Le Maroc s’intéresse-t-il vraiment au sous-marin espagnol S-80 ?
Une visite de la Marine royale marocaine sur un chantier naval laisse penser à un média espagnol que le Maroc allait acheter un sous-marin. Mais l’appareil « made in Spain » en question présente des défaillances de fabrication peu rassurantes.
Alors que le Maroc est sur le point de recevoir la frégate Mohammed VI, le Maroc se penche désormais sur les futurs sous-marins espagnols S-80, produits par Navantia, selon le portail espagnol La Opinión de Murcia.
A l’origine, une visite du vice-amiral et inspecteur de la Marine royale, Mohamed Laghmari, mardi 17 décembre en terre ibérique où il a visité les installations de la marine espagnole et le chantier naval « Navantia » à Carthagène. Il s'est également rendu au centre des opérations et de surveillance de l'action maritime (COVAM) où « des explications lui ont été fournies sur les fonctionnements, les missions et la capacité de cette structure », écrit la MAP.
Officiellement, Mohamed Laghmari s’est rendu en Espagne, « pour la mise en place d'un lien de coopération en matière de lutte contre les risques environnementaux et de la pollution marine », ajoute la MAP, qui précise que cette visite s'inscrit dans le cadre des contacts permanents entre les responsables militaires espagnols et marocains.
A contrario, La Opinión de Murcia affirme que le Maroc est intéressé par le tout premier sous-marin « made in Spain ». Si l’information s’avère vraie, est-ce une bonne idée ? Pas sûr, dans la mesure où la conception de cet engin présente plusieurs défaillances franchement peu rassurantes. C’est d’ailleurs pour cette raison que sa mise en service, initialement prévue pour 2015, a été retardée à une date inconnue.
Dans un article paru dans l’espace blog du journal le Monde et sobrement intitulé « PLOUF – L’Espagne dépense une fortune pour des sous-marins qui coulent », l’auteur estime qu’en raison d’une erreur de calcul, les quatre sous-marins de dernière génération que fabrique la marine espagnole « seront certainement trop lourds pour naviguer. Pourtant, un acompte de 530 millions d'euros a déjà été versé au constructeur, sur un contrat total de 2,2 milliards d'euros ».
Même son de cloche chez le journal espagnol El Economista, qui estime que Navantia a camouflé dans son rapport annuel 2012 les problèmes de surpoids et d’erreur de conception de son S-80. « Tandis que la compagnie espagnole avait connaissance des complications que connait son nouveau bijou, elle a caché ce contretemps dans son rapport annuel et a évité de communiquer sur les données révélatrices de cette défaillance », écrit El Economista.
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