Les Marocains moins laïcs que les Saoudiens
Selon un rapport du Doha Institute, la laïcité commence, petit à petit, à s’imposer comme modèle à suivre dans le monde arabe. Mais les Marocains sont mitigés sur la question de la séparation entre le temporel et le spirituel.
Les résultats du sondage sur les indicateurs arabes de l’année 2014, réalisé par le Doha Institute du Qatar, montre la progression des perceptions politique, sociale et religieuse dans les pays du monde arabe.
Cette enquête a été menée, au Maroc, par l’équipe de recherche et de formation en sciences sociales de la Faculté des lettres et des sciences humaines Hassan II de Mohammedia, rapporte le document du Doha Institute. Cette étude a été menée auprès de 1.437 personnes vivant dans différentes régions du royaume.
Des échantillons de tailles relativement comparables ont été retenus en Jordanie, Tunisie, Algérie, Arabie saoudite, Soudan, Irak, Palestine, Koweït, Liban, Libye, Egypte, Mauritanie, Yémen et en Turquie où réside une grande partie des réfugiés syriens.
Sur les 15 pays arabes sondés, le Maroc est le moins favorable à la séparation entre la religion et la politique. En effet, seuls 37% estiment que la pratique religieuse relève du domaine privé.
Bien moins qu’en Arabie Saoudite où 48% sont favorables à l’idée, et loin derrière le Liban où 77% des sondés jugent nécessaire la séparation entre la pratique religieuse et la vie politique.
Pourtant, au Maroc, ils sont 82% à penser que les hommes de religion ne doivent pas influencer, ni s’immiscer dans les choix des électeurs, contre une moyenne de 79% dans les autres pays de la région, en progression de 12% depuis l’année 2011.
En revanche, concernant l’intervention des religieux dans les choix du gouvernement, les Marocains se montrent moins réticents. Seuls deux sondés sur trois estiment que les hommes de religion n’ont pas le droit de s’immiscer dans les décisions du gouvernement.
Un autre chiffre étonnant : un Marocain sur dix seulement donne le droit aux représentants des partis politiques d’utiliser le discours religieux afin d’attirer plus d’électeurs, et près de la moitié pensent que les postes d’influence devraient être occupés par des hommes de religion, tandis qu’ils ne sont que 20% à le penser en Tunisie, et à peine 17% au Liban.
Cependant, on reste loin de l’Etat séculier au Maroc, même si dans la vie quotidienne, la pratique tend à nous prouver le contraire. A cet effet, moins d’un tiers de la population sondée se dit favorable à une séparation entre la religion et l’Etat. Bien moins qu’en Libye où la moitié pense que cette séparation est nécessaire, ou en Tunisie où plus des deux tiers défendent la laïcité.
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