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ECONOMIE

Club équestre de Tanger: ce que contient la convention

La décision de transférer le club équestre à la forêt d’Errahrah, ne laisse ni les politiques ni la société civile indifférents. Le projet immobilier doit coûter 400 MDH et le nouveau club plus de 30 MDH.

Club équestre de Tanger: ce que contient la convention
Jamal Amiar
Le 21 janvier 2014 à 12h00 | Modifié 21 janvier 2014 à 12h00

Cette décision a été prise à l’unanimité des élus présents lors de la réunion du conseil de la ville de Tanger du 10 janvier dernier.

 

Ce que contient la convention

Six parties au total sont signataires de la convention-cadre pour la réalisation de deux projets –club équestre et complexe résidentiel- par la société «Palace Building» à Tanger.

Sur ces 6 parties, 5 sont publiques. Il s’agit de la wilaya avec Mohamed Hassad, ancien wali de Tanger et actuel ministre  de l’intérieur. Samir Abdelmoula, élu communal de Tanger, conseiller à la 2ème chambre et signataire de la convention au moment où il était président du conseil communal de Tanger sous l’étiquette du PAM ; M. Abdelmoula est depuis 3 ans membre du PJD. Le CRI en la personne de Jelloul Samsseme aujourd’hui gouverneur de la province d’Ifrane. Khalid Alami Chentoufi directeur de l’Agence urbaine de Tanger qui a aujourd’hui quitté la fonction publique et ouvert un cabinet de conseil en bâtiment privé. Et Fouad Hayem, Inspecteur régional de l’habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement de l’espace.

La 6ème partie signataire est la société Palace Building propriétaire du terrain de 9,22 ha sur lequel se trouve l’actuel Royal club équestre de Tanger à Boubana. Le représentant légal de la société est Mohamed El Mahdi Alaoui el Hachimi.

La convention-cadre stipule qu’elle « a pour objet de déterminer les conditions et modalités selon lesquels sera réalisé le programme d’investissement par la société, réparti sur deux assiettes, (…) un club équestre sur un domaine forestier à Tanger et un complexe résidentiel sur un terrain privé propriété de la société».

Pour comprendre le «deal», celui-ci autorise Palace Building à construire plus de 800 appartements en R+2 et R+3 sur le terrain de l’actuel club équestre situé au cœur de la zone résidentielle bourgeoise de Tanger. En contrepartie, Palace Building compensera cette urbanisation en construisant un nouveau club équestre aux normes, sur 20 ha à Errahrah. Selon les termes de la convention, le boisement autour du complexe résidentiel sera conservé et amélioré.

Le wali, le maire, les élus et les promoteurs

Ce type de deal en affaires est courant. Mais en raison d’une tradition de mélanges des genres et de conflits d’intérêts de moins en moins acceptés par l’opinion publique, interrogations et spéculations en tous genres fusent.

C’est ainsi que Tanger est dirigée depuis de 3 ans par un président issu du PAM, Fouad El Omari, frère du numéro 2 du PAM, Ilyas El Omari, qui jusqu’à il y a peu de temps était un homme discret, actionnaire d’une école privée et d’une entreprise de construction.

L’ancien maire et signataire de la convention du transfert du club équestre, Samir Abdelmoula est un ancien du PAM aujourd’hui passé au PJD. Il a dirigé la Comarit durant la décennie 2000. Mohamed Hassad ancien wali de Tanger, aujourd’hui ministre de l’intérieur, a dû «forcer la main à M. Abdelmoula pour signer» indique notre source, notamment «en se montrant exigeant sur l’aspect environnemental du projet immobilier».  Enfin M. Khalid Alami qui a quitté le service du ministère de l’habitat et de l’Agence urbaine a été prié, quelques temps plus tard, de quitter l’administration …

Le conseil de la ville de Tanger comprend près de 90 membres dont 24 du PJD dans l’opposition et une majorité hétéroclite regroupée autour de Fouad El Omari et comprenant des élus et des promoteurs immobiliers tels MM. Bouhriz ou Zemmouri, des acteurs très actifs dans la politique et la promotion immobilière depuis plus de 25 ans. M. M’Hamed Arbaï un des deux principaux actionnaires de la société Arbapro est également membre du conseil communal de la ville.

