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ECONOMIE

Malgré les nouveaux contrats de nettoiement, Casablanca croule sous les ordures

Ces derniers jours, le service nettoiement n’a pas été fait dans les règles. Aucune raison particulière n’est avancée par les deux prestataires ni par la Ville. Il s’agit simplement d’un problème d’adaptation aux exigences de la métropole.

Malgré les nouveaux contrats de nettoiement, Casablanca croule sous les ordures
Nabila Fathi
Le 12 juin 2014 à 9h44 | Modifié 12 juin 2014 à 9h44

Le compte à rebours commence pour les deux délégataires des services de propreté à Casablanca. Plus que deux mois et 20 jours pour que la période transitoire expire et que Suez et Averda soient assujetties au suivi, au contrôle et éventuellement aux sanctions prévues par la Ville.

Il serait plus que temps, au vu du décor désolant qu’offrent de grandes artères de la capitale économique, sans parler des quartiers populaires et de la périphérie, malheureusement habitués à de telles inconvenances.

Un simple tour dans la ville suffit pour constater de visu les nombreux dysfonctionnements et manquements dans le travail du nettoiement. Les mauvaises odeurs imprègnent les rues de la métropole, les déchets débordent des bacs, certains quartiers ne sont pas desservis au quotidien, et quand bien même ils passeraient par là, les camions ne ramassent pas toutes les ordures et laissent derrière eux des traces de lixiviat provenant des déchets sur les voies.

Délégataires dépassés

Ces derniers jours, le laisser-aller s’est accentué, laissant croire à une grève d’éboueurs. Les quartiers El Fida (du ressort de Suez)  ou encore Roches noires (desservi par Averda) ont été particulièrement touchés. C’est dire que même un prestataire comme Suez, habitué à travailler dans la ville, est dépassé par les événements.  

Bref, une gestion des plus médiocres tranchant avec ce que prévoient les nouveaux contrats. Et pourtant, un gros budget annuel a été réservé par la Ville au nettoiement: 540 millions de DH couvrant plus de 800 points de collecte d’ordures.

Une fois la période de grâce achevée, tout maintien des déchets  ménagers et assimilés sur la voie publique plus de 24 heures exposera le délégataire à des pénalités de 5.000 DH par constat et par jour.

«A partir du mois prochain, les sociétés délégataires commenceront à utiliser de nouveaux véhicules et à installer de nouveaux bacs à ordures. L’objectif est de mettre en service 1.200 nouveaux camions d’ici à fin août 2014 », promet Mohammed Sajid, maire de Casablanca, s’exprimant ce mercredi au cours d’une journée d’étude consacrée au nettoiement.

Et d’ajouter, «il y aura une métamorphose dans les volets suivi et contrôle du travail des prestataires. C’est le seul moyen pour faire respecter à la lettre les modalités du contrat». Le contrôle bénéficie d’un budget équivalent à 2% du budget total du nettoiement.

Toujours est-il que la société de développement local qui sera en charge de la veille et du contrôle n’est pas encore constituée. Mais d’ores et déjà, les présidents d’arrondissements montent au créneau, estimant avoir leur mot à dire dans ces opérations qui les «concernent directement». D’aucuns réclament également une sorte de discrimination positive au profit des quartiers périphériques et populaires, plus difficiles à desservir que les quartiers moyens et chics.

Une revendication qui semble logique, étant donné que les besoins diffèrent, tant au niveau des volumes des déchets produits qu’au niveau du comportement et de l’engagement des populations.

Le recyclage en ligne de mire

Mais savez-vous justement quel est le volume des déchets produit quotidiennement par la ville? 4.000 tonnes, selon les chiffres communiqués par Hakima Haiti, ministre de l’environnement.

Autre chiffre édifiant: la filière informelle où s’activent des milliers de chiffonniers réalise un chiffre d’affaires de 400 MDH par an. Un business juteux dont compte profiter l’Etat en organisant cette activité et en équipant les chiffonniers de matériel adéquat. A terme, l’objectif est de recycler 20% des déchets ménagers. Les 80% restants continueront à être enfouis au niveau des décharges.

Mais dans un premier temps, un contrat sera signé avec la Ville concernant le recyclage dans les hôtels, les centres commerciaux et les administrations publiques. Une opération pilote qui permettra de mesurer l’impact et de sonder l’implication de tous, ainsi que les failles éventuelles d’une telle approche.

Sanctions: quelques exemples

Un autre avantage du recyclage est qu’il permettra d’entrer de plain pied dans le business vert,  grâce notamment à la sensibilisation des populations sur l’intérêt d’avoir un comportement civique. Une action parmi d’autres qui visera à optimiser le service nettoiement.

Néanmoins, l’un des volets les plus importants reste le contrôle des délégataires. A ce titre, 90 sanctions sont prévues dans le cahier des charges. Celles-ci vont de la résiliation du marché au tort du délégataire pour non-remise des rapports annuels un mois après la date limite, pour ne citer que celles-ci. Ceci sans oublier les pénalités d’ordre financier.

Les travailleurs à bord des véhicules seront responsabilisés au même titre que l’employeur. En effet, tout personnel ivre ou inconvenant durant l’exercice du travail est sanctionné à hauteur de 100 DH/ jour de constat. Pour sa part, le délégataire doit payer 10.000 DH au délégant si le chauffeur est en état d’ébriété ou sous l’emprise de drogues.

En cas de récidive dans la  remise d’un rapport technique ou financier annuel non conforme, dans le mois qui suit la remise des remarques par le délégataire, l’entreprise prestataire est tenue de payer une pénalité de 100.000 DH. La même sanction est appliquée en cas de transmission de données GPS falsifiées au serveur du délégataire. Le montant s’élève à 25.000DH/jour en cas de non transfert des données de suivi des tournées vers le serveur de la Ville.

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Tags : Confinement
Nabila Fathi
Le 12 juin 2014 à 9h44

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