Conjoncture. Les industriels retrouvent le moral
Le climat des affaires s’améliore au dernier trimestre 2014 selon l’enquête de BAM. Mais les disparités sont fortes d’un secteur à l’autre.
Bank Al-Maghrib vient de publier les résultats de l’édition trimestrielle de l’enquête de conjoncture du 4e trimestre 2014 sur le climat des affaires. Dans l’ensemble, l’appréciation des industriels interrogés sur le climat des affaires s’est améliorée. Les coûts de production et de financement sont favorables à la relance de la production.
Ce bilan doit néanmoins être nuancé entre chaque branche industrielle puisque certaines branches (le chimique et pararchimique) sont moins enthousiastes que d’autres (l’électrique et électronique notamment).
Retour à la normale
Le climat des affaires a été jugé normal par 64% des entreprises, contre 60% au trimestre précédent. Il a été jugé défavorable pour 28% des entreprises (contre 33% au trimestre précédent). Seules 8% des entreprises le considèrent favorables (contre 7%). Ces données signalent donc un relatif retour à la normale plus qu’un emballement des acteurs économiques.
Les industries chimiques et parachimiques plus réservées que les industries électriques et électroniques
Le constat varie néanmoins d’une branche d’activité à l’autre. L’opinion des entreprises de l’industrie chimique et parachimique sur le climat des affaires est en progression mais reste néanmoins la plus basse de toutes les industries. A peine 55% des sondés juge le climat des affaires normal et 37% le considèrent défavorable.
En revanche, le climat de l’industrie électrique et électronique semble le plus clément puisque 97% des sondés le jugent normal (92% au 3e trimestre). A noter également que la branche mécanique et métallurgique - qui comprend le secteur automobile, lequel a le plus exporté en 2014 - affiche un refroidissement du climat des affaires au 4e trimestre. Les entreprises qui le déclarent favorable sont passées de 37% au 3e trimestre à 25% au 4e trimestre et celles qui le déclarent défavorable de 6% à 15%.
Des dépenses d’investissement en hausse mais un emploi stagnant
Les dépenses d’investissement auraient augmenté selon 55% des industriels sondés et stagné selon 38% d’entre eux, une amélioration par rapport au trimestre précédent où 34% indiquaient une hausse et 45%.
Les effectifs employés seraient eux restés inchangés pour les 3/4 d’entre eux. La branche où l’emploi a le plus baissé est le textile et cuir avec 31% des entreprises qui déclarent une baisse. Pour l’électrique et l’électronique, le bilan est plus contrasté puisqu’il y a pratiquement autant d’entreprises déclarant une hausse des effectifs (35%) que celles déclarant une baisse des effectifs (33%).
Les freins à la production : un problème de demande plus que d’offre
Pour une grande part des entreprises (38%), c’est la demande insuffisante qui freine le développement de la production. C’est d’ailleurs le premier facteur expliquant la limitation de la production au sein de chaque branche industrielle, à l’exception de l’électrique et l’électronique.
C’est dans la branche chimique et parachimique que cette atonie de la demande se fait le plus ressentir avec 45% des entreprises qui considèrent ce facteur comme un frein à la production. L’accentuation de la concurrence aurait également entravé significativement la production. Les branches qui en pâtissent le plus sont la mécanique et métallurgie (pour 32% des entreprises) et l’électrique et l’électronique (pour 30% des entreprises).
L’autre signe démontrant qu’il s’agit plus d’un problème de demande que d’offre sont les coûts de production en stagnation et qui devraient donc stimuler la production. Pour 59% des entreprises, les coûts unitaires de production n’auraient pas évolué ce trimestre (contre 56% au trimestre précédent) et pour 20% d’entre elles, ils auraient même baissé (contre 4% au trimestre précédent).
Les branches d’activité où ils ont le plus baissé sont la mécanique et métallurgie (selon 25% des entreprises contre 2% au 3e trimestre) et la chimie et parachimie (selon 33% des entreprises contre 1% au 3e trimestre). En revanche, l’agroalimentaire (23% des entreprises), l’électrique/électronique (44% des entreprises) et le textile et cuir (31% des entreprises) font état d’une hausse des coûts de production au 4e trimestre.
Parmi les composantes du coût, ce sont les salaires et les prix des matières premières hors énergie qui ont le plus stagné, avec respectivement 81% et 75% des entreprises qui les considèrent stables. La baisse des coûts de l’énergie se fait enfin ressentir auprès des industriels au 4e trimestre (pour 16% des entreprises contre 0% au 3e trimestre).
Les difficultés de trésorerie et de financement des entreprises
Les entreprises signalent une amélioration de la situation de leur trésorerie par rapport au trimestre précédent. Selon 57% des industriels, cette situation aurait été normale, contre 46% au trimestre précédent. Pour encore 36% des industriels, cette situation est jugée difficile contre 50% au 3e trimestre. Cette appréciation de normalité varie entre chaque branche de 49% dans le chimique et parachimique à 69% dans l’agroalimentaire.
Il faut noter que la situation de la trésorerie s’est nettement améliorée pour les industriels de l’électrique et électronique (63% la considèrent normale contre 46% au trimestre précédent), du textile et cuir (55% contre 34%), et de l’agroalimentaire (69% contre 26%).
L’accès au financement a en effet été plus aisé ce trimestre. 65% des industriels considèrent qu’il a été normal (contre 70% au 3e trimestre) et 8% le jugent facile (contre 0% au 3e trimestre). Cette appréciation est encore ici contrastée entre chaque branche : 41% des industriels du chimique-parachimique ont rencontré des difficultés dans l’accès au financement contre 8% dans l’électrique et électronique.
Les coûts du crédit ont eux stagné dans l’ensemble (selon 84% des entreprises sondées) et au sein de chaque branche à l’exclusion de l’agroalimentaire qui voit ses coûts baisser au 4e trimestre (pour 33% des entreprises).
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