2M retire un spot d’Addoha jugé dégradant pour les femmes
Un nouveau spot publicitaire d’Addoha lui a valu une salve de tweets indignés. En détournant maladroitement le film «À la recherche du mari de ma femme», le groupe de promotion immobilière véhicule une image jugée dégradante de la femme. Sous pression, 2M a décidé de retirer le spot.
C’est devenu une habitude, chaque mois de Ramadan apporte son lot de bourdes publicitaires sur les chaînes de service public. Après les jus de fruits Valencia, c’est au tour du groupe de promotion immobilière de Sefrioui de s’attirer les foudres de la société civile en raison d’une publicité jugée insultante pour la femme.
Banalisation de la polygamie
Dans ce spot peu inspiré, diffusé sur la chaîne de Aïn Sebaâ après la rupture du jeûne, l’animateur vedette Rachid Allali accueille l’acteur Bachir Skiredj dans un simulacre de jeu télévisé.
«J’ai 4 punitions, et je souhaite m’en débarrasser. Mais il est hors de question qu’elles vivent sous le même toit», lance l’acteur, célèbre pour son rôle de polygame, d’un air hyperactif.
«J’ai la solution: Addoha», répond laconiquement l’animateur.
Sans transition, une voix off prend le relais et vante «la beauté» des nouveaux projets économique d’Addoha à Tanger, images à l’appui.
«Maintenant que j’ai les logements, il ne me reste plus qu’à les marier (ses 4 filles, NDLR)». «Tu es marié ? », demande l’acteur à Allali, et lui propose de lui «donner» ses 4 filles, avant de brader à 3, puis à 2…pendant ce temps, le show man prend ses jambes à son cou. Fin.
Cette publicité fait allusion au film «A la recherche du mari de ma femme», comédie à succès sortie en 1993 et qui avait eu le mérite de dénoncer la polygamie avec humour, en se moquant des polygames. Le personnage principal était justement campé par Bachir Skiredj. Mais à la différence du film, la pub d’Addoha produit l’effet contraire en banalisant la polygamie et en présentant la femme comme un objet, jugent de nombreux Marocain-es, courroucés.
Contactés par notre rédaction, ni Addoha ni l’agence de communication à l’origine de ce spot, n’ont souhaité commenter cette polémique.
2M retire le spot
La chaîne de Ain Sbaa s’est elle aussi attirée les foudres de la twittosphère et des associations féministes. Et pour cause, 2M tente de véhiculer l’image d’une chaîne moderne et progressiste, mais accepte malgré tout de diffuser une publicité régressive et dégradante pour la femme. Pour rappel, un média est responsable de tout ce qu’il diffuse, y compris la publicité.
Contacté par Médias 24, Mohammed Bouabadi, responsable des relations institutionnelles chez 2M TV nous apprend que le spot n’est plus diffusé depuis hier mardi. «Nous avons formulé nos remarques à l’annonceur afin qu’il modifie ce spot. Ensuite, le spot devra être validé par 2M avant une éventuelle rediffusion», déclare-t-il.
On peut néanmoins se demander pourquoi 2M a accepté initialement de diffuser ce spot, alors qu’il y a à peine une semaine, sa directrice de l’information avait participé au sit-in contre le discours jugé sexiste de Abdelilah Benkirane.
Le PJD prend sa revanche
Le PJD et 2M se livrent une guéguerre où tous les coups sont permis. Récemment, Samira Sitaïl avait répondu aux attaques du Chef du gouvernement en participant à un sit-in anti-Benkirane. La diffusion de ce spot par 2M est donc du pain bénit pour le PJD qui n’a pas tardé à fustiger la chaîne de Aïn Sebaâ, via son organe de presse Attajdid, qui en fait sa Une de ce mercredi.
Pour ce ramadan, le groupe Addoha investit également les écrans avec une publicité qui met en vedette le chanteur Saad Lamjarred. Ce choix s’inscrit dans la stratégie marketing du groupe, tournée vers le « Celebrity Marketing ». Durant les précédents mois de ramadan, Addoha avait déjà associé son image à des personnalités comme Samira Saïd ou encore Khaled.
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