Des trésors archéologiques laissés à l'abandon dans le sud marocain
Une partie du patrimoine historique du Maroc est en danger. De Guelmim à Smara, ce sont près de 400 sites archéologiques qui sont menacés. Des associations locales militent depuis plusieurs années pour la préservation de ces espaces.
Laissés à l’abandon, pillés, saccagés, les vestiges renfermant une partie de l’histoire du Maroc sont dans un état avancé de décomposition. Pourtant, le peu de fouilles réalisées autour de la ville de Guelmim montrent le riche potentiel que renferme cette zone. Médias 24 a rencontré Omar Najih, président de l’association Tagaoust, il nous a fait part des découvertes archéologiques réalisées dans la région.
Les fouilles menées en 2012 ont permis de lever le mystère sur une partie du passé médiéval de la région. Combinées aux récits de Elouazzani (Léon l’Africain) qui a séjourné durant 12 jours dans la ville de Tagaoust, elles permettent de reconstituer le décor d’il y a 8 siècles : incontestablement, le matériel archéologique découvert lors de la première phase de recherche programmée lors d’une mission de la direction du patrimoine culturel en mars 2012, prouve que la ville médiévale de Tagaoust était l’une des plus importantes zones de commerce caravanier transsaharien. Les fouilles ont permis d’identifier plusieurs structures urbaines.
Concrètement, les sondages topographiques réalisés ont permis de découvrir quatre phases successives d’occupation. Les datations au carbone 14 ont permis de déterminer une chronologie allant du XIIème au XVIème siècle. Un autre sondage a permis de reconstituer la muraille qui entourait l’agglomération médiévale telle que citée par Léon l’Africain dans ses descriptions. Une distance de 800 mètres sépare les deux sites sondés, ce qui prouve l’importance de Tagaoust en tant que capitale commerciale du Souss extrême (Souss al aqsa).
Les écrits de Léon l’Africain confortent ces thèses. En effet, à la fin du XVIème siècle, l’explorateur andalou a dénombré quelque 3.000 foyers, qui correspondraient à une population totale de 30.000 habitants selon les estimations.
Selon Omar Najih, plusieurs facteurs ont contribué à la préservation des sites « comme l’enfouissement des décombres sous l’effet de la désertification. Les tribus qui ont vécu sur les lieux croyaient que les maisons abandonnées étaient hantées et n’osaient ni les habiter, ni les détruire. »
Pourtant, il est bien loin le temps où les mythes contribuaient à la préservation du patrimoine historique de la région. Actuellement, plusieurs sites renfermant des trésors archéologiques datant de la préhistoire (gravures, peintures rupestres et ossements d’origine humaine ou animale) sont recensés entre Assa Zag et Smara. Ces zones ne sont ni surveillées ni préservées.
« Plusieurs camions viennent se munir de pierres pour les constructions, ignorant que parmi ces pierres déplacées, certaines datent de la préhistoire » s’indigne le militant Omar Najih avant de poursuivre : « Nous avons fait appel au ministère de l’Intérieur pour faire en sorte d’organiser des rondes régulières afin de dissuader les contrevenants. » Mais rien n’a changé depuis.
Actuellement, la deuxième phase des fouilles archéologiques a permis de découvrir des maisons, des forteresses et des tours enfouies sous la terre sablonneuse aux alentours de la ville de Tagaoust. Les pièces collectées ont été envoyées pour étude au cours de la deuxième quinzaine du mois de mars 2014 à un laboratoire de recherches archéologiques situé en Floride. Les résultats seront connus dans les prochaines semaines.
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