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L’incroyable galère de l’ENCG de Casa

L’ENCG de Casa n’a toujours pas son propre bâtiment. En attendant la livraison de ce dernier, ils sont quelque 2.000 étudiants marocains à squatter un petit espace que la Faculté d'Aïn Sebaâ met à leur disposition. Depuis 2007…  

L’incroyable galère de l’ENCG de Casa
Hamza Mekouar
Le 18 avril 2014 à 12h12 | Modifié 18 avril 2014 à 12h12

Pour lancer un nouvel établissement scolaire, il faut d’abord construire un bâtiment, ensuite lancer les inscriptions pour accueillir les élèves. Cela parait tout à fait logique, sauf pour les initiateurs de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Casa.

Quand cette école a été lancée en 2007, ils étaient une quarantaine d’étudiants seulement. D’une année à l’autre, le nombre a été multiplié par 50, pour la même superficie.

Comme le veut le nouveau système instauré par le ministère de l’Enseignement supérieur, le cursus est de 5 ans. Pour chaque année, il y a 4 groupes. Pour les 1e, 2e et 3e années, chaque groupe accueille entre 80 et 130 étudiants, contre 3 fois moins pour les autres ENCG du Maroc, c'est-à-dire à Agadir, Marrakech, Tanger, Settat, Kenitra, El Jadida, Oujda et Fès.  

«Nous sommes 120 étudiants en classe, les deux premières rangées ne disposent pas de tables. Pour les autres, c’est une table pour 3, alors qu’il s’agit à l’origine de tables individuelles. C’est pénible, d’autant plus que beaucoup de classes ne disposent pas de micro», témoigne un étudiant.  Pour étudier à l’ENCG de Casa, il vaut mieux avoir la taille d’un jockey et l’ouïe d’un félin.

 La capacité d’accueil de la cafétéria est d’une douzaine d’étudiants. L’hygiène y est douteuse. Les étudiants sont obligés de chercher à manger à l’extérieur, une sacrée galère pour ceux qui ne sont pas motorisés. «Un jour, la direction m’a dit que tant qu’il n’y a jamais eu d’intoxication, tout va bien», ironise un autre étudiant.

Plus frappant, l’ENCG de Casa ne dispose pas de bibliothèque, peu reluisant pour une école qui se veut formatrice de l’élite de demain (pour les bacheliers scientifiques, il faut avoir en 15 et 17 de moyenne pour y accéder)! Par contre, elle dispose de salles d’informatique. C’est très bien, sauf que ces salles font plutôt office d’ateliers de langues. Bonjour le bricolage. 

Faut-il préciser que selon les témoignages d’étudiants sur place, la plupart des ordis ne fonctionnent pas ?

«Au moment de m’inscrire en 2011, la direction annonçait que le nouveau bâtiment sera prêt à la rentrée 2012, ça a été reporté à 2013 puis à 2014», témoigne un étudiant.

A quelques mètres d’ici, toujours au sein de la faculté de Aïn Sebaâ, le futur bâtiment est toujours en chantier. Entre les deux, un mur de séparation à l’apparence austère a été installé par la direction de l’école.  

Canalisations oubliées

Pour expliquer ce retard, une source interne affirme que les installations d'assainissement ont été oubliées par la société de gros œuvre.

«Il faut refaire des trous dans les fondations même, c’est une opération délicate ». Médias 24 a contacté le bureau de contrôle, l’entreprise de gros œuvre et le ministère de l’Enseignement supérieur, mais nos demandes sont restées sans réponse. «Personne ne souhaite porter le chapeau, mais après tout, ce n’est que l’argent du contribuable», ironise une source proche du dossier.

Difficile à vivre

 S’il est vrai que la situation actuelle est plus que contraignante pour les étudiants de l’ENCG, elle l’est tout autant pour ceux de la faculté de Aïn Sebaâ, voire pour les bacheliers du quartier.

Chaque année, ils sont en effet de plus en plus nombreux à vouloir s’inscrire à la faculté de Aïn Sebaâ. Or, la demande dépasse largement la capacité d’accueil de la fac qui se voit dans l’obligation de ne pas répondre à toutes les demandes.

En plus du fait de se voir privée de l’espace qu’elle met à la disposition de l’ENCG, la fac, qui a un taux d’occupation de 200%, ne peut plus envisager d’entamer des travaux d’extension pour agrandir sa capacité d’accueil, comme il était prévu à sa création, puisque le seul terrain disponible au sein de cet établissement a été accordé à l’ENCG. Conséquence, beaucoup de bacheliers des quartiers avoisinants seront obligés de s’inscrire à la fac de Mohammedia.

Jusqu'à la saturation de la fac de Mohammedia, faute d’anticipation

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Hamza Mekouar
Le 18 avril 2014 à 12h12

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