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ECONOMIE

A Casablanca, les élus de plus en plus marginalisés de la gestion de la ville

La création de nouvelles sociétés de gestion (nettoiement, culture, patrimoine), est annoncée. Les élus, non performants, sont de plus en plus marginalisés. Jeudi 27 férvier, se tient une session ordinaire dans une ambiance pas ordinaire.

A Casablanca, les élus de plus en plus marginalisés de la gestion de la ville
Bilal Mousjid
Le 26 février 2014 à 17h34 | Modifié 26 février 2014 à 17h34

Le Conseil de la ville tient jeudi 27 février une session ordinaire qui refera un point sur la gestion problématique et épineuse de la ville.

Dans une longue interview, accordée au quotidien Sahifat an-nass, Ahmed Brija, vice-président du maire de Casablanca et président de l'arrondissement de Sidi Moumen à Casablanca, revient sur l’épineux dossier de Casablanca. Il annonce la création de sociétés dont la mission est de surveiller le nettoiement, la protection du patrimoine et la gestion des lieux culturels et sportifs de la ville.

Juste avant la session ordinaire du Conseil de la ville qui aura lieu jeudi, l’élu pamiste revient la gestion de la ville, ses couacs et l’état de son bilan. On apprend, d’entrée de jeu, que des sociétés de développement local seront créées ce jeudi.

Il s’agit de Casa Contrôle, qui se chargera de surveiller les opérations de nettoiement, Casa Animation, appelée à prendre en charge la gestion des sites culturels de la ville, et Casa Patrimoine, qui aura pour mission de veiller à la préservation du patrimoine de la ville.

Une décision qui a été discutée, lundi à Casablanca, lors d’une réunion organisé par le think thank récemment créé, dirigé par Khalid Safir. «Nous avons réalisé qu’il est nécessaire de déléguer toutes les missions importantes liée à la gestion de la ville à des sociétés composées d’élus», explique à Médias 24 Ahmed Brija. Sociétés qui s’ajouteront à celles qui existent déjà, comme Casa Dev ou Casa Aménagement.

Contacté par nos soins, Abdelghani Marahani, président de la commision du nettoiement, réfute totalement l’argument avancé par le vice-président de la Ville. «C’est le cahier des charges de la société ayant obtenu le marché qui impose la création de la société. Mais nous, en tant qu’élus, nous n’avons jamais été consultés», s’indigne-t-il.

Pour lui, il n’est pas nécessaire de procéder à la création de sociétés pour des missions qui incombent aux élus. «Nous avons des milliers de fonctionnaires et d’élus qui sont payés pour faire ce travail. C’est totalement insensé. Puis les sociétés appartiendront, selon le projet, à 51 %, au secteur privé. Dire que ce sont les élus qui en prendront les commandes est tout à fait faux», ajoute-t-il.

Pour ce qui est de l’état financier de la ville, Brija déclare que celle-ci a enregistré un excédent de 30 millions de DH et que, contrairement à une rumeur largement relayée, Casablanca ne souffre d’aucun déficit. «La ville n’avait jamais réalisé un résultat aussi important depuis 1986. Rares d’ailleurs sont les villes qui ont déjà atteint un excédent pareil», précise-t-il. Excédent qui servira, selon lui, à renflouer le budget alloué au plan d’urgence. D’où le reste proviendra-t-il ? «Nous chercherons l’argent nécessaire à travers des partenariats de financements», se contente-t-il de dire.

Ahmed Brija se réjouit d’une année qui s’annonce d’ores et déjà prometteuse. Ceux qui ont, jusque-là, profité d’un certain laxisme des autorités, et à en croire le vice-président, se verront retirer leurs avantages. Les prix dérisoires auxquels sont loués certains locaux ne seront plus qu’un amer souvenir de l’ancien système de gouvernance.

«Il est anormal qu’un bien public appartenant à la commune soit loué à un prix dérisoire. Cela pourrait rapporter à la ville énormément d’argent», lâche-t-il. Il luttera même contre vents et marées pour que cesse ce laisser-aller. «Nous n’avons rien contre les investisseurs, poursuit-il, mais il y a des limites. La ville a perdu des sommes importantes, qui appartiennent au peuple et aux Casablancais. La ville a beaucoup de contraintes financières.»

Répondant à une question du journaliste, qui lui demandait son avis sur une éventuelle suppression des arrondissements, Ahmed Brija estime que «nous nous sommes acclimatés à ce système et qu’il serait plutôt judicieux de réduire leur nombre à 8, au lieu de 16.»

Pour les conseillers et les élus qui nous «coûtent excessivement cher» sans résultat probant, il propose de revoir à la baisse leur budget. «Ceux qui font leur travail correctement devraient, en revanche, bénéficier de plus d’argent. L’arrondissement de Sidi Moumen, par exemple, ne bénéficie que d’une bourse de 600 millions de DH pour 700 mille habitants», analyse l’élu du PAM.

C’est que, pour le président de l’arrondissement de Sidi Moumen, la gestion de Casablanca est une affaire nationale. Une affaire que son parti, le PAM, est en mesure de relever. «Le PAM est capable de diriger Casablanca. Pas seul, bien entendu,  mais avec nos alliés politiques.»


 

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Bilal Mousjid
Le 26 février 2014 à 17h34

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