Amara fait le point sur le secteur des énergies au Maroc
La stratégie énergétique nationale, la moyenne tension, le gaz naturel liquéfié... 200 millards de DH seront investis d'ici 2020 dans le domaine énergétique au Maroc.
Le ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, Abdelkader Amara, qui était l'invité du forum de la MAP mardi, a indiqué que la demande énergétique devrait passer de 25.000 en 2008 à 70 .000 GWT à l'horizon 2025.
"Après la très haute et haute tensions, il sera procédé dans les prochaines semaines, à l'ouverture de la moyenne tension en matière des énergies renouvelables, a précisé le ministre.
Le potentiel photovoltaïque présente un potentiel économique de 4,6 GWT à l'horizon 2030 avec un allègement de la facture énergétique du pays, a-t-il ajouté.
Gaz naturel liquéfié au lieu du fuel
Le ministre prévoit l'introduction du gaz naturel liquéfié au Maroc à partir de 2020-2021.
"L'introduction du gaz naturel liquéfié permettra à l'industrie marocaine d'avoir une alternative au fuel et de changer la structure du bouquet énergétique au Maroc", a relevé M. Amara, soulignant que la part du gaz naturel dans le mix énergétique global passera de 3,61% en 2008 à 13,38% en 2025.
M. Amara a aussi noté que la feuille de route pour le gaz naturel liquéfié est fin prête, ajoutant que 70% de ce gaz sera orienté vers la production de l'électricité.
Le recours au gaz naturel liquéfié s'explique par la volonté du Royaume de renforcer son indépendance énergétique, eu égard de son prix au niveau international, a précisé M. Amara, soulignant que la transition énergétique est fondée sur la combinaison entre énergie fossile et renouvelable.
"Plus de 34 sociétés sont en prospection de pétrole et de gaz au Maroc permettant au pays, qui dispose de 900 km2 de bassins sédimentaires, dont 400 km2 sont en exploitation, de passer d'un "pays frontière" à un "pays prometteur", a indiqué le ministre.
Ce passage est favorisé par la superficie qui reste à exploiter ainsi que par le développement des forages qui touchent aussi l'offshore, a assuré M. Amara, notant qu'il n'existe aucune nouveauté concernant les explorations pétrolières et gazières.
"Les indices restent prometteurs pour les 4 années à venir, sur la base de la hausse du nombre des sociétés en prospection de pétrole et de gaz et l'augmentation du taux de forage", a-t-il ajouté.
200 MMDH d'ici 2020
Environ 200 MDH seront investis d'ici 2020 dans le domaine énergétique, dont une grande partie sera destinée au renforcement des infrastructures de l'électricité, a souligné le ministre.
La transition énergétique que vit actuellement le Maroc "n'est pas un choix, mais une nécessité faite dans la douleur", a-t-il précisé.
"Le Maroc, un pays qui importe 100% de ses besoins en énergies, vit actuellement une transition énergétique dictée par la nécessité de combler le déficit enregistré depuis des années dans ce domaine", a relevé M. Amara.
Pour ce qui est de la stratégie énergétique nationale fondée sur quatre objectifs principaux, le ministre a annoncé qu'elle sera dévoilée dans les prochains jours.
Cette stratégie dominée aussi par cinq orientations stratégiques, s'assigne pour objectifs, la sécurité de l'approvisionnement de l'énergie, la généralisation de l'accès à l'énergie à des prix raisonnables, la maitrise de la demande et la préservation et protection de l'environnement.
"La production d'électricité à partir de l'énergie nucléaire est un choix ouvert qui pourrait être envisageable à partir de 2030 ( ) à moins que les donnes régionales ne changent", a-t-il souligné.
Le recours à cette option envisageable s'inscrit dans le cadre de la diversification des sources d'énergie.
Le Maroc ambitionne la réduction de sa dépendance en la matière de 93,61% en 2013 à 85,44% en 2025.
"Pour atteindre cet objectif, le Maroc se focalise sur le développement des énergies renouvelables, le changement de la structure de l'énergie fossile, à travers l'introduction du gaz naturel liquéfié et l'intensification de la prospection pétrolière, ainsi que le renforcement de l'efficacité énergétique", a expliqué M. Amara.
Concernant les énergies renouvelables, pilier fondamental de la transition énergétique, M. Amara a noté que l'investissement et la rentabilité de l'énergie éolienne commencent à être positifs, ajoutant que l'objectif de 200 mégawatts sera largement dépassé.
"L'investissement dans l'énergie solaire est coûteux, mais reste un choix stratégique du Royaume, notamment après les coupures d'électricité intervenues en 2007-2008", a relevé M. Amara, soulignant qu'un intérêt particulier est accordé à l'énergie solaire thermique qui favorise des capacités de stockage.
M. Amara a indiqué que les firmes internationales veulent investir dans le secteur, notamment dans les projets Noor 1, Noor 2 et Noor 3, ajoutant que le Maroc s'apprête à franchir dans l'ouverture à la concurrence du marché de la production et la commercialisation de l'électricité produite à partir des énergies renouvelables destinée aux consommateurs de la haute et très haute tensions.
Le ministre prévoit la hausse de la part des énergies renouvelables, pour passer de 5,85% en 2013 à 14,24% en 2025.
Géologie et investissement minier
Le retard accusé au niveau du programme de cartographie géologique au Maroc, qui ne dépasse pas les 35%, constitue le principal obstacle devant l'investissement dans le secteur minier, a regretté le ministre.
"Pour dépasser cet obstacle, le ministère a opéré des réorganisations, à travers la création d'une direction centrale dédiée à la géologie", a précisé M. Amara.
"Pour drainer davantage d'investissements dans le secteur minier hors phosphate, qui génère un chiffre d'affaires hors phosphates de 5,5 MMDH et crée près de 15.000 emplois, le ministère a élaboré un nouveau code minier, actuellement en examen au niveau du parlement.
Le ministère a procédé également à la réorganisation de la Centrale d'achats et de développement de la région minière du Tafilalet et de Figuig (Cadetaf) afin de restructurer le système minier traditionnel, tout en garantissant les droits d'exploitation des mineurs traditionnels de la région.
"Les indices restent prometteurs. Les investisseurs commencent à s'intéresser aux mines déjà fermées", a-t-il fait savoir.
Concernant le phosphate, qui représente 90% de secteur minier, M. Amara a précisé que le Maroc est passé de l'exportation du phosphate brut à l'exportation de l'acide phosphorique et des engrais, dans le cadre d'une vision visant la valorisation de cette ressource naturelle.
(Avec MAP)
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