Le crowdfunding atteindra 10 millions de DH en 2016 au Maroc
Si la croissance se poursuit, le marché du crowdfunding pour Maroc pourrait dépasser 10 millions de DH dès 2016. Casablanca et Marrakech sont les deux régions qui ont le plus recours au crowdfunding. Les projets culturels, solidaires et humanitaires représentent 90% des fonds collectés.
C’est ce qui ressort de la première édition du baromètre du crowdfunding au Maroc réalisé par le site de crowdfunding Smala & Co, laquelle étude a recensé l'ensemble des projets de crowdfunding marocains depuis 2010 sur différentes plateformes, quelle que soit l’identité du porteur de projet.
En effet, Smala & Co a enquêté sur plusieurs plateformes internationales pour retrouver des campagnes de crowdfunding dédiées au Maroc, depuis 2010. La plateforme a ainsi analysé 12 sites de crowdfunding sur 4 zones - France, Etats Unis, Moyen Orient et Maroc-. 116 projets ont été recensés.
De l’étude il en ressort que :
- 2 millions de DH constituera la somme collectée en 2014 par le biais du crowdfunding si la tendance du 1e semestre se conforme d’ici la fin de l’année.
- Depuis 2010, plus de 2,2 Millions de DH ont ainsi été collectés à travers le monde pour soutenir des projets au Maroc. “Au regard des 2,2 millions déjà collectés depuis 2010, il s’avère effectivement qu’environ 45% de ces fonds ont déjà été collectés en 2014“, commente Arnaud Pinier, directeur de Smala & Co, dans une déclaration à Médias24.
- 242.000 DH est le montant maximumatteint par un projet marocain sur les différentes plateformes de crowdfunding étudiées.
- 45 jours est la durée moyennedes campagnes qui enregistrent le plus grand taux de succès.
- Et 33.000 DH est le montant moyen des campagnes financées sur les plateformes de crowdfunding.
>2,2 Millions de DH est le montant collecté par le crowdfunding pour soutenir les projets marocains
Toujours selon l’étude, près de 70 projets au Maroc ont déjà été financés par le crowdfunding. Les campagnes lancées sont majoritairement effectuées à partir de la France, suivie par les Etats Unis, le Maroc et le Moyen-Orient.
En revanche, c’est au Moyen Orient que le montant moyen des campagnes est le plus élevé, frôlant 90.000 DH. Alors que le montant moyen des campagnes aux Etats Unis qui arrive en seconde place, dépasse à peine 45.000 DH.
Par ailleurs, même si 2 campagnes sur 3 sont lancées et réussies sur une plateforme française, le montant moyen d’une campagne en France est deux fois inférieur à celui des Etats-Unis.
>Le crowdfunding, financement participatif, financement d’avenir
“A la lumière de l’étude, le marché du crowdfunding au Maroc, bien que naissant, est très dynamique. Il devrait atteindre un premier palier de taille significative à l’horizon 2016 et dépasser les 10 millions de DH annuels de volumes de financement collectés“, détaille Arnaud Pinier à Médias 24.
La plateforme, lancée en Juin, a contribué d’ores et déjà au financement de 2 projets sur 32 projets soumis et 4 campagnes lancées, l’un numérique et le second culturel. Confiant par rapport au développement du marché de crowdfunding, il rappelle qu’un “nouvel acteur, basé en France -également- est entré sur le marché en juillet 2014: atadamone. Et que “d’autres plateformes de financement participatif vont apparaître dans l’avenir“.
Il nous explique que les profils qui ont recours au crowdfunding sont très variés, “ce qui démontre bien que le crowdfunding n’est pas dans le registre de la charité mais constitue un nouveau mode de collaboration à part entière’’.
“Financer un projet par crowdfunding constitue indéniablement un moyen de collecter des fonds mais aussi, systématiquement, un fort vecteur de communication et d’acquisition de notoriété’’, nous assure-t-il.
>Bientôt la contribution en Dirhams
Arnaud Pinier souligne que sur le volet des paiements, compte tenu des restrictions existantes en matière de moyens de paiement, les contributeurs sont encore mixtes, moitié marocains, moitié étrangers.
“Nous allons ouvrir les paiements en DH d’ici la fin du mois de septembre ce qui devrait sensiblement faire évoluer les comportements’’, nous annonce-t-il. Et de poursuivre : “c’est un processus un peu lent, mais que l’on a observé dans d’autres pays, à d’autres époques, quand le crowdfunding naissait. Les gens sont un peu frileux, c’est tout à fait légitime. La confiance est quelque chose qui s’acquiert sur la durée. Mais nous comptons sur l’effet vertueux des premiers succès pour démontrer la force et la viabilité du modèle de financement participatif. »
>Une faible culture de crowdfunding au Maroc
“Nous faisons face à deux obstacles : l’un qui est de notre responsabilité qui est la restriction des moyens de paiements, l’autre est une faible culture du crowdfunding au Maroc’’, analyse Arnaud Pinier. Cela étant, il nous assure que “des efforts de communication sont déployés de la part de Smala & Co pour y pallier et qui dureront au moins pendant les 6 prochains mois“.
“Nous multiplions également les partenariats pour être au plus proche des besoins des entrepreneurs et autres porteurs de projets. Nous allons lancer de nouveaux programmes (de type mentoring) pour rassurer les gens et diffuser l’idée dans le Maroc que le crowdfunding est une solution viable pour le financement de projets’’, nous annonce-t-il.
Bien que le crowdfunding est un vecteur de financement qui redonne espoir aux entrepreneurs en devenir, la réglementation au Maroc constitue aujourd’hui une entrave majeur au développement du crowdfunding d’un point de vue local. L’éclosion de ce secteur permettra-elle de changer la donne?
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