Jouahri réunit les banquiers
Lors du dernier conseil trimestriel de 2014 de Bank Al Maghrib, le gouverneur dénonce l’obsolescence du modèle de croissance et rassure quant au risque de déflation.
Depuis plus de dix ans le modèle de croissance économique du Maroc se base principalement sur la demande intérieure et moins sur la demande extérieure. Le gouverneur de BAM dénonce l’obsolescence de ce modèle: «Nous avons indiqué dans le rapport de BAM de 2012 que ce modèle a atteint ses limites.»
M. Jouahri s'exprimait devant les journalistes mardi 16 décembre, à l'issue de la réunion trimestrielle du conseil de la Banque centrale.
Ce modèle selon M. JOUAHRI creuse les deux déficits jumeaux: le déficit budgétaire et le déficit du compte courant. Cette situation était soutenable tant que les recettes du tourisme et des transferts des MRE contrebalançaient le déficit du compte courant. La baisse de ces dernières appelle à se réorienter vers la demande extérieure.
M. Jouahri, depuis qu'il était banquier, avaiit toujours répété que la richesse des nations réside aussi dans la richesse qu'elles prélèvent sur l'extérieur, à travers notamment les exportations.
Le développement de la demande extérieure est un impératif en situation de libéralisation, rappelle le gouverneur de la banque centrale: «dans une libéralisation de plus en plus poussée, il faut avoir un matelas de réserves de change structurellement positif. Il s’agit de gagner sur la richesse des autres et pas l’alimenter. Un modèle basé sur la demande intérieure fait le bonheur des autres à travers les importations».
Il s’agit donc d’opter pour un modèle de croissance basé à la fois sur la demande intérieure et extérieure. A cet effet, le gouverneur a fait remarquer que le taux d’utilisation des capacités par les entreprises est inférieur à 70%. Ces capacités doivent continuer à être utilisées de manière optimale pour faire face à la demande interne, mais également à une demande extérieure à travers une offre exportable de qualité et à des prix compétitifs.
Diversifier les partenaires extérieurs
Afin de développer la demande extérieure et face à la conjoncture difficile du principal partenaire extérieur l’Europe, le gouverneur insiste sur la nécessité de développer de nouveaux marchés. «Il y a quelques années, on disait qu’il faut que le Maroc cherche d’autres partenariats et d’autres marchés pour se diversifier, au lieu de subir une conjoncture sur laquelle il n’a pas de prise. Le monde des affaires marocain se déplace aux Etats Unis, en Russie, en Chine, en Afrique pour essayer de diversifier les partenariats. Je pense que c’est la bonne voie.»
«Nous ne sommes pas dans une situation de déflation.»
Concernant le risque de déflation, le gouverneur rassure en expliquant que l’évolution à la baisse des taux d’inflation est essentiellement attribuable aux prix des produits alimentaires volatils. Ces derniers sont susceptibles d’augmenter: «Il est vraisemblable qu’avec toutes ces pluies, les prix des produits alimentaires volatils peuvent connaître un mouvement à la hausse et impacter vers la hausse les taux d’inflation.»
Il s’agit donc d’observer l’inflation sous-jacente qui élimine précisément les effets des évolutions erratiques des produits volatiles. L’inflation sous-jacente s’établit à 1,1% pour les dix premiers mois de l’année, contre 0,3% pour l’inflation durant la même période.
Des efforts pour la transmission des décisions d’abaissement du taux directeur sur l’économie
Le gouverneur de la Banque Centrale réunira ce jeudi avec les responsables du Groupement Professionnel des Banques Marocaines(GPBM). A l’ordre du jour, l’amélioration de la transmission des décisions de la politique monétaire. M. Jouahri rappelle: «L’argument que j’utilise vis-à-vis des banques est que si j’augmentais le taux directeur, elles vont le répercuter immédiatement. Quand je le diminue il va falloir que le jeu soit un jeu égal. »
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