L'UE pour le renfort de la coopération antiterroriste
Les ministres européens des Affaires étrangères se retrouvent lundi pour marquer leur détermination à améliorer la coopération dans la lutte contre le terrorisme après les attentats de Paris, mais aussi débattre de la Russie, avec laquelle les relations n'ont jamais été autant dégradées.
La coopération en matière de renseignement, dans la lutte contre le trafic d'armes ou pour créer un registre commun des passagers aériens, est devenue une priorité des dirigeants européens après les attentats de Paris, qui ont fait 17 morts, et la vaste opération anti-jihadistes en fin de semaine dernière en Belgique pour déjouer des attaques contre la police. La réunion de lundi doit permettre aux Européens d'afficher leur détermination à agir rapidement, avant une réunion des ministres de l'Intérieur à Riga le 28 janvier et surtout un sommet de chefs d'Etat et de gouvernement européens le 12 février consacré à la lutte contre le terrorisme et les "combattants étrangers" européens de retour de Syrie ou d'Irak.
Preuve de la mobilisation internationale, plusieurs chefs de la diplomatie de l'UE participeront aussi jeudi à Londres à une rencontre organisée conjointement par le Royaume-Uni et les Etats-Unis entre pays membres de la coalition contre les jihadistes de Da’ech qui sévissent en Irak et en Syrie.
Entre ministres de l'UE, la discussion de lundi risque d'être en outre très animée sur le principal point à l'agenda: les relations avec Moscou. Celles-ci n'ont jamais été aussi mauvaises depuis la fin de la Guerre froide en raison de l'annexion de la Crimée par la Russie, accusée en outre de soutenir les rebelles dans l'est de l'Ukraine.
Les 28 sont très divisés, entre plusieurs pays de l'Est qui ont subi le joug soviétique et sont partisans d'une grande sévérité, et ceux qui plaident pour la reprise du dialogue avec Moscou, voire une levée des sanctions, notamment certains pays dont les économies sont très liées à la Russie.
Coopération sur la Syrie et Da’ech
Pour la nouvelle chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, accusée par certains d'être trop conciliante avec la Russie, l'exercice est délicat. Un document de travail demandant aux ministres de réfléchir à une "approche plus proactive afin d'amener la Russie à un changement de politique" a circulé la semaine dernière.
Le document de travail suggère quelques domaines pour un "réengagement sélectif et graduel" avec Moscou, au premier rang desquels la coopération en matière de politique étrangère, notamment sur la Syrie et la lutte contre Da’ech, mais aussi la Libye et les négociations nucléaires avec l'Iran.
Il insiste sur le fait que des avancées dans le dialogue avec la Russie "ne signifieraient pas un retour à une situation normale" et devraient être "étroitement liées" à la mise en œuvre complète des accords de paix de Minsk signés en septembre. Ceux-ci, qui prévoyaient un cessez-le-feu, sont actuellement au point mort alors que la situation dans l'Est de l'Ukraine se détériore à nouveau, avec notamment l'offensive contre l'aéroport de Donetsk.
Le texte envisage surtout une "différenciation" entre les sanctions liées à la Crimée, qui "devraient être maintenues aussi longtemps que l'annexion se poursuit", et celles visant "la déstabilisation de l'est de l'Ukraine", en tendant clairement la main à Moscou si les armes se taisent dans le Donbass, où le conflit a fait plus de 4.800 morts depuis avril. "L'UE devrait être prête à réviser à la baisse ces sanctions dès que la Russie met en œuvre les accords de Minsk", estime le document.
L'UE a imposé des sanctions économiques limitées après l'annexion de la Crimée en mars. Celles liées à la situation dans l'est de l'Ukraine sont beaucoup plus lourdes et sont considérées comme en partie responsables de la chute du rouble et de la grave crise économique qui frappe actuellement la Russie.
Ces hypothèses de travail ont ulcéré certains Etats membres. Céder maintenant "risquerait d'envoyer le mauvais signal (...) Poutine serait récompensé pour son comportement", a commenté un diplomate. "Il n'est pas possible de découpler les relations UE-Russie de ce qui se passe en Ukraine", a abondé un autre.
Le débat ne fera que commencer lundi. La Russie sera au cœur d'un sommet des dirigeants européens en mars, aux enjeux encore bien plus lourds: ils devront décider du renouvellement des différents trains de sanctions imposées par l'UE depuis le début de la crise ukrainienne.
(Avec AFP)
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