Le nombre de jeunes chômeurs devient alarmant
On n’en parle pas assez mais c’est une bombe à retardement. Le Maroc comprend 1.140.000 chômeurs dont 735.000 sont des jeunes, âgés de 15 à 29 ans, soit près de deux chômeurs sur trois. Explications.
Le Haut-Commissariat au Plan a récemment fait paraître ses estimations du taux de chômage pour le troisième trimestre 2014. Le taux national est en hausse de 0.5 points par rapport au troisième trimestre 2013, s’installant à 9.6% de la population active.
L’essentiel de cette hausse provient de la croissance du taux de chômage chez les classes d’âge les plus jeunes, celles de 15-24 et celles de 25-34 ans, parmi lesquelles on enregistre une hausse de 1 point et 0.6 points respectivement par rapport au trimestre 2013 (taux de chômage de 20.6% et 13.6% respectivement au troisième trimestre 2014).
C’est donc chez les plus jeunes que l’accroissement du taux de chômage se fait le plus ressentir, une évolution peu rassurante puisque ce dernier taux a atteint un niveau record en 15 ans. Le chômage des jeunes est certes un problème international, mais au Maroc, il peut compliquer l’avenir, car tout indique que les contingents de jeunes chômeurs iront en s’accentuant.
En 1999, le taux de chômage de cette classe d’âge (15-24 ans) était de 20,3%, dans un contexte de croissance du PIB faible (0,5%). Le taux record du troisième trimestre 2014 s’inscrit lui dans un environnement économique plus favorable où le PIB en volume s’est accru de 2,3% au 2e trimestre 2014.
Au sein de la cohorte des 15-24 ans, la population masculine est davantage touchée par la croissance du chômage que la population féminine.
Alors que le taux de chômage est assez stable chez les jeunes femmes voire légèrement en baisse de 0,4 points par rapport à la même période en 2013, il est passé chez les jeunes hommes de 18,8% au 3e trimestre 2013 à 21,4% au 3e trimestre 2014.
De plus, le niveau de chômage chez les femmes est systématiquement inférieur à celui des hommes à l’exception de l’année 2012. Des tendances inversées à l’échelle nationale, puisque sur l’ensemble de la population, le taux de chômage chez les femmes est plus élevé que chez les hommes.

L’hypothèse d’un nombre croissant de jeunes entrant sur le marché du travail semble être infirmée par les chiffres. Le taux d’activité chez les 15-24 ans n’a fait que décroître depuis 1999, lequel est passé de 48% de la population en 1999 à 32% en 2013, tendance qui se vérifie aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Cette chute du taux d’activité chez les jeunes reflète notamment le fait qu’une part croissante de cette population poursuit des études supérieures.
Les diplômés du supérieur ont le niveau de chômage le plus élevé
A l’échelle nationale, ce sont les diplômés de niveau supérieur qui caracolent en tête des niveaux de chômage avec un taux de 20% (contre 15% pour les diplômés de niveau moyen et 4,6% pour les sans diplômes). Les femmes diplômées rencontrent d’ailleurs plus de difficultés à trouver un emploi que les hommes (27,5% de chômage chez les femmes diplômées contre 15,5% chez les hommes diplômés).
Le chômage galopant des jeunes semble donc expliqué par l’inadaptation de la demande du marché du travail à l’entrée de jeunes diplômés sur ce marché. Le rythme de créations d’emplois dans l’industrie ou les services à haute valeur ajoutée ne suffit pas à absorber une population récemment active et qualifiée. Ceci pose un risque de chômage de long terme pour cette cohorte, pour qui les perspectives d’expérience professionnelle s’annoncent mauvaises.
A titre de comparaison, la Tunisie qui vivait en 2011 sa révolution de Jasmin portée notoirement par les jeunes diplômés chômeurs, enregistrait jusqu’en 2012 des taux de chômage records chez les jeunes, avoisinant les 30% de la population active.
Source : HCP, Novembre 2014
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