Doing Business, le Maroc gagne ou perd des places?
Alors, le Maroc a-t-il oui ou non gagné 16 places dans le classement phare de la Banque Mondiale, Doing Business? Oui et non. Explications et retour sur une demi-joie, une demi-déception.
Le Maroc est classé 71e dans le classement Doing Business 2015. Ce classement reflète la facilité de faire des affaires dans un pays. Singapour est en tête, évidemment. Le Maroc était auparavant abonné aux rangs supérieurs à 80 et 90.
Le précédent classement, Doing Business 2014, plaçait le Maroc à la place 87.
L’actuel gouvernement est très sensible aux classements internationaux de référence. Le Doing Business ou facilité de faire des affaires, est le classement phare de la Banque Mondiale. Il est d’ailleurs fortement corrélé au classement de compétitivité établi chaque année par le Forum de Davos. Chaque année, le gouvernement entreprend dans le seul but non pas de faciliter les affaires mais d’améliorer le ranking du Maroc.
Donc, le nouveau classement, 2015, est annoncé pour le 29 octobre. Dans l’après midi du 28, la Banque Mondiale donne les premières bribes mais sous embargo jusqu’au lendemain. Le lundi 27, le député PJD Abdallah Bouanou l’annonçait en réunion au parlement, en présence de la presse: le Maroc est classé 71e dans le nouveau Doing Business. Comparé à l’année précédente, cela fait 16 places de gagnées.
Depuis que Doing Business existe, de petites corrections interviennent d’une année à l’autre. Chaque édition apporte de petites corrections sur tel ou tel indicateur, pour tel ou tel pays, corrections généralement minimes.
Mais cette année, le système en entier subit un changement profond. Auparavant, il s’agissait de 10 (puis 11) critères tels que la facilité de créer une entreprise, l’octroi d’un permis de construire, la protection des investisseurs, ou le commerce transfrontalier.
Pour chacun de ces critères, une note est donnée. L’ensemble permet de calculer, sur 100, la note du pays. Et au final, d’établir un classement.
Les experts de la Banque Mondiale savaient que ce classement avait ses limites et l’ont toujours écrit dans leurs commentaires. Ils l’ont perfectionné chaque année.
Mais pour l’édition 2015, publiée le 29 octobre 2014, le système change d’un coup.
Un nouveau concept est adopté: le classement est devenu un index par rapport aux meilleures pratiques internationales, critère par critère, et ensuite par moyenne arithmétique, pays par pays. La Banque Mondiale appelle cela la “distance par rapport aux frontières“. Les frontières ici étant les meilleures pratiques internationales.
Dans le nouveau classement, le Maroc figure bien à la 71e place.
Médias 24 a appelé les experts qui ont élaboré le rapport, à Washington :
-Question: pour vous, le Maroc a-t-il reculé ou a-t-il avancé entre 2014 et 2015?
-Réponse : cela dépend. Si vous prenez le nouveau système et l’adoptez pour 2015 et 2014, oui il a reculé. Sinon, il a avancé.
Nous avons posé la question sous plusieurs formes et eu l’impression de tourner en rond.
Un interlocuteur nous rappelle que le système n’est pas parfait et qu’il est perfectible. Ce qui est important, c’est la zone dans laquelle on se situe. Il faut continuer les efforts, nous dit-on.
Dans son édition de jeudi 30 octobre, notre confrère Les (inspirations) ECO explique que le Maroc a bien régressé de 3 places.
Au final:
-si l'on s'en tient à une lecture stricte du classement (et même si la Banque Mondiale veut rester politiquement correcte): le Maroc a bien régressé de 3 places dans le nouveau système. Quant à l'ancien système, on n'en sait rien, car il n'y a pas de classement ancien système version 2015.
-par contre, si l'on s'en tient à l'effet d'image, le Maroc a bien gagné 16 places. L'année dernière, Doing Business plaçait le Maroc au 87e rang (la correction n'est intervenue que le 29 octobre). Aux yeux de l'environnement international des affaires, le Maroc est bien passé de 87 à 71.
Attention, cinq nouveaux critères sont annoncés pour l'édition de l'année prochaine.
Bref, le nouveau Doing Business mesure l’écart d’un pays par rapport aux meilleures pratiques internationales. C’est tout ce qu’il faut retenir. Les meilleures pratiques internationales, il suffit d’ouvrir les documents pour trouver les détails. Le gouvernement sait ce qu’il lui reste à faire pour l’année prochaine.
Définition. "Distance de la frontière" (DDF) donne une idée de l’éloignement d’une économie par rapport à la meilleure performance (la « frontière ») réalisée sur les économies et les indicateurs depuis leurs introductions dans Doing Business. L’indicateur est étalonné sur une plage de 0 à 100, 0 représentant la plus mauvaise performance et 100 représentant la meilleure performance.
En fait, mesure l’effort dans le temps, le niveau par rapport aux meilleures pratiques mondiales et non plus une facilité dans l’absolu.


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