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ECONOMIE

Reportage. En tournée à Casablanca, avec Mohamed Sajid

Samedi 31 janvier, deux journalistes de Médias 24 accompagnent le maire de Casablanca dans une tournée de quelques chantiers de la ville.

Reportage. En tournée à Casablanca, avec Mohamed Sajid
S.E.O. & N.E.
Le 1 février 2015 à 14h19 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Une à quatre fois par semaine, Mohamed Sajid va sur les chantiers. Le rythme dépend de l'urgence. Cette fois-ci, la tournée prend cinq heures, sans que nous ayons pu faire le tour de tous les projets en cours.

Le maire conduit avec calme et presque lentement. Un peu comme sa voix qui n'enfle jamais. Sans prévenir, il s'arrête, allume une Marlboro, poursuit une explication puis reprend la route. Curieusement, ne fait aucun effort pour éviter les crevasses et nids de poule. 

Il connaît très bien la ville, un peu comme s’il avait été chauffeur de taxi dans une vie antérieure. La ville, ses monuments, ses lieux, ses raccourcis, son histoire, ses immeubles, ses quartiers,...ses chantiers, ses projets. 

L'homme connaît bien ses dossiers. Il répond instantanément aux questions, le nombre de kilomètres, budgets, délais, montages financiers...  Mohamed Sajid est habité par Casablanca.

 

En 1993, Mohamed Sajid est un chef d'entreprise heureux et insouciant, à mille lieux de penser à la politique. Hassan II le fait contacter, ainsi que quelques dizaines d'autres figures du monde des affaires, pour leur demander une implication personnelle dans la vie publique. 

Le voici député de la région de Taroudant, l’origine de sa famille. Il fera deux mandats.  En 2004, il est maire de Casablanca. "Servir, réaliser, avancer“, c’était cela mon objectif. Mohamed Sajid est maire à plein temps et même un peu plus si on en juge par les week-ends.

A Casablanca, il faut pédaler plus vite que le peloton: rattraper le retard accumulé au fil des années, faire face au développement naturel de la ville, à la dégradation inévitable, et la tourner vers l’avenir pour en faire une métropole moderne.

 

>Les limites de la démocratie locale.

Comment avance la ville? Telle est la question, surtout depuis le discours royal sur la gouvernance de Casablanca, en octobre 2013.

Les textes de loi sur la gestion locale ont en fait montré leurs limites. Lorsque Sajid est devenu maire en 2004, la Ville avait 24.000 fonctionnaires et leurs salaires représentaient 50% du budget. La masse salariale représente 35% aujourd’hui. Non pas que le mammouth a été dégraissé, mais le budget a augmenté, pour s’élever à environ 3 milliards de DH.

L’un des problèmes clés est celui des ressources humaines. Une ville moderne, métropole internationale, centre financier, est un gigantesque corps vivant qui réclame de hauts niveaux de compétence. Il aurait fallu que la gestion de la ville se professionnalise, et pour se professionnaliser, il aurait fallu que la mairie puisse concurrencer les grandes banques et les groupes sur le marché du recrutement. Pour gérer au mieux une ville comme Casa, avec l’ambition qu’on lui donne, il faudrait une professionnalisation: un organigramme différent, des dirigeants de haut niveau, et des process performants. Pour cela, il faudrait pouvoir recruter les profils nécessaires et les payer en fonction du prix du marché. Mais cela, la loi ne l’autorise, elle confine les fonctionnaires de la ville dans une grille dépassée.

Le second problème se situe au niveau des organes. Par exemple, le conseil de la ville se compose de 147 membres, on imagine comment se passent les réunions.

Le troisième problème est dans les moyens: rattraper le retard nécessiterait plusieurs dizaines de milliards de DH.

Avec tous ces freins, il faut assurer l’éclairage public, l’eau potable, l’éclairage, la distribution d’électricité, l’assainissement, mais également les transports publics, la circulation, l’entretien des 5.000 km de voiries, la sécurité et enfin développer, créer de nouveaux pôles, des centres de culture et de loisirs, préserver le patrimoine, l’exploiter au mieux, éradiquer les bidonvilles, mieux gérer l’existant, se projeter dans l’avenir, prendre des décisions chaque jour, contrôler l’exécution des contrats de concession (propreté par exemple)…

Jusqu’à récemment, grosso modo la fin des années 90, la politique a en grande partie consisté à gérer les intérêts, bien sûr contradictoires.

Casablanca, comme d’autres villes ou secteurs, veut aller de l’avant. Mais se heurte à un mur, ou un plafond de verre: l’impossibilité de professionnaliser la gestion, en raison notamment des textes et aussi de l’absence de modèle marocain.

Le discours du Roi Mohammed VI d’octobre 2013, a eu un effet décisif sur la suite des événements. Comme par enchantement, tout a été débloqué, y compris l’argent. Les visites du Roi aussi, débloquent des situations qui étaient dans l’impasse. Il faudrait en tirer les leçons pour aller vers un système plus performant, auto-entretenu, plus professionnel.

 

Cela étant dit, voyons un peu quelques chantiers de la ville:

 

>Pont à haubans de Sidi Maârouf: les travaux vont démarrer.

Reportage. En tournée à Casablanca, avec Mohamed Sajid

Situé  à l’entrée de Casablanca par la route de Nouaceur et de Marrakech, ce carrefour est l’un des points noirs de la ville. Profitant de la dépression naturelle, la ville a pensé à un pont suspendu, à haubans, un ouvrage spectaculaire digne du nouveau Casablanca.

La bonne nouvelle, c’est que l’ordre de service vient d’être signé. La mauvaise nouvelle, c’est que les travaux et les perturbations inévitables vont durer trois ans. Le budget est de 310 MDH. L’adjudicataire est la société Seprob (groupe Laraqui).

