadistes ont ciblé la semaine dernière deux sites touristiques: l'un a été visé par un attentat suicide qui n'a pas fait de victime et l'autre par une tentative déjouée à temps.

Durant le seul mois d'octobre, neuf gendarmes et policiers ont été tués dans des affrontements. L’incertitude politique et la menace jihadiste ont aussi nourri l'anémie de l'économie tunisienne, notamment le secteur stratégique du tourisme qui risque de souffrir encore après les attentats ratés du 30 octobre. Arrivés au pouvoir en octobre 2011, les islamistes ont été considérablement affaiblis par la multiplication des crises politiques, les assassinats de deux opposants, les heurts avec les jihadistes, les faiblesses de l'économie et les polémiques sur leurs tentatives supposées « d'islamiser » la société ou de juguler la liberté d'expression.

(Avec AFP)

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Le 4 novembre 2013 à 12h01

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