Comment le PJD se prépare aux élections
Trois échéances électorales se profilent: communales puis régionales en 2015, législatives en 2016. Le PJD promet “transparence et intégrité“.
C’est dit sans tambours ni trompettes, mais le sens est clair: en annonçant l’ordre du jour du prochain conseil national du PJD sur les réseaux sociaux fin décembre, les leaders du parti islamiste affichent leur vision de la politique au Maroc en 2015, et au-delà.
Deux importantes consultations électorales attendent les Marocains en 2015: des communales en juin et des régionales à l’automne.
La vision du PJD tient aujourd’hui en trois points, annoncés par le patron du conseil national du PJD Saaddine El Otmani: la défense du bilan gouvernemental sur des résultats probants; des candidats aux élections 2015 de qualité et intègres choisis selon des critères transparents; un déroulement démocratique et irréprochable des échéances électorales de 2015.
Sur ces trois points, on en sait un peu plus aujourd’hui, notamment sur le contenu du bilan 2014 et les critères de choix des candidats pour les communales et les régionales.
“Nous voulons exclusivement des candidats de qualité“
Dans un échange avec Médias 24 ce vendredi 2 janvier, M. El Otmani met en avant “la transparence, l’intégrité et la compétence qui primeront dans le choix de nos candidats aux élections“.
«Cela signifie, ajoute le président du conseil national du PJD, le parlement du parti, que nous n’allons pas présenter des candidats partout coûte que coûte ou que nous allons transiger sur nos critères de sélection». «Nous ne sommes pas intéressés par la quantité des candidats au dépens de la qualité».
A ces critères, des cadres du PJD comme Abdessamad Sekkal, ajoutent celui de candidats «qui défendent l’identité du peuple marocain», un argument déjà moins consensuel, plus intrusif dans la vie privée des citoyens.
Selon El Otmani, «les partis promettent transparence et intégrité, en vain le plus souvent. Nous allons le faire, nous le ferons et nous allons nous en donner les moyens» a-t-il insisté dans un entretien téléphonique réalisé ce vendredi 2 janvier.
Interrogé sur le point de savoir si cela signifiait notamment que le PJD abandonnait le monde rural au MP et à l’Istiqlal, Saaddine El Otmani a rejeté cette interprétation rappelant le choix de la qualité des candidats et «des programmes spéciaux développés par le PJD pour le monde rural».
Visiblement soucieux d’éloigner tout soupçon de polémique, M. El Otmani précise que «parmi nos objectifs en 2015, figure celui d’être des partenaires fiables, avec des positions claires vis-à-vis de nos partenaires».
El Ouafa au PJD?
Interrogé sur le futur du ministre Mohamed El Ouafa et de la possibilité qu’il puisse officiellement rejoindre le PJD, Saaddine El Otmani répond: «Pourquoi pas?». La nervosité du leader istiqlalien Hamid Chabat vis-à-vis du PJD vient notamment du fait que le PJD attire vers lui cadres et électeurs de l’Istiqlal.
Autre objectif et composante du plan d’action 2015 pour l’ancien chef de la diplomatie marocaine: «organiser des élections exemplaires en 2015», le chef du gouvernement en étant responsable. «Nous avons la chance et devons constater que notre majorité partage de bonnes synergies et s’entend sur un socle d’idées de base».
Le PJD passe le test du manager
S’agissant du bilan de l’action gouvernementale 2014, les succès du gouvernement en matière de finances publiques avec la réforme progressive de la caisse de compensation, l’approbation de la proposition de pension aux veuves qui bénéficient d’ores et déjà d’un grand effort de communication de la part des élus locaux PJD sur les réseaux locaux et le projet de couverture médicale devant bénéficier à 240.000 étudiants à la rentrée 2014-2015. «Notre bilan est positif notamment sur les équilibres macroéconomiques et les dossiers sociaux,» insiste M. El Otmani.
En économie, les résultats parlent pour le PJD et sa coalition. Sur la compensation, le PJD, avec Najib Boulif, le RNI Mohamed Boussaid et l’ex-istiqlalien Mohamed El Ouafa, aura réussi à faire ce que le ministère des Finances aurait dû faire au moins dès 2007.
Sur les pensions pour les veuves en situation précaire-des versements mensuels allant de 400 à 1.050 DH-, malgré l’opposition d’une partie de la coalition gouvernementale au départ, «Benkirane a pu faire passer le dossier notamment après avoir directement plaidé sa cause auprès du Souverain,» indique à Médias 24 un membre de la coalition gouvernementale.
Le PJD avance donc avec un bilan 2012-2014 largement communiqué par ailleurs par le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi sur les médias publics et le site du PJD.
La lutte contre la corruption notamment avec le suivi des rapports de la cour des comptes et la réforme des retraites en cours, la baisse des prix du médicament y figurent en bonne place avec la généralisation des bourses universitaires et la mise en place d’une indemnité pour perte d’emploi.
Enfin, s’agissant de 2015 et dans la perspective majeure des législatives de 2016, le PJD garde en mains quelques cartes: on verra la poursuite du vote des lois organiques et l’ouverture de nouveaux chantiers.
Parmi ceux-ci, un sujet dont les Marocains parlent et se plaignent mais sur lequel rien n’est fait: la vérification du sérieux et des capacités financières et professionnelles d’investisseurs qui font appel au foncier et aux avantages financiers publics. Le dossier se trouve sur le bureau de Abdelilah Benkirane.
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