Le Maroc veut convaincre les Américains que le royaume est le meilleur hub pour l’Afrique
A l’occasion de la conférence d’affaires Maroc-Etats-Unis actuellement à Rabat, le royaume a avancé ses arguments pour attirer davantage d’investissements américains et convaincre que le Maroc est la meilleure base pour se développer sur le continent.
La 2ème édition de la « Morocco-US Business Development Conference » s’est tenue, le 10 mars 2014, à Rabat, organisée conjointement par le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération et la CGEM, en étroite coopération avec le Département d’Etat Américain et la Chambre de Commerce Américaine.
Parmi les thèmes de réflexion évoqués dans cette conférence, le partenariat entre les Etats-Unis et le Maroc pour l’investissement et le commerce en Afrique fait échos à la récente tournée du Roi Mohammed VI en Afrique de l’Ouest.
Le potentiel d’affaire offert par les marchés africains pour le Maroc
Selon les experts du FMI, l’Afrique sera le prochain continent de la croissance. En 2013, parmi les 30 pays qui ont la plus forte croissance, 16 sont africains. Parallèlement, les besoins de ce continent sont énormes. Le FMI estime ainsi que 540 milliards de dollars devraient être consacrés à l’investissement dans les infrastructures en Afrique d’ici 2020.
Les retours sur investissement pour les premiers investisseurs sont donc très prometteurs et le Maroc est le second pays africain à investir en Afrique. L’ambition du Maroc est de devenir une plateforme d’entrée pour les investissements en Afrique.
Le Maroc dispose d’atouts certains pour conquérir les marchés africains. Les liens entre le Maroc et l’Afrique ne sont pas qu’économiques, ils sont également culturels et spirituels. Le rapprochement avec les pays africains est porté par une véritable volonté politique, illustrée par la récente visite royale en Afrique de l’Ouest.
Les 10 raisons pour lesquelles le Maroc est attractif pour les Etats-Unis
Selon les experts marocains réunis dans cette conférence, le Maroc dispose de 10 atouts pour un partenariat gagnant-gagnant avec les Etats-Unis :
-La stabilité politique ;
-Un environnement macroéconomique stable, et notamment une monnaie stable défendue par une politique de change fixe ;
-Une économie diversifiée et orientée vers les services, dans laquelle aucun secteur industriel ne représente plus de 15% du PIB :
-Une offre importante de main d’œuvre qualifiée : ce point a cependant été identifié à plusieurs reprises comme une faiblesse majeure de l’économie marocaine et une des priorités d’interventions ;
-L’ouverture et l’accueil des investisseurs étrangers ;
-Des accords de libre-échange signés avec 45 pays à travers le monde ;
-Des infrastructures aux standards internationaux, que ce soit dans les moyens de transports, l’énergie, etc. A ce titre, le Port de Tanger Med a été construit dans le but d’en faire un hub de transbordement ayant une forte connectivité. Il dessert régulièrement 143 ports dans 62 pays sur les 5 continents. La distance avec les ports américains est comprise entre 9 et 32 jours selon les ports desservis et la distance avec la Chine est de 25 jours, selon les propos de Najlaa Diouri, Directeur Général de Tanger Med Port Authority ;
-Une industrie financière sophistiquée, Casablanca étant une des principales bourses du continent africain ;
-Une présence forte des entreprises marocaines en Afrique, qui peut être mise au service du partenariat avec les Etats-Unis ;
-Les services offerts par Casablanca Finance City (CFC),pour 3 catégories d’entreprises : les entreprises financières, les prestataires de services professionnels et les sièges régionaux et internationaux de multinationales. L’objectif est de positionner Casablanca comme hub économique et financier pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre, sachant que le Maroc remplit les 4 conditions nécessaires pour être un Hub, à savoir la stabilité, les infrastructures, la réglementation et la connectivité. Le Directeur Général de CFC, Said Ibrahimi, s’est dit très « engagé à renforcer la coopération entre les Etats-Unis et le Maroc, à travers les services offerts par CFC ». A ce jour, plus d’une trentaine d’entreprises marocaines et internationales ont le statut CFC dont la dernière en date est la Coface Services Maghreb, filiale du Groupe Coface, qui a été labellisée au début du mois de mars.
Les formes que pourrait prendre ce partenariat
Les Etats-Unis peuvent nouer des partenariats avec le Maroc pour investir et commercer en Afrique sous plusieurs formes :
-L’installation de sièges régionaux au Maroc, notamment via les facilités permises par CFC, comme a déjà choisi de le faire IBM ;
-L’installation de bases logistiques au Maroc, comme c’est déjà le cas de FedEx ;
-La localisation d’un site de production, sachant que le Maroc a des accords de libre-échange avec 45 pays ;
-La localisation d’opérations offshore à destination de l’Afrique ou d’autres régions.
Les échanges entre le Maroc et les Etats-Unis se poursuivent le 11 mars par des rencontres d’affaires bilatérales entre les opérateurs économiques marocains et américains au siège de la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Rabat.
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