img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Business et développement durable : Tanger Métropole accueille le Grand Paris

La prise en compte de la durabilité et la problématique des transports urbains se posent avec acuité à Tanger, qui nourrit actuellement un vaste plan de développement de son agglomération. Les Parisiens sont venus présenter leurs solutions aux Tangérois.  

Business et développement durable : Tanger Métropole accueille le Grand Paris
Jamal Amiar
Le 9 juin 2014 à 12h37 | Modifié 9 juin 2014 à 12h37

Une importante délégation d’élus parisiens et d’entreprises françaises a participé samedi 7 juin à un colloque sur « les projets de métropole durable ». Transports, logements, environnement et emploi étaient au menu du colloque organisé par la ville de Tanger et  le conseil régional de l‘Ile-de-France, les filiales de la SNCF (Société nationale des chemins de fer français) le bureau d’étude AREP et le gestionnaire de systèmes de transport Kéolis, et la filiale marocaine du groupe Alstom, important fournisseur de l’ONCF.

« Si on construit pour le XXIème siècle, il faut intégrer la durabilité ». Cette phrase prononcée par l’élu régional socialiste d’Ile-de-France François Kalfon résume les exigences et les défis qu’affrontent les métropoles urbaines aujourd’hui, dont Tanger qui s’est lancée depuis septembre 2013 dans un vaste plan d’investissement de 7,7 MMDH courant jusqu’en 2017. Ce plan, Tanger-Métropole, complète les investissements de TMSA (port Tanger-Med et Tanger Automotive City notamment), le chantier de la ville nouvelle de Chrafate et le réaménagement du port de Tanger-Ville.

En ouverture du colloque le maire de Tanger Fouad Elomari a présenté les défis du Grand Tanger en termes de transports publics, insistant sur les inégalités territoriales et le nécessaire positionnement compétitif de Tanger sur l’échiquier économique international.

Sur les transports, François Kalfon a présenté les choix de Paris et sa région avec les réseaux de métro et d’autobus, le Vélib et Autolib, le tramway et les trains régionaux. Selon Kalfon, « la conception de l’économie de la ville doit se faire en même temps que celle de son système de transport » afin de ne pas tomber dans les problèmes de congestion qui affectent de nombreuses métropoles.

A Tanger aujourd’hui, outre le système de transport public par autobus, les transports publics sont composés d’une flotte de 3.200 petits et grands taxis et d’une flotte de 2.200 minibus privés affectés au transport du personnel entre les zones industrielles et les quartiers résidentiels du centre et de la périphérie de la ville. Cette situation commence à provoquer de sérieux soucis de fluidité du trafic et de pollution.  Aucune information ne filtre pour l’instant sur d’éventuels projets de métro ou de tramway.

La réflexion sur l’importance des réseaux de transports s’est poursuivie sur le volet du financement avec le constat que « le succès dépend d’un financement des infrastructures par la sécurisation de fiscalités et/ou de financements spécifiques ».

Avec la présence de deux zones industrielles importantes au sud de Tanger, la Tanger Free Zone (TFZ) et la ZI de Gzénaya, celle de Moghogha à l’est de la ville et l’entrée en service programmée du TGV Tanger-Casablanca en 2016, le besoin d’une planification rigoureuse des systèmes de déplacements urbains se fait plus pressant. De 700.000 habitants en 2004, la population de Tanger est estime à 1 million d’habitants en attendant les chiffres du recensement prévu à l’automne 2014.

L’aéroport Ibn Battouta de Tanger qui se trouve à proximité de la TFZ et de Gzénaya est uniquement reliée à la ville par une double voie pour les véhicules et seuls des grands taxis assure un transport public. Cette situation existe également sur la baie de Tanger au niveau de la gare ferroviaire et de la future gare du TGV qui sera située sur un site mitoyen. A part la voiture individuelle et les grands taxis, aucun autobus ne relie l’aéroport et la gare ferroviaire. Pourtant, la future gare du TGV qui doit offrir une dizaine de départs et d’arrivées/jour deviendra avec le passage des voyageurs, un pôle commercial et urbain en soi. La zone connait déjà des anticipations importantes en termes d’investissements immobiliers hôteliers, résidentiels et de bureaux. Des commerces et des activités de loisirs sont également en chantier.

La filiale de la SNCF Kéolis a profité de l’occasion du colloque pour présenter son savoir-faire. Kéolis gère des voies ferrées dans cinq pays dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Pays-Bas en plus de la France. Elle gère autant des réseaux de chemins de fer que des réseaux de métro comme à Lille et à Lyon.

