Amara: “la baisse du prix du baril impacte l’exploration et les renouvelables”
Le ministre de l’Energie s’attend à une baisse de l’exploration pétrolière et gazière au Maroc et à un baril qui n’augmente pas en 2015.
« Globalement, la baisse du baril de pétrole aura un impact sur l’exploitation vue la structure des coûts d’exploitation des compagnies indépendantes et des majors » a déclaré Abdelkader Amara à Médias 24, de retour d’Abou Dhabi.
« A 50 dollars le baril, les petites compagnies indépendantes et cotées en bourse, notamment pour se financer, doivent faire des coupes dans leurs budgets » anticipe le ministre marocain de l’Energie. « Pour les majors, les grandes compagnies, celles-ci ont en général des plans d’investissement basées sur 60 dollars le baril. Si les prix passent en dessous, elles ont des réserves pour ne pas réduire leurs projets trop rapidement. Mais si la baisse se prolonge, elles le feront ».
« Les petites compagnies vont revoir leurs programmes d’investissements et leurs dépenses »
En fait, depuis la fin 2014, les grandes compagnies pétrolières telles Chevron, Total ou ENI ont commencé à réduire leurs projets d’exploration et leurs frais généraux. Les investissements ou projets d’investissements en Russie ou en Ukraine sont réévalués.
«Je reviens d’Abou Dhabi où j’ai notamment eu des échanges avec le ministre saoudien du Pétrole Ali Naimi. Ce que j’en retiens est que les Saoudiens ne sont pas du tout disposés à réduire leur production pour soutenir les prix du pétrole. Pour moi, cela signifie que le prix du pétrole va au mieux se maintenir autour de 50 dollars en 2015, s’il ne baisse pas davantage», révèle Abdelkader Amara.
Selon les déclarations de M. Amara, le Maroc n’est pas, en janvier 2015, affecté par des changements de programmes. Le ministre donne comme exemple Kosmos Energy qui démarre ses explorations à cap Boujdour.
Kosmos, une junior texane, a pu intéresser la BP a ses permis du large d’Agadir (Taghazoute) et d’Essaouira notamment.
Kosmos a loué une plateforme d’exploration moderne pour 7 MMDH pour une période de trois ans, avec des clauses de sous-location. Kosmos est présent sur les côtes atlantiques irlandaises, portugaises, marocaines, mauritaniennes, ghanéennes et au Surinam.
S’agissant d’autres opérateurs, Amara rappelle que Circle Oil et Gulfsands ont trouvé du gaz dans le Gharb. Circle Oil commercialise déjà le produit de ses forages. Pour la société pakistano-chinoise PEL, elle mène ses tests sismiques et de traitement de données au large d’Essaouira.
Sur le gaz, Amara fait remarquer que si son prix ne décroche pas automatiquement suite à une baisse du prix du pétrole, cela intervient toutefois au bout de quelques mois. Même si les contrats de livraison du gaz contiennent des clauses fixant une part invariable du tarif, ceux-ci sont voués à évoluer si le prix du baril de pétrole ne se redresse pas.
La baisse du baril est à double tranchant
Le ministre de l’Energie considère « la conjoncture énergétique actuellement positive pour le Maroc avec la décompensation des carburants et un baril à 50 dollars ». Il n’en craint pas moins « une baisse prolongée du prix du baril de pétrole qui décourage l’exploration de nouveaux gisements et le développement des technologies des renouvelables ».
Sur ce chapitre, Abdelkader Amara rappelle que « d’ici 2025, 45 à 50% de l’électricité marocaine sera produite grâce des énergies renouvelables. Nous sommes sur de bons rails ».
Amara a également lancé le 16 décembre dernier le plan GNL visant à introduire le gaz naturel liquéfié sur le marché industriel et domestique marocain dès 2020-2021. Les besoins de financements du projet sont de 4,6 MM$.
Amara compte également sur une troisième ligne d’interconnexion électrique avec l’Espagne et une interconnexion Maroc-Portugal pour baisser la dépendance du pays vis-à-vis du marché pétrolier international.
Sur le butane dont la politique de subvention est partiellement détournée de ses objectifs sociaux, « les études sur la décompensation partielle des prix ne sont pas achevées » indique M. Amara à Médias 24. L’Etat finance la consommation de gaz butane à hauteur de 15 MMDH par an.
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