Emploi. La stratégie nationale toujours pas prête
La commission des secteurs sociaux du Parlement, scrute, ce vendredi 7 novembre, le plan d’action et le budget du ministère de l’Emploi. A moyens constants, le ministère devra lutter contre le chômage des jeunes et assurer les créations d’emplois attendues.
Les discussions du budget du ministère de l’Emploi pour l’année 2015, actuellement sous la loupe des membres de la commission sociale de la première chambre au Parlement, confirment l’absence d’une stratégie globale.
« Elle sera, probablement prête fin 2014 », lit-on dans la présentation faite par Abdessalam Seddiki, le ministre de tutelle. Ce n’est pas sûr, comme le souligne la présentation elle-même en révélant un peu plus loin que « durant 2015, le ministère poursuivra l’étude et l’élaboration de la stratégie pour l’emploi ».
Pour rester dans les certitudes, le ministère de l’emploi s’engage, pour 2015, à insérer 60.000 personnes dans le cadre du plan Idmaj, faire bénéficier 18.000 personnes du programme de qualification et à accompagner 1.500 porteurs de projet d’auto-emploi.
La tutelle gouvernementale table, sans aucun doute, sur les nouvelles mesures du projet de loi des finances 2015, notamment l’exonération d’impôt et des charges patronales pour les salaires plafonnés à 10.000 DH et la limitation des stages du programme Idmaj à 24 mois au lieu de 36, pour atteindre ses objectifs.
Elle table également sur le renforcement du rôle de l’Observatoire national du marché de l’emploi. Cet organisme sera renforcé sur les plans organisationnels et humains. Il aura d’ailleurs à réaliser les études déjà programmées en 2014 dont la plus importante est celle portant sur le coût de l’emploi et les besoins des entreprises en compétences.
2015 sera, en outre, l’année du contrôle. Le discours du ministre insiste en effet sur le suivi et le contrôle à plusieurs niveaux : contrôle des inspections de travail, des sociétés d’intermédiation, des agents, établissements et associations liés d’une manière ou d’une autre au ministère.
Pas de moyens supplémentaires en 2015
En scrutant les chiffres prévisionnels, les moyens dont parle le ministre ne sont pas visibles. Ainsi, le ministère garde pratiquement le même budget que l’année en cours. L’augmentation du budget de 170,1 MDH à 342,1 MDH est expliquée par l’intégration du budget de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) dans celui du ministère.
Par contre, force est de constater la baisse de l’enveloppe allouée à l’investissement qui passe de 85,6 millions de DH en 2014 à 57,6 millions de DH. Le département concerné l’explique par le glissement de quelques millions de la case investissement vers la case dépenses de fonctionnement.
Côté bilan 2014, le ministère révèle des chiffres à analyser de près. A commencer par le taux de chômage. Au niveau national, ce ratio demeure « stable » à hauteur de 9% avec un pic à 9,3% au deuxième trimestre 2014. Dans le milieu urbain, le taux de chômage grimpe à 14,2%. En tenant compte de l’âge des chômeurs, le taux de chômage explose à 36,4% pour les 15-24 ans et à 20,2% pour les 25-34 ans.
La problématique de l’emploi demeure lancinante. Cela est d’autant plus problématique que l’économie, comme le souligne le bilan d’Abdessalam Seddiki, n’arrive pas à doubler sa capacité d’offres d’emploi.
Mais elle fait son maximum : la création de 73.000 emplois en moyenne annuelle entre 2010 et 2013 et 39.000 emplois entre le deuxième trimestre 2013 et la même période en 2014. Le secteur privé demeure le plus grand employeur du Maroc, secteur informel compris.
Quant au besoin des entreprises à court terme, une étude du ministère de l’Emploi révèle une offre attendue en 2015 de 103.300 postes de travail dont 21% dans le secteur des technologies, télécommunication et le travail à distance, 20% dans l’automobile et l’aéronautique et 9% dans le tourisme.
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