>Une nouvelle pénétrante par Taddart.

Dans un mois au plus tard, la nouvelle pénétrante par la route de Taddart sera ouverte. Il s’agit d’une belle voie qui relie la ville verte de Bouskoura à Californie, en enjambant l’autoroute de contournement. Un échangeur a été construit au dessus de l’autoroute, de sorte à pouvoir rentrer dans Casablanca avant la sortie Sidi Maârouf. Cette extension de la route de Taddart est entièrement financée par le GIE de la ville verte de Bouskoura qui a budgétisé 1 milliard de DH en infrastuctures.

Taddart, ainsi que la Route de La Mecque aideront à délester l’entrée actuelle et soulager le croisement Sidi Maârouf Technopark qui sera encombré par les travaux.

La route de Taddart est en train d’être refaite, avec un large terre-plein central. Une décision critiquée: pourquoi refaire ce qui fonctionne?

Mohamed Sajid explique que cette réfection ne coûtera pas un centime à la ville. Elle est entièrement payée par les riverains qui vont faire déplacer sur le terre-plein central élargi, les pylônes haute tension dont plusieurs traversent des terrains ou des jardins. Les terrains non construits pourront donc l’être et le croisement Taddart-Avenue Al Qods va voir disparaître les immenses terrains vagues non construits devenus des dépotoirs.

 

>Aquarium: l’appel à manifestation d’intérêt sera lancé en février.

Reportage. En tournée à Casablanca, avec Mohamed Sajid

Ce projet de dernière génération, réalisé par la même équipe que l’aquarium de Valence, sera en principe économiquement viable. Il coûtera 250 MDH et sera situé entre la marina et la mosquée Hassan II.

>Le port de pêche et le chantier naval déplacés.

La “partie noble“ du port, celle où se trouvent le port de pêche et le chantier naval, va être libérée. Cette partie centrale va être ouverte sur le centre ville grâce au projet Wessal.

Un tunnel identique à celui du rond point Dakar (Chimicolor) sera creusé, sur une longueur de 1,8 km.

>Casablanca va se réapproprier la totalité de son littoral.

L’été prochain, les plages situées entre le port de Casablanca et Mohammédia, soit 22 km, seront pavillon A, c’est-à-dire parfaitement propres à la baignade.

La station de traitement des eaux usées de la cote est terminée. Les essais sont en cours comme nous l’avons constaté et le directeur général de la Lydec, présent sur les lieux au moment de notre visite avec son équipe, nous a confirmé qu’elle sera opérationnelle avant l’été.

Les eaux traitées seront rejetées à 2,2 km de la cote, une distance suffisante pour éviter tout impact sur les plages.

22 km de galeries souterraines ont été creusées pour collecter les eaux usées de toute la zone est de Casa, une zone où se trouvent 2.000 unités industrielles sur les 3.000 recensées dans la ville. L’ensemble débouche dans la station de traitement qui est une œuvre gigantesque, sans exagération aucune. Les eaux subiront alors plusieurs phases de traitement dont l’élimination des déchets solides qui produira 35 tonnes de déchets par jour. De même l’huile et le sable seront enlevés. Les derniers réglages sont en cours pour que cette station qui a coûté 1,4 milliard de DH (payés par Lydec et la ville) soit opérationnelle avant la fin du premier semestre. Ci-dessous, une vidéo de Lydec qui explique bien le process:

Comme toujours, les acteurs économiques anticipent cette réhabilitation de la cote. Les show rooms les plus prestigieux s'y installent (Maserati, Ferrari, Porshe, BMW...) et les prix de l'immobilier augmentent.

 

 >Refaire un boulevard, plus compliqué qu’on ne le croit.

Au cours de notre tournée, Mohamed Sajid a inspecté plusieurs avenues et boulevards en cours de réfection. “Il ne s’agit pas de remettre un tapis d’asphalte. On n’est plus dans la cosmétique. Nous refaisons les voies de façade à façade, nous refaisons les réseaux, nous réorganisons ce qui doit l’être, élargissons ce qui peut l’être, nous créons des contrevoies, des places de parking, les lignes électriques aériennes sont généralement enterrées, nous ajoutons des plantations, c’est un travail structurant, les riverains sont satisfaits et les commerçants aussi“, explique notre guide.

Les trottoirs refaits sont désormais asphaltés. L’asphalte a remplacé les carreaux, il est beaucoup plus robuste. Une décision que le maire est arrivé à imposer.

Si Mohamed Sajid avait un rêve, ce serait bien sûr de professionnaliser la gestion de la ville mais aussi de réaménager totalement l’autoroute urbaine pour en faire un véritable boulevard qui unit les deux parties de la ville, au lieu de la couper en deux.

 

>Sécurité: 500 caméras de surveillance.

Le marché des caméras de sécurité est en cours de lancement. Les caméras feront un maillage de la ville, chaque carrefour ainsi que tous les lieux clés et les boulevards en seront équipés, le tout sera géré par un pc de régulation.

>Deuxième ligne de tramway, les travaux démarrent cette année.

Les études pour la seconde ligne de tramway sont en train d’être bouclées. Les travaux démarreront en 2015. La ligne couvrira 16 km (voir plan, tracé bleu), par Bd Abdelmoumen, Bd Anoual, 2 mars, Bd El Fida, Bd Mohammed VI, Oulad Ziane, Hay Mohammadi, Zoo Ain Sebaa, gare Ain Sebaâ, zone industrielle Sidi Bernoussi.

Vers 2019 ou 2020, Casablanca aura ses six lignes de tramway, avec un réseau de 80 km.

Reportage. En tournée à Casablanca, avec Mohamed Sajid

 


 

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Le 1 février 2015 à 14h19

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