HCP: en 2014, consommation intérieure en baisse, exportations en hausse
Le Haut-commissaire au Plan du Maroc a livré son bilan économique de l’année passée et ses prévisions pour 2014. L’inflation ne devrait pas bouger en dépit du démantèlement partiel de la compensation.
2013 aura été un annus horribilis pour les secteurs non-agricoles, selon Ahmed Lahlimi, le Haut-commissaire au Plan. Dans une conférence tenue ce mercredi 22 janvier à Casablanca, le statisticien en chef du royaume est revenu sur les grands indicateurs de l'économie marocaine.
Ainsi, on aura fini l'année avec un taux de croissance du PIB de 4,4%. Principal contributeur à cette croissance, la consommation des ménages qui a crû de 3,6% en 2013 par rapport à l'année d'avant.
En revanche, la demande provenant des administrations, elle, a connu un ralentissement de son évolution. Cela fait que globalement, la consommation finale globale, même si elle a augmenté de 3,9%, reste en deça des taux de croissances qu'elle a connus ces cinq dernières années.
De son côté, la demande extérieure a légèrement augmenté. A en croire M. Lahlimi, les exportations marocaines ont évolué positivement non seulement en volume, mais également en qualité (sous-traitance automobile, aéronautique, etc.). Quant aux importations, elles ont baissé de plus d'un point à cause de l'essoufflement de la demande intérieure marocaine.
2014, année de la reprise ?
Selon le Haut-commissaire au Plan, en 2014, la demande intérieure continuera de se dégrader du fait des politiques de coupes budgétaires ainsi que du démantèlement de certains mécanismes de subvention.
La demande extérieure, elle, boostera nos exportations grâce à la conjoncture internationale qui reprendra des couleurs, selon les estimations du HCP.
Ce dernier, qui prévoit que l'inflation restera maîtrisée à 1,9% malgré la suppression de certaines subventions, s'attend à une légère amélioration du déficit budgétaire, suite à la baisse que connaîtra la dette du Trésor. Ainsi, le besoin en dette extérieure pour l'année 2014 est estimé à 47% du besoin de financement global.
Ahmed Lahlimi a terminé sa conférence par un clin d'oeil inhabituel aux politiques.
Pour lui, en même temps qu'on mène une politique de libre-échange et d'ouverture à l'international, la politique économique est toujours restée conservatrice, n'ayant pas pris en considération les éléments du long terme, surtout quand les ressources de financement de l'économie marocaine étaient excédentaires. “L'ouverture n'a pas été, lors des conditions favorables, optimisée” a-t-il expliqué.
Pour Lahlimi, on a conféré un rôle à la politique budgétaire pour couvrir l'inflation à travers les subventions de compensation. Aussi, on a conféré à la politique monétaire le rôle de gestion de l'excédent budgétaire à travers la gestion de la liquidité. L'objectif étant de maîtriser l'inflation. “Cette gestion a été justifiée par la stabilité du cadre macroéconomique. Sauf que la stabilité s'est faite au détriment de l'accès au crédit, et donc on a lésé les entreprises, principales créatrices de valeur”a-t-il conclu.
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