Un master d’ingénierie financière grâce à Casablanca Finance City
Casablanca Finance City Academy mise sur un master en ingénierie financière pour alimenter la place financière de Casablanca en professionnels bien formés.
Avec Casablanca Finance City (CFC), tout est histoire d’anticipation. Un principe qui ne déroge pas au récent projet mené par l’organisme casablancais qui pilote une formation dont elle est l’instigatrice: le master d’ingénierie financière enseigné en collaboration avec les deux établissements de référence au Maroc, l’Ecole Hassania des Travaux Publics (EHTP) et l’Ecole Mohammedia d’Ingénieurs (EMI).
Un préalable indispensable
En s’attelant à un programme pédagogique de cette ampleur, le CFC entend apporter une nouvelle pierre au hub financier international. Hicham Zegrary, directeur des opérations du CFC, explique que cet organisme souhaite «attirer des acteurs économiques et investisseurs de premiers plan». Or le préalable indispensable à cette mutation de la place financière est la présence de «ressources locales qualifiées, car sans ressources, l’implantation des investisseurs n’est plus possible», ajoute le spécialiste.
De ce postulat a ainsi germé l’idée de la mise en place d’un master spécialisé dès 2010. N’ayant pas vocation en à enseigner, le CFC s’est donc appuyé sur un autre domaine de compétence: l’investigation, l’analyse et la collaboration avec les professionnels du secteur. «Nous avons, en toute humilité, fait le tour des acteurs présents, avons constaté qu’il y avait un certain manque quant aux formations consistantes pour répondre aux besoins des investisseurs issus de New-York, Hong Kong ou Dubaï» avant de décider de la mise en place de ce cursus en collaboration avec les meilleurs établissements marocains, précise M. Zegrary.
«Par chance, lorsque nous avons approché l’EMI et l’EHTP, ces deux écoles développaient des embryons de formations similaires». Elles ont ainsi facilement adhéré au projet, réalisant leur première collaboration. «Deux ans de travail ont néanmoins été nécessaires pour s’accorder sur les pré-requis indispensables à l’accès au master ainsi que sur le contenu pédagogique», raconte Hicham Zegrary.
Calqué sur le programme de Columbia University
Dans l’univers de l’ingénierie financière, mathématique et précis, les rencontres et le hasard ont également voix au chapitre. En effet, au lancement du projet en 2010, «le Père Noël nous a réservé une belle surprise», s’amuse M. Zegrary, en mettant fortuitement sur leur chemin l’éminent Soulaymane Kachani, actuel vice-doyen de la Columbia University.
Selon Hicham Zegrary, le Pr Kachani dirigeait à l’époque un master d’ingénierie financière à New-York. «Nous lui avons naturellement fait part de notre projet pédagogique, ce qui l’a particulièrement intéressé» affirme notre source. Grâce au précieux soutien du Pr Kachani, le CFC, aux manettes de ce cursus, s’est inspiré du programme de l’université américaine pour en faire le socle pédagogique de son master spécialisé qui court sur seize mois pleins et dispose de 42 crédits. «Evidemment, nous avons procédé à des ajustements pour l’adapter au schéma local, tout en axant sur l’ouverture, d’où le choix de la langue notamment puisque 60% de l’enseignement est dispensé en anglais», déclare le directeur des opérations du CFC.
Une sélection drastique
Les 16 candidats qui constituent la première promotion de ce master d’ingénierie financière ont commencé leur formation en septembre 2013. Ils sont majoritairement diplômés d’écoles d’ingénierie avec une dominante en mathématiques ou d’écoles de commerce et mènent, pour moitié d’entre eux, de front leur vie professionnelle et leur cursus au sein de ces établissements.
Si cette première cuvée ne craint pas l’absence de débouchés professionnels et se voit préservée du chômage, M. Zegrary assure qu’il en sera de même pour les promotions futures. «Le marché est à venir et ce master à toute sa place au Maroc» s’enthousiasme-t-il.
Les prochaines sessions de ce master n’accueilleront que peu de candidats, à l’image de cette première édition. Les raisons avancées sont simples: le marché marocain ne pourra absorber un trop grand nombre de diplômés, souligne sans ambages M. Zegrary avant d’expliquer par ailleurs que le contenu pédagogique «est très complexe».
Aussi, la sélection opérée a l’entrée de ce master s’avère drastique, réalisée sur la base d’une étude de dossier, d’un examen à l’écrit et à l’oral, face à un jury de spécialistes. Une exigence quant aux profils des candidats qui s’appliquent également aux choix du corps professoral. «Il y va de notre crédibilité de faire appel aux meilleurs», insiste Hicham Zegrary. Les enseignants majoritairement marocains, «d’ici et d’ailleurs», «ont globalement effectué leurs études à l’étranger et sont eux-mêmes des professionnels du domaine. Les cours qu’ils proposent ont donc une portée très concrète.» Ceux-ci sont complétés par les formations fournies par les enseignants étrangers, pontes d’instituts de renommée internationale à l’instar du King’s College London, la London School of Economics ou encore la Columbia University.
Pour intégrer ce master qui vise l’excellence, il est préférable de bénéficier d’un diplôme en ingénierie, en finance, en management ou économie acquis auprès de grandes écoles de commerce ou ingénierie, avec des connaissances précises en matière d’algèbre linéaire, analyse, probabilités, statistiques et idéalement en équations différentielles. Hormis ces pré-requis pédagogiques, il faudra également compter pas moins de 140.000 DH pour honorer les frais d’inscription qui ouvriront les portes aux futurs candidats, à condition d’avoir postulé avant la date butoir du 1er juin 2014. Des possibilités de bourses sont cependant envisagées pour les étudiants les plus méritants et davantage d’informations sont disponibles sur le site de Casablanca Finance City Academy, cfcacademy.ma.
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