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ECONOMIE

Comment s’annonce 2015 au Maroc

Ce que l’on sait de 2015 et ce que l’on peut raisonnablement en attendre au Maroc: croissance économique, échéances électorales, Afrique, pétrole, Da'ech…  

Comment s’annonce 2015 au Maroc
Jamal Amiar
Le 1 janvier 2015 à 17h09 | Modifié 1 janvier 2015 à 17h09

Aucun observateur n’avait prévu de voir l’épidémie du virus Ebola faire plus de 7.800 morts en Afrique de l’Ouest en 2014 et mener notamment à l’annulation de la coupe d’Afrique prévue à l’origine au Maroc. Idem pour la présence militaire russe en Ukraine, ou, un cours du pétrole passé de 100 à 60 dollars entre mai et décembre 2014.

Pour toutes ces raisons, nous éviterons de prévoir une crise de la dette souveraine africaine, le décès de Abdelaziz Bouteflika à Alger ou bien un accord de Madrid pour négocier le retour de Sebta et de Mélillia au Maroc. Mais cela pourrait arriver et aurait un impact sur notre vie politique et notre économie.

En revanche, voici ce que l’on sait de 2015 ce que l’on pourrait raisonnablement en attendre.

Sur le plan de l’économie, la nouvelle année commence sous de bons auspices. Cela a rarement été le cas depuis 2009. Le taux de croissance s’annonce correct, aux alentours de 4,4%. Il reste insuffisant au vu du taux de chômage (10%); les taux d’intérêt bancaires et l’inflation sont maîtrisés; surtout, le prix du pétrole est à la baisse, à moins de 65 dollars le baril. Une aubaine. Sans omettre l’importante baisse des engagements de la Caisse de compensation. Il y a encore deux ans, personne n’aurait cru Rabat capable d’un tel effort de politique économique et financière.

Ces cinq indicateurs (taux de croissance, taux d’intérêt, inflation, pétrole et caisse de compensation) associés à une pluviométrie qui s’annonce généreuse et à une économie européenne en voie d’amélioration, notamment en Espagne et en France, contribueront à une bonne tenue de l’économie marocaine.

Un important bémol dans ce paysage économique et financier: une place boursière poussive avec le mauvais film de la CGI depuis cet été et des valeurs immobilières et associées peu séduisantes. Et ce, même si cinq introductions sont annoncées pour 2015.

En politique, 2015 sera une année électorale importante. Des communales sont prévues en juin prochain et des régionales "nouvelle version" en décembre. Un moment fort de ce marathon électoral sera donné le 10 janvier lorsque le PJD tiendra son conseil national. Le parti de Benkirane doit révéler son mode de sélection des candidats, leur plateforme et annoncer son programme d’action pour 2015.

A suivre également en 2015, le PAM qui tisse sa toile dans le Rif. Le parti de Mustapha Bakkoury et d’Ilyas Elomary prépare soigneusement les élections régionales et soigne son influence médiatique sur la région.

Ilyas Elomari est pressenti à la rédaction en chef de Cap Radio, station très implantée de Tanger à Nador et dirigée par l’un de ses amis. Abdelhakim Benchemmas pourrait diriger la liste PAM aux élections régionales.

En 2015, le jeu devrait se dérouler vers des marges occupées par l’Istiqlal et l’USFP, deux partis historiques incapables de se réformer. Ils ne convainquent plus personne au-delà du cercle de leurs dirigeants. Les jeunes quinquas de l’USFP se rebellent, léger signe de vitalité, mais à l’Istiqlal, le chef règne presque sans contradicteur.

Dans ce jeu, le RNI n’a pas besoin de beaucoup s’agiter. Il dispose de compétences, de financiers –notamment au Nord et dans le Rif- et ses dirigeants se satisfont de son rôle de parti-charnière, un rôle de stabilisateur du jeu politique entre deux consultations électorales quand le besoin s’en fait sentir. Même si le parti ou ses dirigeants traînent des casseroles.

Quant au MP, à l’heure de la mondialisation et d’une demande de meilleure gouvernance, son identité rurale et berbérophone de clocher et la compétence controversée de certains de ses ministres menacent son rôle futur.

Enfin, le calendrier politique est étroitement lié à un calendrier législatif. La loi sur la régionalisation devrait voir le jour ce printemps, ainsi qu’un cadre pour la concrétisation de l’amazigh comme langue officielle. Sinon, on ne s’étonnera pas de voir émerger aux prochaines consultations électorales des revendications culturelles en rapport avec ces “oublis“.

En 2015, la ligne entre politique intérieure et politique extérieure sera plus fine

Sur le plan international, si ni Ebola, ni l’envoi de troupes russes en Crimée et en Ukraine ni la montée de Daech n’avaient été anticipés, en revanche l’impact de ces développements continuera d’être ressenti en 2015.

D’autres événements extérieurs impacteront la vie politique et économique marocaine. La montée de l’extrême-droite du FN en France et de l’extrême-gauche Podemos en Espagne vont affecter notre diplomatie. En France, les scrutins seront locaux et régionaux en 2015 ; locaux, régionaux et législatifs en Espagne en 2015. Dans les deux cas, nous connaissons encore mal ces nouvelles forces politiques et leurs réseaux. Dans chacun de ces deux pays, vivent près d’un million de Marocains.

D’autres élections seront à suivre, notamment en Turquie en juin avec Istanbul qui accueille le G20 au mois de novembre suivant. Les Israéliens votent également dès ce mois de février 2015.

En Afrique, outre les craintes et les dégâts économiques occasionnés par l’irruption brutale du virus Ebola depuis le printemps dernier, au niveau macroéconomique et donc des investissements des entreprises marocaines, le dossier de la dette est à suivre de près, notamment au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

 Politiquement, la stabilité de pays tels le Gabon et la Guinée-Conakry seront à surveiller. Toutefois, ces données ne devraient pas beaucoup ralentir l’intérêt des entreprises marocaines pour les marchés du Sud.

Pour le Maroc, pays de transit migratoire entre l’Afrique et l’Europe, 2015 ne sera d’aucun repos. La pression démographique en Afrique est réelle et la nécessité d’émigrer aussi. Le chaos qui règne en Libye et la sophistication des filières de passeurs à travers le Sahara devraient contribuer à alimenter les rubriques des patéras, des barrières métalliques de Sebta et de Mélillia et autres drames humains.

Le Moyen-Orient, «chaudron de complexités, de dysfonctionnements et de conflits» selon l’ancien ambassadeur US à Bagdad James Jeffrey continuera d’alimenter une grande partie de la chronique internationale en 2015. James Jeffrey n’a pas parlé de "chaudron d’ethnies et de religions" mais il y pensait sûrement.

L’Etat islamique, les départs de combattants marocains mais aussi français ou espagnols vers la Syrie, la participation du Maroc aux actions militaires anti-Dae'ch, tout cela continuera de peser sur les choix politiques et internationaux du Maroc. Ouvrir de meilleurs canaux de communication vers l’Iran et vers la Turquie permettra d’anticiper et d’amortir certains chocs politiques.

Cela nous ramène à la sécurité. Après l’installation de caméras (supplémentaires) dans les périmètres urbains de Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech cette année, le tour de Tanger arrive. Il a même démarré en ce mois de décembre 2014.

Urbanisation soutenue, soucis de sécurité, chômage des jeunes et séduction des thèses de Da'ech façonneront 2015. En 2015, la frontière entre la politique intérieure et la politique extérieure sera encore plus ténue.

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Jamal Amiar
Le 1 janvier 2015 à 17h09

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