Maroc-France: Soulagement perceptible après la fin de la brouille
Un sentiment de soulagement était perceptible ce week-end dans les milieux d’affaires maroco-français après la réconciliation maroco-française.
Dans les milieux du tourisme, on met également en avant les signaux envoyés par le Roi et sa sœur Lalla Meryem. La Princesse est présente à Paris pour une cérémonie hautement symbolique, qui va envoyer un message fort rappelant que le Maroc est un pays pacifique, qui n’a rien à voir avec le terrorisme. Et qu’il est bien placé pour jouer un rôle inclusif de modération et de conciliation.
C’est un message fort et bienvenu car depuis les attentats contre Charlie Hebdo. L’amalgame jouant, les réservations de touristes français à destination du Maroc sont voisines de zéro pour la seconde quinzaine de janvier.
Il en va de même de la présence du Roi Mohammed VI dans la capitale française. Il est possible qu’il rencontre le président François Hollande, mais en tout état de cause, sa présence est également un message.
Coopérations judiciaire et donc, sécuritaire
La décision de tourner de la page et de le faire sous cette forme, a été prise lors d'un entretien téléphonique entre les deux Chefs d'Etat.
Puis, par un bref communiqué publié samedi à la mi-journée, les ministères marocain et français de la Justice ont annoncé «le rétablissement de la coopération judiciaire entre les deux pays».
Ce communiqué publié simultanément à Rabat et Paris met fin à la brouille maroco-française qui durait depuis février 2014.
Celle-ci avait démarré le 20 février dernier lorsque sept policiers français s’étaient présentés au domicile de l’ambassadeur du Maroc à Neuilly Chakib Benmoussa pour y remettre une convocation destinée au patron des renseignements intérieurs marocain DST Abdellatif Hammouchi, qui ne se trouvait pas en France.
Rabat avait réagi une semaine plus tard en décidant la suspension unilatérale de la coopération judiciaire entre les deux pays. Cette coopération concerne autant les affaires sécuritaires, que les litiges commerciaux et d’affaires ou la justice civile, des dossiers de divorce, de garde et d’adoption et les exécutions de peines des ressortissants des deux pays dans l’un ou l’autre pays. Autant dire, beaucoup de choses.
Selon les termes du nouvel accord, désormais lorsqu’un officiel des deux pays est concerné par un dossier, ce dossier est remis aux autorités judiciaires de son pays lequel à son tour doit diligenter une enquête dans les plus brefs délais. Ce choix n’est pas celui de l’immunité pour les officiels de l’un ou l’autre des pays même s’il égratigne le principe de compétence universelle.
Sécurité: un moment délicat
Cependant dans le cas d’espèce, celui des services de sécurité, on peut également considérer que depuis les attentats du 11 septembre, puis ceux de Casablanca, Madrid, Londres jusqu’à ceux de Paris début janvier 2015 et la montée de Daech, les pays de la région ont à faire face à des situations exceptionnelles.
A cela, il faut rappeler que les relations bilatérales entre les deux pays sont particulièrement étroites. Affaires, commerce, investissements, communautés expatriés, réseaux consulaires et éducatifs, partenariat dans les médias et coopération sécuritaire et militaire, il n’est pratiquement aucun domaine ou secteur d’activité dans lequel Marocains et Français ne travaillent ensemble.
A tel point d’ailleurs que durant cette longue brouille, les officiels des deux pays auront pratiquement contribué à entretenir des rapports normaux et que, par exemple, l’exceptionnelle exposition Maroc Contemporain ouverte à l’Institut du monde arabe et prolongée d’un mois à la veille de sa clôture la semaine dernière à continuer à se tenir le plus normalement du monde.
«Mon impression et mon intuition indiquait Jack Lang hier vendredi 30 janvier est que l’on va finir par sortir de cette difficulté. C’est un contentieux né du fonctionnement de l’administration et de la justice».
«Une bourde»
Néanmoins, le bras-de-fer et la colère de Rabat vis-à-vis de Paris auront duré longtemps.
Selon le président de la commission des Affaires étrangères du parlement marocain, Mehdi Bensaïd, sollicité par Médias 24, «il ne s’agit ni de brouille ni de crise mais d’abord d’une bourde commise par Paris. On n’envoie pas des flics sans prévenir au domicile de l’ambassadeur du Maroc à Paris. C’est contre tous les usages diplomatiques». Selon les informations de Médias 24 recueillies de source sûre, M. Hammouchi ne se trouvait pas à Paris pour effectuer du tourisme mais à la demande de ses confrères français pour renforcer la coopération sécuritaire, particulièrement contre le terrorisme.
Une femme a joué un rôle important dans les coulisses pour atténuer les effets de «la bourde». Il s’agit de l’ancienne ministre de la Justice, actuelle président de la commission des AE du parlement français Elisabeth Guigou. Qualités supplémentaires de Mme Guigou, elle est née à Marrakech et considère le Maroc comme son second pays et elle est proche de la ministre française Christiane Taubira.
Venue le mois dernier après les vacances de Noë,l elle n’avait pu obtenir de résultats immédiats, sauf un: celui de garder et de traiter le dossier en coulisses. Ce qu’elle réussit à obtenir «avec l’aide d’autres amis du Maroc en France et d’amis de la France au Maroc» selon un responsable marocain.
Mohammed VI et Lalla Meriem à Paris
La publication du communiqué de samedi par les services de Mme Taubira et de M. Ramid intervient moins de 24 heures après l’arrivée à Paris du Roi Mohammed VI.
Dimanche, toujours à Paris, Lalla Meryem préside une prestigieuse cérémonie symboliquement très forte : la remise de wissams à un imam, un évêque et un rabbin parisiens en présence notamment du chef du gouvernement français Manuel Valls, de l’ambassadeur du Maroc à Paris Chakib Benmoussa et du président de la communauté juive marocaine Serge Berdugo.
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