La fermeture des sites de parapente d’Al Haouz plonge la région dans la précarité
La fermeture des sites marocains de parapente d’Aguergour, Toufliht, Ait Ourir et Ait Barka, est un véritable coup dur pour la population locale, particulièrement pauvre, qui vit essentiellement grâce à cette forme de tourisme.
Face au manque de visibilité, parapentistes et population locale s’activent.
A 40 km au Sud Ouest de Marrakech, se trouve Aguergour, un petit village peu connu des néophytes, mais incontournable pour les pratiquants du monde entier. Le parapente, c’est cet aéronef dérivé du parachute et permettant la pratique du vol libre. Cette activité de loisir en plein essor attire de plus en plus d’adeptes. On compte d’ailleurs, rien qu’en Europe, plus de 100.000 pratiquants. C’est dire !

Chaque année, des dizaines de milliers de passionnés s’y rendent et s’en donnent à cœur joie à la pratique du parapente, fuyant par la même le froid et l’aérologie peu propice à sa pratique dans leurs pays respectifs. Du reste, cette forme de tourisme, véritable vecteur d'attractivité touristique comme l’a affirmé Lahcen Haddad en personne, représente le pilier de l’économie locale. En quelques années, des hôtels ont poussé, des cafés ont vu le jour et même une école de parapente a été fondée par un couple passionné.

Dans cette optique, des initiatives ont été prises pour encourager cette forme de tourisme, la plus notable étant le 1er Festival de vol libre d'Aguergour qui a eu lieu du 7 au 10 novembre 2013.

Les touristes ont déserté les lieux
Seulement voilà, au lendemain de cette manifestation, un accident a eu lieu à Aguergour et le gouverneur a procédé à la fermeture de ce site et à l’interdiction de toute activité sportive jusqu’à nouvel ordre. C'est d'autant plus étonnant que la province d’El Haouz avait participé à l’organisation de ce festival afin de promouvoir le tourisme sportif dans la région.
«Depuis cette fermeture, le tourisme est mort, nous n’avons plus quoi manger», regrette le propriétaire d’un gîte qui s’est vu contraint de fermer son établissement. «Cela fait 20 ans que les mêmes touristes se rendent ici (…), et ils viennent du monde entier. Chaque année, durant la saison d’automne et d’hiver, les 4 sites accueillent des milliers de touristes. D'ailleurs, le tourisme était garanti dans cette région, il n’y avait pas besoin de faire de publicité», poursuit-il. Mais depuis la fermeture, les touristes ont déserté les lieux et les 7 gîtes que compte la région ont mis la clé sous la porte.
Face à cette situation, la population locale a adressé une lettre au gouverneur pour l’interpeller sur la gravité de la situation, en vain, nous assurent nos sources.
Internet, dernier recours
Depuis quelques semaines, les parapentistes et la population locale s’activent pour demander la réouverture des 4 sites via des pétitions qu’ils ont lancées sur internet. Sur les forums spécialisés, les amateurs de ce loisir dénoncent cette interdiction.
Cette pétition, lancée par le club local de Parapente, compte déjà 1.390 signatures et des centaines de commentaires, ce mardi 18 février.
«Que dire, c’est un très beau site, agréable et sécurisant, deux séjours et de très beaux vols...d'excellents souvenirs et de belles images. J'ai trouvé la structure bien rodée et organisée, je ne vois pas où est le problème. S’il fallait interdire des activités sportives à chaque fois qu'il se produit un accident, il ne resterait que la marche à pieds, et encore», commente un signataire.
«Je souhaite à toutes les personnes qui vivent du parapentourisme à Aguergour beaucoup de courage pour faire face à la bêtise bureaucratique qui les plonge dans la panade», regrette un autre.
Vidéo postée le 27 janvier 2014 sur Youtube:
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