Subsahariens : Maghnia, la frontière de tous les dangers
Le REMDH a enquêté à la frontière maroco-algérienne sur la situation lamentable des subsahariens. Les résultats de cette enquête qui a duré 2 ans pointent du doigt la ville de Maghnia dans un constat pas très reluisant pour les autorités algériennes.
La frontière maroco-algérienne est le principal carrefour migratoire de l’Afrique du Nord. C’est l’endroit où les autorités marocaines et algériennes se renvoient la balle en expulsant à tour de rôle ses clandestins l’un vers l’autre.
Si le REMDH a enquêté des deux côtés, il s’est intéressé de près à la ville algérienne de Maghnia où les migrants venus d’Afrique atterrissent le plus souvent après un long périple. Cette ville, tout comme l’Algérie d’ailleurs, reçoivent très rarement la visite d’ONG spécialisée dans les droits humains, car les autorités algériennes ne l’acceptent pas. Ce qui ne l’empêche pas de donner régulièrement des leçons aux pays voisins.
Pour les subsahariens, Maghnia représente une étape vers l’Europe mais surtout un lieu de retour lorsqu’ils y sont expulsés.La situation y est particulièrement préoccupante à cause d’une absence totale d’ONG pour les migrants alors que le rapport note la présence à Oujda de nombreuses organisations leur offrant des services élémentaires.
Si le Maroc n’est pas exempt de reproches dans ce rapport, ce dernier souligne que suite aux recommandations du CNDH marocain, la réponse des autorités marocaines va dans le sens d’une amélioration de leurs conditions de vie à Oujda. Le rapport du REMDH (Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme) s’est donc attaché à relever en priorité les conditions de vie drastiques des réfugiés qui doivent affronter de nombreux abus de la part des autorités algériennes.
De nombreuses atteintes à la dignité humaine à Maghnia
Le constat de l’enquête à Maghnia fait apparaître une longue liste des brimades infligées à ces populations migrantes.
Les arrestations, détentions arbitraires ainsi que les actes de violence perpétrés par les autorités algériennes semblent constituer le lot commun des subsahariens.
Viennent s’y ajouter les mauvaises conditions d’hygiène et un accès inexistant au logement et aux soins médicaux.
es conditions de travail des migrants sont assimilés à de l’exploitation et parmi les réfugiés en droit d’obtenir un statut de réfugié, la plupart n’en sont même pas informés. Le réseau souligne que même les femmes enceintes et les mineurs ne sont pas épargnés par ces abus dont même des viols. Devant un tel déni d’humanité, les migrants vivant à Maghnia n’envisagent pas de s’y installer car ils espèrent toujours emménager au Maroc ou en Europe.
A la lumière de la situation décrite à Maghnia surnommée la «petite Sangatte algérienne», le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme a émis des préconisations aux Etats frontaliers.
Recommandations aux autorités algériennes et marocaines
Au vu des nombreuses recommandations destinées à l’Algérie, il semble bien que la situation soit plus préoccupante du côté algérien que marocain même si le royaume fait l’objet de sollicitations:
-L’Algérie doit adopter d’urgence une législation sur l’asile.
- Interdire l’expulsion des mineurs, femmes enceintes et des malades.
- Sanctionner les policiers, douaniers et militaires auteurs de violence physiques et psychologiques à l’encontre des migrants.
- Modifier la législation actuelle sur l’entrée, le séjour et la circulation des étrangers.
-Mettre à disposition une aide médicale digne de ce nom dans la région de Maghnia.
- Autoriser HCR, ONG et organisations de la société civile à intervenir dans la région.
- Régulariser les migrants en situation irrégulières en Algérie.
Si la situation au Maroc est moins grave qu’à Maghnia, le réseau juge cependant indispensable d’arrêter les reconduites marocaines à la frontière algérienne de migrants vulnérables, de bannir les mauvais traitements à l’égard des migrants et de juger leurs auteurs.
Sans attendre les conclusions de ce rapport, le Maroc a innové de sa propre initiative en mettant récemment en place une régularisation massive des clandestins subsahariens. Cette initiative devrait devenir la règle afin de ne plus reproduire les situations inhumaines que vivent les migrants ici et là.
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