Nationalité à vendre ou comment résider légalement en Europe
De plus en plus de pays européens assouplissent les conditions d’octroi de permis de séjour voire même de naturalisation contre monnaie sonnante et trébuchante. C'est le cas de pays en crise financière comme Malte, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Irlande et Chypre.
Dans un contexte de forte crise en Europe, la liste des pays qui proposent de monnayer leur nationalité ou des titres de résidence ne cesse de s’allonger.
Les étrangers en mesure de payer un ticket d’entrée conséquent pourront bénéficier d’un titre de séjour permanent voire même d’un passeport.
Pour la modique somme de 650.000 euros, la république de Malte a carrément mis en vente sa citoyenneté aux non-ressortissants de l’Union européenne. Cette mesure lucrative vise à générer des revenus dont l'île méditerranéenne a grandement besoin et elle ne soulève aucune objection de la Commission européenne qui déclare que « les membres de l’UE ont pleine souveraineté pour décider comment et à qui ils accordent leur nationalité».
Chypre qui subit la crise européenne de plein fouet a proposé il y a quelques mois de donner la citoyenneté de son pays aux malheureux investisseurs étrangers qui auraient perdu la somme minimale de 3 millions d’euros dans le cadre du plan de sauvetage européen.
L’Espagne quant à elle n’est pas allée aussi loin mais propose tout de même d’offrir un permis de séjour longue durée aux étrangers en mesure d’acheter un bien immobilier de 500.000 euros ou des bons du Trésor d’une valeur de 2 millions d’euros. L’objectif affiché étant d’enrayer la chute du marché immobilier espagnol en pleine déconfiture. L’échange d’acquisitions immobilières contre titre de séjour fait des émules partout en Europe.
Le Portugal propose la résidence légale tarifée contre l’achat d’un bien immobilier de 500.000 euros ou la création de 30 emplois avec un capital de 1 million d’euros dans une banque portugaise.
L’Italie et l’Irlande proposent les mêmes formules pour faire rentrer de l’argent dans leurs caisses.
Si le chargé d’affaires à l’ambassade du Portugal à Rabat nous affirme que le but est d’attirer des investisseurs, il consent du bout des lèvres à reconnaitre que le chômage galopant et la crise bancaire n’y sont pas pour rien.
L’idée en soi n’est pas nouvelle mais la nouveauté est que ces pratiques sont dictées uniquement par des considérations conjoncturelles ce qui n’était pas le cas des pays précurseurs (Canada, Etats Unis, GB) qui voulaient attirer des hommes d’affaires plutôt que du petit personnel.
Dans le cas d’espèce, il s’agit de séduire les nouveaux riches russes ou chinois ou la traditionnelle clientèle des pays du Golfe qui disposent d’un pouvoir d’achat très élevé.
Il n’en reste pas moins que le risque est grand d’attirer des criminels de tous horizons qui viendraient blanchir leur argent ou se mettre au vert et qui auront le droit de se déplacer librement dans tout l’espace Schengen et dans tous les pays que leur nouveau statut exemptera de visa.
Les Marocains intéressés par un passeport ou un permis de séjour tarifé prennent le risque de se mettre en infraction fiscale car transférer de telles sommes vers l’Europe est formellement prohibé par l’Office des changes.
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