Le FMI octroie une seconde ligne de crédit au Maroc pour 5 milliards de dollars
Suite à la mission technique qui a séjournée au Maroc en juin dernier, le Conseil d’administration du FMI a approuvé le lundi 28 juillet une seconde Ligne de précaution et de liquidité (LPL) pour un montant de 5 milliards de dollars pour les deux prochaines années.
En attendant la publication du rapport complet au cours du mois d’août, le communiqué de presse publié par le FMI donne déjà le ton du nouveau programme.
Les modalités du programme
La nouvelle LPL approuvée le 28 juillet prend le relais du programme conclu en août 2012 pour 2 ans et couvrira une nouvelle période de 2 ans. Son montant pour les deux années s’élève à 5 milliards de dollars, dont 4,5 milliards mobilisables dès la première année.
Un programme qui est avant tout une assurance contre les chocs extérieurs
Selon le FMI, les autorités marocaines n’entendent bénéficier de cette réserve qu’en cas de graves déséquilibres de la balance des paiements. Il faut rappeler ici que le Maroc n’a pas tiré sur la première LPL. Le programme est donc avant tout un système d’assurance contre les chocs extérieurs qui accompagne le pays sur la voie des réformes qu’il a engagé.
C’est d’ailleurs dans cet esprit que le FMI a créé en 2011 l’instrument de LPL pour répondre de façon plus flexible aux besoins de liquidités des pays membres qui ont des fondamentaux économiques solides et de bonnes pratiques en matière de mise en œuvre des politiques budgétaire et monétaire, mais qui conservent certaines vulnérabilités.
Le Conseil d’administration du FMI a salué les bonnes performances économiques du Maroc au cours des dernières années, malgré un environnement international peu favorable, notamment pour réduire la vulnérabilité du pays, retrouver une marge de manœuvre politique et relever les défis de moyen terme auxquels le pays doit faire face.
Le Maroc a consolidé sa position budgétaire tout en engageant des réformes pour renforcer sa compétitivité et le caractère inclusif de sa croissance. Le FMI a particulièrement souligné le succès de la réforme de la compensation.
Malgré ces bonnes performances, le Maroc reste exposé à plusieurs risques, qui justifient cette seconde LPL :
- L’atonie de la croissance européenne dont la reprise demeure timide accroissant la volatilité des marchés financiers ;
- Une nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers du fait des tensions géopolitiques.
Les réformes dans le collimateur du FMI
En contrepartie de ce nouveau programme, les autorités marocaines s’engagent à continuer la mise en œuvre de leur programme de réformes destiné à réduire les déficits budgétaire et extérieur tout en renforçant le caractère inclusif de la croissance.
Pour ce faire, les réformes importantes aux yeux du FMI sont celles visant la compensation, le système des retraites et la fiscalité. L’adoption de la loi organique relative aux finances publiques permettra également de moderniser le cadre budgétaire pour en faire un véritable instrument de développement.
L’évolution vers un régime de change plus flexible, en accord avec les autres politiques macroéconomiques, permettrait également de soutenir la compétitivité du pays et de renforcer sa capacité à absorber les chocs.
Enfin, les grandes réformes structurelles ne sont pas oubliées: l’amélioration du climat des affaires, du système judiciaire, de l’accès au financement et la réforme du marché du travail restent nécessaires pour une croissance plus forte et créatrice de plus d’emplois.
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