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ECONOMIE

Le capital investissement, capital pour l’économie marocaine

Le secteur du capital investissement se développe de manière continue depuis 2006, avec un taux de croissance moyen annuel des effectifs des entreprises de 8% et des levées de fonds qui s’élèvent à 11 MMDH. Pourtant, le secteur est confronté à plusieurs handicaps.

Le capital investissement, capital pour l’économie marocaine
Hanae El Idrissi
Le 5 décembre 2014 à 17h46 | Modifié 5 décembre 2014 à 17h46

Partenaire de 200 entreprises, particulièrement des PME, le capital investissement participe à la croissance économique de manière assez faible, avec un taux de pénétration de moins de 1%.

La majorité des opérations de capital investissement, soit 70%, concerne des entreprises déjà existantes à travers le capital développement.

2% seulement de ces opérations contribuent à la création d’entreprise à travers le capital amorçage. Cette contribution marginale, surtout pour un pays en développement, est attribuée, entre autres, au taux de perte très important sur cette catégorie, rappelant que l’un des principaux objectifs du capital investissement est de participer directement à la création d’entreprises.

Pour ce qui est des entreprises en difficulté, elles n’ont été concernées que par 2% des opérations à travers le capital retournement.

Concernant la cartographie du capital investissement, elle laisse apparaître une concentration sur l’axe Casablanca-Rabat avec une tendance vers la diversification.

Faible attrait des investisseurs locaux

La part des investisseurs locaux est très faible au profit de bailleurs de fonds étrangers qui s’accaparent 70% des investissements. Ce constat, les institutionnels marocains l’expliquent notamment par :

-des arbitrages entre différentes classes d’actif,

-des contraintes réglementaires en termes de ratios de fonds propres des banques conventionnelles et des assurances.

D’autres obstacles freinent le développement du secteur.

Selon les professionnels, les freins au développement du capital investissement relèvent d’un problème de perception des investisseurs institutionnels. Ces derniers insistent sur l’amélioration de leur professionnalisme et l’expérience acquise par leurs équipes.

D’autres freins peuvent être cités, notamment :

-l’absence d’incitations fiscales pour les investisseurs dans les sociétés de capital investissement,

-le droit d’enregistrement comme barrière à l’entrée,

-la problématique de sortie pour les entreprises arrivées à terme du cycle du capital investissement. Cette problématique est assez décourageante pour les investisseurs qui se voient en difficulté à cause du non respect des horizons de sortie.

Accessibilité limitée au financement bancaire, taux des rendements des classes d’actifs traditionnels plus faible et ouverture vers l’Afrique subsaharienne sont autant de facteurs qui, conjugués à une stabilité politique relative, contribuent  à l’essor du capital investissement comme mode de financement alternatif au Maroc. A cet effet, 9 MMDH d’investissements et 4,5 MMDH de désinvestissements sont prévus à l’horizon 2017.

Pour assurer le développement du secteur du capital investissement, plusieurs pistes sont possibles :

-le renforcement de la dimension locale du capital investissement, notamment par le renforcement du rôle de la CCG en tant qu’animateur du marché et qu’investisseur, 

-le développement des autres types de capital investissement, particulièrement le capital amorçage. Ce dernier représente un créneau pour les années à venir, notamment pour les entreprises désireuses d’externaliser leurs projets de R&D. 

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Hanae El Idrissi
Le 5 décembre 2014 à 17h46

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