Comment S&P et les marchés financiers voient OCP
EXCLUSIF. A la veille d’un point de presse prévu à Paris ce 1er octobre, Médias 24 a pu s’entretenir avec l’analyste-chef pour l’OCP chez Standard & Poor’s Lucas Sévenin. Il juge la qualité intrinsèque du producteur de phosphates marocain "solide".
OCP est classé dans la catégorie Investissement avec une notation BBB- à perspective stable depuis mai 2014. Lucas Sévenin juge cette appréciation en ligne avec "le volume important des réserves de phosphates de l’OCP, ses bas coûts d’exploitation, la hausse en demande d’engrais dans le monde et la maîtrise des dépenses". En 2013, l’OCP a réalisé un chiffre d’affaires de 46 milliards de DH pour un résultat net de 7,1 milliards de DH.
"La notation de l’OCP souligne Lucas Sévenin est la première dans la catégorie Corporate pour la région Afrique". L’OCP est notée au moins une fois par an, deux fois si les conditions du marché des phosphates ou des marchés financiers le requièrent.
OCP détient aujourd’hui 75% des réserves mondiales, ses programmes d’investissement totalisent près de 140 milliards de DH sur la période 2010-2020. L’Inde et le Brésil, pays à forts besoins agricoles figurent parmi ses principaux clients.
Pour la seule Inde, celle-ci représente près de 10% des ventes de l’OCP en 2013, près de 4 milliards de DH sur des ventes de 46 milliards de DH. En 2014, l’OCP devrait approcher un chiffre d’affaires de 43 milliards de dirhams (4,8 milliards de dollars).
Outre la construction d’un pipeline de transport de la roche de phosphates entre les sites de production (Khouribga d’abord) et les ports marocains dont Jorf Lasfar puis Safi, OCP investit lourdement dans l’acide phosphorique et des joint-ventures en Inde, au Brésil et au Pakistan. Le groupe dispose de neuf unités de production au Maroc et dans le monde dont les Etats-Unis, la Belgique et la France.
En 2013, selon OCP, le groupe a livré plus de 25% des engrais consommés dans le monde. Sur son site web, l’OCP affiche un compteur de la croissance de la population mondiale en temps réel: 7,4 milliards d’habitants à fin septembre. Sans les phosphates marocains (et les engrais), il sera impossible de nourrir la planète.
"L’appréciation de perspective stable, selon L. Sévenin signifie qu’il n’y a pas de raison à terme de modifier la notation actuelle de BBB-, stable étant plus proche d’une appréciation de perspective positive que négative".
Selon Standard & Poor’s, "les investisseurs se déterminent et déterminent le taux d’intérêt, en fonction du risque". "Les investisseurs réagissent surtout par rapport aux perspectives".
Autre précision d’importance communiquée par Standard & Poor’s au sujet de la notation, "celle-ci s’adresse à des financiers prêts à souscrire aux emprunts de l’OCP", c’est-à-dire que ce ne sont pas des spéculateurs mais des institutions prêtes à prêter à un taux déterminé et pour une durée déterminée.
En avril dernier, à la veille de l’amélioration de sa notation, OCP avait réussi à lever 1,55 milliard de dollars à un taux moyen de 6% sur 10 et 30 ans.
Les éléments pris en compte dans l’élaboration de la note comprennent l’environnement concurrentiel avec la Jordanie, les Etats-Unis, la Russie et la Chine principalement.
Parmi les risques sur la notation de l’OCP figurent principalement une possible variation de la demande. L’Inde consomme beaucoup d’engrais marocains car c’est un pays peuplée de plus d’un milliard d’habitants mais également parce que New Delhi subventionne ces achats au profit des agriculteurs.
Les deux autres risques tiennent au prix de l’ammoniac et du soufre deux intrants importants dans la fabrication d’engrais, une contrainte que l’OCP est en cours de résoudre en partie grâce à la signature en mars dernier d’un accord avec le Gabon pour la production d’ammoniac et d’engrais. Ce partenariat maroco-gabonais doit pouvoir servir 30% des besoins africains en engrais à partir de 2016.
L’autre grande agence de notation internationale Fitch a accordé une notation BBB- stable à l’OCP dès avril 2014. A cette date, Fitch estimait que la note de l’OCP devait rester stable au moins jusqu’en 2016.

Lucas Sévenin, analyste-chef pour l’OCP chez Standard & Poor’s
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