La complexité de la situation, ce sont aussi des journalistes qui écrivent sur un dossier impliquant des politiques et un conseil de la ville dont ils peuvent être, eux et/ou leurs proches, des salariés directs ou indirects. Difficile dans ces conditions de produire de l’information qui contribue à la clarification du débat et à la définition des responsabilités. Presse, politique et petites et grandes affaires: les mélanges des genres et les conflits d’intérêts sont nombreux.

Enfin, last but not least dans le mélange des genres, le fait que les autorités locales, wilaya et police, fassent financièrement appel aux promoteurs immobiliers, une fois pour contribuer à la construction du nouveau siège de la préfecture de police de Tanger, une autre fois pour construire des écoles en dur en lieu et place d’écoles en préfabriqué, des méthodes qui ne sont pas compatibles avec une gouvernance publique saine.

Retour à la convention

Aux termes de la convention, l’actuel terrain du club équestre de 9,22 ha, doit accueillir 49 bâtiments comprenant 820 appartements en R+2 et R+3 pour un coût global de 400 MDH selon ses promoteurs qui ajoutent que «le chantier créera 500 emplois en tous corps d’Etat pendant la durée du chantier».

S’agissant du nouveau club équestre, celui-ci doit comprendre un restaurant, un salon de thé et des cuisines sur 650 m², des écuries avec 84 boxes, 20 boxes pour les poneys, une piste marcheur, un parcours de concours et sauts d’obstacles, des paddocks et des boxes mobiles. Sur un total de 20 ha, 4.000 m² doivent être construits «sur un seul niveau» précise la convention. Son coût estimé «à 10 MDH lors de la signature il y a 3 ans, est réévalué en fin de compte plus de 30 MDH» indique Aboubakr Arbaï à Médias 24.

Mais même les éléments contenus dans la convention-cadre et portant 6 signatures dont celle d’élus et d’un ministre de l’intérieur peuvent changer à terme. Interrogé à ce sujet, le représentant de la société Palace Building Aboubakr Arbaï, estime que le respect des clauses «dépend des promoteurs et de la mairie». «Elles peuvent être respectées comme elles peuvent ne pas l’être».

«Pour ma part ajoute Aboubakr Arbaï qui a étudié la gestion à l’université du Connecticut à New Haven et se dit soucieux de faire prospérer les affaires familiales dans le respect de règles éthiques partagées, «nous sommes sérieux et accordons de l’importance à notre réputation», une manière de signifier que les promoteurs immobiliers ne sont pas des vaches à lait éternelles qui doivent violer la loi pour faire fructifier leurs affaires.

Un vote unanime qui ne met pas fin aux polémiques

Depuis l’approbation du projet par le conseil de la ville la semaine dernière, la procédure pour démarrer le chantier du nouveau club équestre a repris même si quelques élus ont du mal à assumer leur vote ou que des organes de presse tels Al Ittihad al Ichtiraqui le 15 janvier dernier mettent en Une la photo de Samir Abdelmoula, et font des allusions à des liens entre le PJD et «les lobbies immobiliers» et établissent un lien avec l’ancien commissaire divisionnaire en poste à Tanger et ancien responsable de la sécurité royale Aziz Izzou.
Samir Abdelmoula, soutenu en cela par Mohamed Khiyi n’est pas loin de penser que «l’article publié par Al Ittihad al Ichtiraqui tente d’établir un lien entre le PJD et des mouvements radicaux avec les promoteurs Belbachir et Arbaïn au milieu». MM. Belbachir et M’Hamed Arbaï hommes sont réputés pour être des hommes d’affaires avisés, conservateurs et pieux.  

Pour des élus de la ville, si l’immobilier et l’implication d’autorités locales et d’élus dans un projet contesté par les écologistes locaux soulèvent des polémiques, ce sont aussi les échéances électorales locales de juin 2015 qui se préparent.

Pour le secrétaire provincial et élu du PJD Mohamed Khiyi, «ceci explique des articles de presse dans lesquels le PJD est diabolisé et le maire du PAM épargné». Interrogé à ce sujet, Fouad Elomari se montre serein : «Je pense que l’on donne trop d’importance à un dossier normal,» indique-t-il à Médias 24. Mais le maire ne veut pas s’étendre notamment sur le fait que les signataires des articles ont des liens étroits avec la mairie.

Cette fin de semaine lors d’une rencontre politique, le patron du PAM Mustapha Bakkoury a appelé «à la mise en œuvre d’une nouvelle génération de réformes des collectivités locales». Pour les 1.600 communes du pays, aucun début de réforme ne fera le moindre mal.

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Jamal Amiar
Le 21 janvier 2014 à 12h00

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