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Redaction

Podemos ouvre le débat sur la restitution de Sebta et Melillia au Maroc

Ce parti de gauche qui caracole en tête des sondages, a exprimé des vues sur la réconciliation avec le Maroc et la restitution des deux villes occupées.

Podemos ouvre le débat sur la restitution de Sebta et Melillia au Maroc
Jamal Amiar
Le 5 janvier 2015 à 11h49 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

«Pour normaliser les relations et dépasser des siècles d’oppression, l’Etat doit rendre Sebta et Melillia au peuple marocain, voisin et frère». Ce tweet posté le 23 décembre par une section madrilène du parti de gauche Podemos est en train de reconfigurer le débat sur le futur de Sebta et Mélillia.  

Le tweet a été rejeté par les militants de Podemos de Sebta, qui quelques jours plus tard, sont allés jusqu'à nier l’existence d’un Podemos à Anchuelos.

Après le rapport de l’Institut royal Elcano de Madrid constatant en novembre dernier la non-viabilité économique, démographique et politique de Sebta et Mélillia comme territoires espagnols, le tweet de Podemos a remis le sujet sur la table.

Le tweet a été démenti et «recalibré», réécrit. De «l’Etat doit rendre», le texte s’est transformé en appel à la concertation et au rapprochement avec le peuple marocain. Podemos Sebta parle d’un possible référendum.  

Ainsi, voulant corriger la portée du tweet du 23 décembre, un nouveau message posté le 30 du même mois précise: «Sur la polémique concernant Sebta et Mélilia, nous souhaitons essayer d’ouvrir un débat avec notre voisin marocain sur la co-souveraineté des colonies.»

Surgi au lendemain des manifestations anti-austérité qui avaient démarré sur la Plaza del Sol de Madrid en mai 2011, le mouvement Podemos, après son succès aux élections européennes de mai 2014, caracole aujourd’hui en tête des sondages en Espagne.

Podemos en position de force

 Si des élections avaient lieu aujourd’hui chez notre voisin ibérique,  Podemos arriverait en tête devant le PP et le PSOE. Ces deux derniers partis traditionnels rassembleraient,  à eux deux, moins de 50% du total des voix.

Parti nouveau ancré à gauche et auteur d’une première victoire électorale remarquée il y a sept mois, Podemos fait peur à la droite classique du Parti populaire espagnol, mais aussi au PSOE et à Izquierda Unida (IU).  Partis de centre-gauche et de gauche qui peinent à se renouveler et à développer des réponses crédibles face à la crise économique espagnole, PSOE et IU sont en chute libre. L’Espagne est un pays qui souffre d’un taux de chômage de 25% depuis plus de cinq ans. Les jeunes en sont les premières victimes.

Avec la nouvelle donne politique nationale mais aussi locale, le débat sur le futur de Sebta et de Mélillia devrait connaître d’importants changements au cours des prochains mois.

L’Espagne connaîtra au cours des 12 prochains mois des élections municipales, régionales et législatives. A Sebta comme à Mélillia, les Espagnols musulmans sont organisés politiquement. Ils sont actifs et dynamiques sur les scènes locales. Si dans l’absolu, leur premier objectif n’est pas de demander à court terme le rattachement des enclaves espagnoles au Maroc, rien ne l’interdira après l’octroi d’une plus large autonomie par Madrid.

Podemos s’est certes fait rabrouer pour avoir émis une position aussi peu «colonialiste» et si peu anti-marocaine par principe. Mais le parti de Pablo Iglesias depuis la campagne aux élections européennes de mai 2014 défend  l’idée du démantèlement des barrières métalliques de Sebta et de Mélillia et la légalisation des sans-papiers. Il ne défend pas l’idée d’une Catalogne indépendante, mais d’une autonomie catalane renégociée et plus large.

Avec des positions aussi peu centralisatrices et jacobines, Podemos n’a pas encore réussi à s’implanter à Mélilla de manière significative.

Référendum?

Plusieurs solutions politiques alternatives existent: une co-souveraineté maroco-espagnole ou un statut à la Hong Kong. L’essentiel ne sera pas à l’avenir de se lancer dans des compétitions nationalistes stériles, mais de trouver des solutions qui respectent les droits et la dignité du Maroc, des habitants des enclaves, et de l’Espagne. Trois tiers gagnants.

Ce samedi 3 janvier, la section Podemos de Sebta  dément que le parti soit favorable au retour de Sebta au Maroc.

L’article fait la une de la presse locale. Juste au cas où, Podemos Ceuta rappelle que «la décision sur la nationalité du peuple de Sebta viendra uniquement et exclusivement du peuple de Sebta et ne pourra être imposée par une autre voie politique si ce n’est celle du référendum».  Une nouvelle page de l’histoire de Sebta et de Mélillia est en train de s’ouvrir.

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Jamal Amiar
Le 5 janvier 2015 à 11h49

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