Le directeur du développement de Kéolis Jean-Pierre Deghaye, s’interrogeant sur le futur modèle d’évolution du Grand Tanger a suggéré de hiérarchiser le réseau : « les modes de transports sont liés à un territoire, des flux et des performances » a-t-il indiqué soulignant que le futur succès du TGV va dépendre du système de transport collectif qui l’entoure. « Autobus, métro et tramway doivent faciliter l’accès à la gare TGV ».

Du côté de chez Alstom par la voix de sa PDG Maroc Thi-Mai Tran, « on espère que dans les 10 ans, le tramway équipera Tanger, Marrakech, Fès et Meknès ». Alstom, présent aujourd’hui au Maroc avec 300 salariés, est derrière la réalisation des réseaux de tramway de Rabat (18 km) et de Casablanca (31 km). Alstom fournit les locomotives du TGV marocain et en montera les voitures dans un atelier en cours de construction sur un terrain de 22 ha à Moghogha.

Sur le plan de l’environnement, le directeur de l’Observatoire régional de l’environnement et du développement durable (OREDD) Khalid Temsamani a pointé du doigt les difficultés rencontrées aujourd’hui alors que sont attendues l’arrivée du TGV, la construction d’une nouvelle zone industrielle au sud de l’aéroport, la mise en service progressive de la Tanger Automotive City (TAC) près de l’usine Renault et la construction de la ville nouvelle de Chrafate, tout cela au cours des 10 prochaines années.

 Pour Khalid Temsamani, « le littoral, la qualité de l’eau et de l’air, les forêts et la biodiversité sont affectés par l’étalement urbain, la qualité de l’assainissement liquide et solide, le défrichement et l’utilisation irrationnelle des engrais et des pesticides ».

Auparavant, le délégué du ministère de l’Environnement à Tanger Houssein Khidour avait brossé un tableau peu rassurant sur l’état de la décharge communale tangéroise située à 5 km du centre-ville face à la zone industrielle de Moghogha et qui ne répond à aucune norme sanitaire ou de traitements des déchets urbains.

Dans le cadre du plan Tanger-Métropole, la décharge doit être implantée à 22 km au sud de Tanger à l’horizon 2017. La gare routière et son flux d’autobus, le marché de gros des fruits et légumes et ses flux de camions et de triporteurs, les abattoirs et la fourrière communale doivent tous être déménagés à 10 km au sud de la ville sur la route de Rabat.

Selon un élu de la majorité du conseil de la ville de Tanger, « les choix des partenaires étrangers de Tanger se joueront à l’avenir entre les Parisiens et les Catalans ».


 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Jamal Amiar
Le 9 juin 2014 à 12h37

à lire aussi

Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025
ECONOMIE

Article : Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025

À fin mars 2026, les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une hausse des importations de biens d’équipement de 10,2 milliards de DH par rapport à fin mars 2025, tandis que les exportations du secteur automobile ont progressé de 12,1%. Détails.

IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025
ECONOMIE

Article : IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025

DATA. À fin mars 2026, les recettes IDE se sont établies à 12,12 MMDH, en baisse de 13,1% par rapport à fin mars 2025.

Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc
Quoi de neuf

Article : Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc

L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a effectué une tournée diplomatique en Géorgie et dans le Massachusetts. Entre préparatifs de la Coupe du monde de football 2026 et renforcement des alliances économiques, cette visite marque une nouvelle étape dans la "diplomatie de proximité" entre Rabat et les grandes métropoles américaines.

Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”
DIPLOMATIE

Article : Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”

À l’issue du dialogue stratégique Maroc-Allemagne tenu à Rabat, Berlin a réaffirmé son soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie, jugée "sérieuse et crédible" pour le règlement du dossier du Sahara, estimant qu’une "véritable autonomie sous souveraineté marocaine" constitue l’option la plus réaliste, tout en annonçant son engagement à agir en cohérence sur les plans diplomatique et économique.

Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès
Energie

Article : Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès

À l'Université Euromed de Fès, le cluster marocain de l'hydrogène vert (Green H2) a réuni experts, industriels et académiques autour des enjeux et défis de la filière, avec un focus sur ses deux produits stratégiques que sont le méthanol et l'ammoniac verts.

Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026
ECONOMIE

Article : Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026

Les recettes voyages ont atteint 31 MMDH à fin mars 2026, en hausse de 23,5% sur un an, selon les données provisoires de l’Office des changes.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité