Barbus, abandonnez vos poils, vous serez plus séduisants
Ce n’est pas moi qui le dis, mais des scientifiques australiens, auteurs d’une recherche sérieuse sur la relation entre la pilosité faciale et l’attirance qu’exerce la personne. Etudiée sous l’angle évolutionniste, la barbe très tendance depuis ces dernières années, semble désormais en déclin.
Le sujet a beau être poilant, l’étude n’en reste pas moins particulièrement sérieuse. Face à une recrudescence massive de mentons pileux à travers le globe, une équipe de chercheurs australiens a jugé nécessaire de se pencher sur ce phénomène «trendy».
Vous l’aurez saisi, il sera ici question de la barbe, pas de moustache, ni de bouc, mais d’une bonne barbe épaisse, de sa cadette de trois jours, tondue, taillée ou de crins à la Robinson Crusoë...
Néanmoins, entendons-nous bien: cette toison-ci est cool, tendance, «hipster style» et dit, en quelques centimètres seulement, à quel point vous êtes sensibles à l’air du temps. Nous n’évoquerons pas la structure idéologico-pileuse - option garde-manger du repas de la veille – pas franchement esthétique que certains croyants arborent de manière particulièrement ostentatoire.
La barbe fashion a donc reconquis des millions de visages sur les cinq continents. Et c’est probablement bien là que le bât blesse…
Selon les chercheurs de l’Université de Nouvelle Galles du Sud, en Australie, cette récente coquetterie masculine est parvenue à «son point culminant». Considérée comme symbole du bon goût (du moment), cette pilosité faciale est désormais en train de basculer du «côté obscur» de la mode et perd progressivement de son intérêt.
Les chercheurs révèlent en effet dans l’étude publiée dans le Royal Society Journal Biology Letters, que plus cette barbe est répandue, moins elle devient attirante. Ils indiquent par ailleurs qu’elle poursuit une logique darwinienne classique. En d’autres termes, lorsque le «Peak beard» (le pic de barbe) est atteint, la balance tendrait à pencher en faveur des visages glabres.
Pour étayer leur hypothèse, les chercheurs récoltent des données auprès de 1.666 personnes (1.453 femmes et 213 hommes) qu’ils soumettent à des séries de clichés représentant des hommes barbus et leurs congénères à la peau de nouveau-nés.
Les conclusions sont sans appel! Dans tous les cas étudiés, la préférence des bénévoles qui se sont prêtés à l’étude était dirigée vers les visages dégarnis (du menton, j’entends!), estimés plus séduisants. Les chercheurs considèrent ainsi que le principe de rareté mène la danse. Lorsque la tyrannie de la mode pèse, celui qui tirera son épingle du jeu, remportera indiscutablement le gros lot…
Robert Brooks – imberbe aux dernières nouvelles – est l’un des principaux auteurs de la recherche. Il déclare dans les colonnes du Guardian Australia«ne pas savoir quelle était la fonction primaire de la barbe». «Certaines femmes la trouvent attirante, d’autres non. Mais c’est à l’évidence un signe de masculinité, procurant un air plus mature, voire agressif». Un aspect qui semble convaincre dans tous les milieux, de la finance, au cinéma en passant par le sport.
Le professeur Brooks souligne par ailleurs que cette barbe serait elle-même victime d’un cycle de tendance. Elle reviendrait touffue et ébouriffante «environs tous les trente ans», précise-t-il. Une bonne nouvelle pour les plus jeunes d’entres vous, qui ont raté le coche cette fois-ci…
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