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ECONOMIE

Trouver du pétrole mode d’emploi: de l’argent, de la technologie et … de la chance

Désormais, les forages se multiplient au Maroc. Hormis des perspectives  financières, les pétroliers étrangers mettent en avant un terrain géologique favorable sous-exploité et un code des hydrocarbures des plus attractifs.Et espèrent avoir de la chance…

Trouver du pétrole mode d’emploi: de l’argent, de la technologie et … de la chance
Samir El Ouardighi
Le 8 mai 2014 à 18h26 | Modifié 8 mai 2014 à 18h26

Le 1er sommet du gaz et du pétrole de Marrakech ferme ses portes jeudi 8 mai sur l’intervention des investisseurs étrangers qui nous ont éclairés sur leurs motivations et leur intérêt pour le potentiel énergétique marocain.

Rick Eisenberg patron de la région Afrique pour la compagnie Chevron nous assure qu’il aura fallu attendre quatre années de puits secs à répétition pour que sa compagnie découvre l’énorme gisement pétrolier dans le bassin de Dammam en Arabie Saoudite. Il rappelle aussi que la découverte offshore du champ pétrolifère norvégien d'Ekofisk en mer du Nord a nécessité le forage par Chevron de presque 200 puits.

Au regard de seulement 313 puits forés par le Maroc depuis son indépendance pour près de 900.000 kilomètres carrés de bassins sédimentaires potentiellement exploitables, le terrain géologique est en plein défrichement.  

Paradoxalement, la sous-exploration du sous-sol marocain offre des chances à force de persévérance, de gros investissements et de prise de risques et la conclusion qui s’impose pour notre interlocuteur est que tout reste à faire.

Chevron qui fait partie du cartel des 7 sœurs compte multiplier les forages offshores au large d’Agadir à une profondeur comprise entre 150 et 4500 mètres. Grâce à de gros investissements sur les nouvelles techniques d’exploration 2D et 3D, Chevron se donne 2 ans et demi pour recueillir des données sismiques avant de prendre sa décision de rester ou pas au Maroc même si Rick Eisenberg assure qu’en matière d’exploration pétrolière, les dead-line ne sont pas de mise.

Notre interlocuteur se dit cependant confiant et affirme que si la première condition d’installation d’une compagnie étrangère est la nécessité d’un terrain géologique favorable, l’optimisme est primordial car la géologie n’est pas une science exacte à 100%.

Plus surprenant de la part de nos interlocuteurs sollicités, qui sont pourtant des scientifiques, ils nous font part de leur conviction que la chance est aussi un facteur qui peut s’avérer déterminant dans une découverte économique majeure. 

Ainsi, l’exemple de la découverte du plus gros gisement de pétrole algérien de Hassi Messaoud est désormais un cas d’école. En 1958, la France qui explorait le sous-sol de sa colonie algérienne décide un vendredi après-midi d’ordonner à ses géologues basés dans le bassin de Birkine d’abandonner les recherches en cours. L’équipe sur place décide d’outrepasser les instructions de Paris et de continuer l’exploration et le même week-end, le plus gros gisement de pétrole de tout le continent africain est découvert.

La recherche des ressources de pétrole et de gaz n’est pas aisée car elle nécessite de multiples paramètres et contraintes qui sont la patience et les investissements coûteux. C’est pourquoi, le Maroc hormis un terrain géologique favorable a aussi mis l’accent sur un code des hydrocarbures séduisant.

Pour Gérald Lane directeur financier de Kosmos Energy, le climat social et politique stable, les excellentes infrastructures, les bassins prometteurs sous-explorés, et les conditions législatives et fiscales extrêmement favorables «font du Maroc une des régions les plus attractives au monde en matière d’investissements liés à l’exploration pétrolière».

En effet l’ensemble des investisseurs sollicités nous affirment avoir été attirés au Maroc grâce aux mesures incitatives contenues dans ce code taillé sur mesure.

Rappelons qu’il octroie 75% de parts aux compagnies étrangères titulaires d’une licence d’exploitation contre 25% pour l’Etat marocain à travers l’Onhym. Les investisseurs sont exonérés totalement de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 10 ans à compter de la concession d’exploitation. Tous les matériaux, équipements sont exemptés des droits de douane et les bénéfices ultérieurement réalisés sont transférables en totalité et sans limitation vers l’étranger.

D’après Mme Benkhadra, DG de l’ONHYM, ce code des investissements couplé à une seule petite découverte pétrolière pourrait à terme provoquer un accroissement et même un rush de nouveaux investisseurs au Maroc.

Le Maroc dispose de bassins sédimentaires qui lui offrent des domaines d'exploration qui se rapprochent de pays africains comme le Mozambique, la Tanzanie et la Guinée Equatoriale qui ont enregistré récemment des découvertes majeures et une ruée des investisseurs vers leur pays.

Il apparaît qu’au regard de son sous-sol sous-exploré, le Maroc réserve certainement des surprises compte tenu du fait qu’il n’a connu en 2013 que 4 forages. En 2014, les compagnies étrangères intensifient leurs efforts de recherche en prévoyant une campagne de forage de 30 puits qui certes reste insuffisante mais qui est en progression de plus de 700% par rapport à l’année précédente...
Au regard de l’expérience internationale, il apparaît clairement que le Maroc jusqu’à présent, n’a pas eu de chance. Mais peut être a-t-il eu beaucoup de chance en réalité, celle de ne rien découvrir et d’être obligé de travailler, de compter sur lui-même. Le pétrole, comme disait quelqu’un, est une école de paresse. Le pétrole sera utile lorsqu’il adviendra… En attendant, nous aurons (un peu) appris à travailler.

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Samir El Ouardighi
Le 8 mai 2014 à 18h26

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